hda-québec.com
Analyse sociale et politique
   Accueil            Une nouvelle cohésion sociale, ...

Conférence prononcée dans le cadre du congrès de l'Association des universités de troisième âge francophones en Amérique.  L'AUTAFA à  Laval (Québec) le 16 juin 2005.

Une nouvelle cohésion sociale, c'est le souhait que nous nous faisons - 16.6.2005

Comme point de départ de ma réflexion. j'ai pris un court passage de votre programme:  "L'intégration sociale réussie des personnes vieillissantes [séniors] ne tient pas seulement  [en effet] à leur capacité de s'adapter à la société, mais tout autant à la capacité de la société dans son ensemble de s'adapter elle-même au processus de son propre vieillissement".  Ce qui m'amène à nous demander si nous sommes des SPECTATEURS ou  des ACTEURS.... face à notre destinée ?

La perception des personnes âgées par la population va continuer d'évoluer: du temps des "Vieux" des années 1970, nous sommes passés à celui du "3e Âge" dans les années 1980, à celui du "4e Âge" dans les années 1990, pour être aujourd'hui au temps des "séniors". Pour certains spécialistes, les années 2000 devaient être l'avènement du "Pouvoir Gris" où les séniors deviendraient un pivot de l'organisation des sociétés et des marchés. Mais encore faut-il que les séniors s'intègrent dans le train en marche des changements sociaux et qu'ils ne poursuivent pas leur "ghettoïsation".   Les îlots de personnes vieillissantes poussent comme des pissenlits.  Il faut éviter le piège de créer ces ghettos.

La société québécoise n'a pas été vaccinée contre les ghettos d'âge et institutionnalise le vieillissement. L'institutionnalisation tant décrié, ce n'est pas seulement dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) que nous la retrouvons. Vous avez maintenant accès à un modèle institutionnel à partir de l'âge de la pré-retraite. Villes, villages et quartiers voient fleurir les parkings résidentiels pour retraités, pré-retraités...On institutionnalise à la baisse la notion du vieillissement.  Vous êtes maintenant dans l'âge d'or à 50 ans. 

Et ça dure depuis notre naissance:  la famille institutionnalise, l'école institutionnalise, le club de l'âge d'or institutionnalise, le club de hockey de votre enfant institutionnalise, votre voyage dans sud à tous les hivers institutionnalise.  Et on peut continuer..

Notre société occidentale industrialisée est le royaume de la copie conforme.  Et depuis le début des années 1980, on veut institutionnaliser la pensée.  Nous parlons maintenant de la pensée unique, à caractère néo-libéral sauvage.  Il ne s'agit que de lire la grosse presse pour le constater. Nous nous retrouvons dans une société à caractère unique: nous écoutons tous Céline Dion, nous allons faire nos emplettes, le samedi matin, chez Costco, nous buvons du Coke et Loto-Québec fait fortune avec nous.  Le modèle est bien intégré.

Les baby-boomers  pourraient peut-être changer le paysage.  Plus nombreux, plus actifs socialement et politiquement, les séniors de demain sont une puissance incontournable qui va revendiquer une place et des droits spécifiques.  Ils l'ont toujours fait. 

Les baby-boomers voudront maintenir leurs liens avec le monde, avec leurs mondes.  Dans ce sens, les associations traditionnelles  de défense des droits et les regroupements à saveur socialisante se verront dans l'obligation de redéfinir leurs actions à une vitesse grand "V".

Sinon leur disparition est assurée et ils rejoindront les autres vestiges d'une époque révolue dans les musées.

L'arrivée des cohortes turbulentes et nombreuses des baby-boomers, socialisées dans le contexte de l'après-guerre et des "Trente Glorieuses", rappelle que cette population n'est jamais restée inerte dans les différentes étapes de ses cycles de vie: sa jeunesse, sa vie étudiante, sa carrière. Cette génération a traversé une période de l'histoire contemporaine qui a conduit à changer fondamentalement la situation des retraités tant sur le plan économique: que l'on pense au développement de l'État-Providence et à la maturation du système de retraite, à leurs divers placements et à leur  investissement immobilier... ainsi qu'à leur capital social: un niveau d'étude plus élevé, le développement de la classe moyenne, leur forte intégration associative,  leurs nombreux réseaux relationnels.... En plus ou moins 60 ans, c'est-à-dire sur la durée de vie du premier baby-boomer qui a pris sa retraite  au tournant de l'an 2000, les politiques publiques ont fait de la retraite une véritable période de la vie: une deuxième carrière diront les spécialistes....

En quelques décennies, le centre de gravité de la société québécoise  passera d'une population plutôt jeune, active socialement et professionnellement à une population âgée, hors du système productif tel que défini par nos gourous du néo-libéralisme.   Pour autant, est-ce à dire que les nouvelles cohortes de retraités se placent en retrait de la société et notamment de la société de consommation ?

Toutes les études convergent et mettent en évidence le besoin de rester intégré et de maintenir des liens avec le monde environnant. L'un des moyens dans un monde contemporain profondément marqué par les technologies est d'instrumentaliser ces nouveaux moyens techniques au profit de ses activités de loisirs, et de consommation mais aussi d'information et d'intégration sociale: le militantisme, les échanges d'idées, le maintien des relations familiales.... Le vieillissement, considéré par certains comme un handicap dans l'acquisition des connaissances et des pratiques technologiques, a changé de visage.  La situation est très contrastée. Elle renvoie à la très grande diversité des situations au sein des différents groupes d'âge qui composent les séniors actuels et les futurs séniors,  et dont l'influence sur le rapport à l'objet technique est considérable.

La cohorte des nouveaux retraités des années 1990 se situait juste à la frontière entre la rigueur du début du siècle et la génération des années 1940, caractérisée par un plus grand "libéralisme culturel",  c'est-à-dire: un système de valeurs anti-autoritaires, valorisant l'autonomie et l'épanouissement individuel, reconnaissant à chacun le droit au libre choix de son mode de vie et fondé sur le principe de l'égale valeur  de tout être humain quels que soient sa race, son sexe ou son rang social. La génération des nouveaux retraités de la décennie 2000 renforce considérablement le traits culturels déjà observé dans la cohorte qui précède.

Les cohortes du premier tiers du xxe siècle sont plutôt marquées par le conservatisme dans les valeurs et les croyances telles la religion, la loi et l'ordre, le respect de l'autorité... Les générations suivantes affirment leur volonté de remise en cause du contrôle social dans la plupart des compartiments de la vie, qu'ils relèvent de la sphère privée et de l'intimité:  la sexualité, les relations homme/femme au sein du couple, mais aussi la religion, les croyances... ou de la sphère publique: le travail, la relation avec les organisations politiques ou syndicales...

Ces évolutions se traduisent notamment par la remise en cause des formes traditionnelles d'autorité et des attitudes que les individus et les groupes adoptent vis-à-vis d'elles:  obéissance à la hiérarchie, à la discipline... Mais cette génération est aussi marquée par la consommation. Avec les baby-boomers, c'est la figure du "sujet libéral et autonome" qui s'affirme au sens d'un sujet individuel doté de toutes les compétences cognitives et physiques qui lui permettent de jouir d'une autonomie et d'exercer sa volonté, d'avoir des préférences, de les hiérarchiser et d'adapter son comportement aux préférences qu'il a pu manifester. Il suffit pour le comprendre de resituer cette génération dans la trajectoire de sa vie passée.

La tendance lourde qui traverse cette génération se caractérise essentiellement par une volonté croissante d'autodétermination et d'auto-accomplissement, mais aussi d'expression et de participation aux décisions, que ce soit dans le couple, dans la famille, dans l'entreprise et dans la consommation, mais aussi dans la vie politique et sociale.

Un commentateur dont je ne me souviens pas du nom prévenait en 1988: "les "vieux" de l'an 2000 seront très différents de ceux d'aujourd'hui (...)" expliquant que "le retraité de 1988 est né en 1928 et a donc vécu son adolescence dans le Québec sclérosée des années 1930, sa jeunesse a été marquée par la guerre et par les années de la Grande Noirceur.

Le retraité de 2010, né en 1950, n'aura jamais connu qu'une société enrichie, assouplie et aura fait l'apprentissage d'une vie sociale et culturelle qui l'aura sans doute mieux préparé à jouir des loisirs de la retraite. De plus, l'expérience de ses parents lui servira de modèle à perfectionner ou à rejeter. Les baby-boomers  ont et auront du temps libre à la retraite et  voudront conserver une certaine maîtrise pour ne pas dire un maîtrise certaine sur la chose publique.

Notre société produit des retraités en plus grand nombre que jamais, tout en étant profondément imbue de valeurs: la productivité, la consommation, le rétrécissement de l'État-providence qui devient l'État-Wal-Mart néolibéral et qui mettent directement en péril la qualité de vie durant la retraite.  C'est ainsi que des aînés doivent aujourd'hui affronter des problèmes de pauvreté, de marginalisation, de dépersonnalisation, qui ne découlent que de la façon dont notre société perçoit le troisième âge.

C'est tout le processus du vieillissement qu'il faut reconsidérer.  Pour commencer, il faut cesser de voir les retraités comme des acteurs en retrait de la société.  Il faut également cesser de considérer la productivité et la consommation comme des valeurs fondamentales et qui seraient les seules justifications de notre existence..  Il faut revoir le partage de la richesse dans notre société.  Il faut cesser aussi de considérer les problèmes du troisième âge comme des problèmes particuliers, touchant une tranche précise de la population, mais élaborer une sociologie du vieillissement qui embrasse toute la durée de la vie.

Parallèlement, il ne faut pas que les personnes vieillissantes deviennent des spectateurs blasées, sceptiques ou indulgentes, d'un monde qui se ferait sans eux et parfois malgré eux.  Rien n'est plus détestable ou minable que la vue de retraités en loisirs perpétuels, nouveaux adolescents jouisseurs et témoins passifs qui pensent que le déluge viendra après eux et qu'ils ont assez travaillé dans le passé pour avoir mérité le droit de s'asseoir à longueur de jour sur les chaises longues et berçantes de leurs balcons ou de fréquenter  les allées des centres commerciaux ou d'aller religieusement s'évader sous les chauds rayons du soleil de la Floride en dégustant un double Big Mac.  Être retraité du milieu de travail, ne signifie pas être retraité du monde qui se fait chaque jour.

On parle beaucoup d'autonomie dans les sphères gouvernementales, mais c'est pour en limiter le sens à la mobilité physique et pour restreindre sans cesse ou refuser des moyens réels ou massifs qu'elle exige pour son maintien et son développement.  Être autonomes, c'est être les auteurs de notre propre vie, vie personnelle et vie sociale.  Être autonome, c'est pouvoir être nous-mêmes, avoir les moyens d'être les signataires conscients et surtout libres de chacune de nos orientations et de nos décisions, de chacun de nos actes et de nos engagements.  Rien à voir avec cet individualisme forcené dont les idéologues néolibéraux favorisent l'extension, avec succès hélas.  Les groupes qui dominent notre société marchande cherchent à réduire la place des aînés et à leur donner le simple rôle de spectateurs et de consommateurs.  Les empereurs romains savaient déjà endormir le peuple en ne lui donnant que du pain et des jeux; aujourd'hui, on donne une pension minimale et des clubs de loisirs, ce qui n'est pas bon et épanouissant ni pour les aînés  ni pour les générations qui suivent.

Les dernières années ont été marquées par un net recul de la capacité de revendication des collectifs de retraités au Québec, les uns se repliant sur leur bingo ou leurs danses sociales (les Clubs de l'âge d'or), les autres épuisants leurs énergies dans des chicanes de pouvoir. (ex.: l'AQDR).  Il y a eu des luttes sectorielles, mais rien de global et rien pour écrire à sa mère.

Il y aura vingt ans demain, ça c'est passé le 17 juin 1985, une aînée à fait reculer le gouvernement Mulroney.  La courte histoire du pouvoir gris québécois nous apprend qu'il est illusoire de tenter d'améliorer le sort des aînés sans inscrire ces efforts collectifs dans une stratégie de transformation globale de la société, de ses orientations et de ses priorités d'action sur elle-même, en visant toujours l'égalité et la démocratie, quels que soient l'âge de ses membres ou le parcours de chaque génération.  On voudrait vivre sans vieillir, alors on vieillit sans vivre.  Il ne s'agit pas seulement d'ajouter des années à la vie, il faut ajouter de la vie aux années.

Je disais  tantôt que les baby-boomers à la retraite voudront maintenir leurs liens avec le monde, avec leurs mondes. Je ne peux que souhaiter ou rêver qu'ils s'inscrivent dans une démarche dynamique de reconfiguration de la société québécoise.  Ils ont défendu leurs droits et surtout leurs intérêts hauts et forts durant toute leur première carrière, ils ont comme responsabilité sociale maintenant de léguer aux générations qui suivent le goût du combat pour une société plus juste, plus démocratique,  plus respectueuse de l'environnement.  Et il est fort probable que pour y arriver qu'ils doivent gruger dans leurs acquis.  Mettons autant d'énergie à remplir nos responsabilités que nous en avons mis à défendre nos droits et nos intérêts.

Je déplore que les retraités, dans une grande majorité, ne proposent et ne portent que peu de projets mobilisateurs, c'est comme si leur capacité d'innovation avait été mise en veilleuse  le jour de leur retraite.  Nous assistons à un formidable désengagement des générations vieillissantes, non seulement à leur détriment, mais aux dépens des générations qui les suivent et qui vont vivre ou plutôt survivre dans un monde que leurs parents rêvaient meilleur et qu'ils auront laissé pire.

C'est par l'exercice civique de solidarités intergénérationnelles quotidiennes que peu à peu notre société parviendra à réorienter et à réorganiser son action sur elle-même dans le sens de l'égalité et de la liberté.  Il est nécessaire et urgent que les retraités s'allient aux groupes d'âge qui les suivent pour réinventer des espaces de production sociale et de gratuité solidaire.  Il est nécessaire et urgent qu'ils revendiquent avec les plus jeunes la préservation,  (ex. appui aux étudiants pour les frais de scolarité / appui aux éducatrices des CPE pour des salaires adéquats et l'équité salariale)   mais aussi la redéfinition, d'espaces publics de réflexion et de débat, d'animation et de gestion, de pouvoir et de contrôle.  Il est nécessaire et urgent qu'ils élaborent et revendiquent avec leur descendance des systèmes plus équitables de répartition des richesses.  Nécessaires et urgent qu'ils défendent et transforment les réseaux d'éducation et d'information pour en faire des soutiens collectifs efficaces du développement de tous, quels que soient l'âge, le sexe ou l'origine ethnique.  Il est nécessaire et urgent de réinventer ensemble les cadres  et les terrains d'exercice d'une réelle démocratie participative, et de renvoyer à leurs devoirs ou au recyclage nos politiciens en tout genre.  Il est nécessaire et urgent que ceux dont le travail et l'expérience de nombreuses années de vie constituent un patrimoine social et culturel irremplaçable se regroupent avec les générations qu'ils ont mises au monde pour promouvoir des politiques écologiques qui enrayent le gaspillage de nos ressources communes et la dégradation irréversible de la vie de notre planète.   N'oublions pas que ce sont les  baby-boomers encore actifs ou à la retraite aujourd'hui qui ont accouché de ces utopies et qui leur ont donné des lieux d'application et de réalisation.  C'est très simple, après bientôt quarante ans,  il est temps de refaire le coup de Mai 1968.

Et refaire ce coup sera encore plus facile et plus simple à rééditer aujourd'hui avec les moyens techniques et les savoirs dont nous disposons.  De plus, nous avons la force du nombre.  Jamais les retraités auront été aussi nombreux, aussi autonomes, aussi expérimentés et instruits, aussi compétents pour se faire entendre collectivement.  Encore faut-il que tout le monde s'y mette, non seulement sous forme d'un engagement personnel, mais surtout par l'action de groupes de citoyens de tous les âges.  C'est en opérant ce brassage des âges qu'on renforcera les liens sociaux et qu'on favorisera le développement collectif.  Et surtout ne confondons pas la notion de droit avec celle de privilège et d'intérêts associatifs ou corporatifs.  Apprenons de nos erreurs du passé.  Le problème avec les baby-boomers ce n'est pas que leurs idées soient périmées, mais que trop d'entre nous les avons reniées.  Les baby-boomers se sont ratatinés avant l'âge.

Je me souviens, à l'automne 1995, j'avais organisé le congrès annuel de la Confédération de centres d'hébergement et de soins de longue durée  du Québec dont le thème était "TOUJOURS VIVANTS", thème qui s'inspirait de la chanson de Gerry Boulet.  Je vous invite à écouter ou à réécouter cette chanson.  Elle est révélatrice.  Et comme je le disais tantôt: être retraité du milieu de travail, ne signifie pas être retraité du monde qui se fait chaque jour.  L'exemple du 17 juin 1985 doit refaire surface avec une intensité décuplée et non pas être comme il y a vingt ans, qu'un feu de paille qui s'est vite éteint.  Il faut que les pré-retraités, les retraités et les personnes vieillissantes se fassent les promoteurs de revendications sociales et globales visant l'ensemble des âges et des rapports sociaux.  Il ne faut pas que ces pré-retraités, ces retraités ou ces personnes vieillissantes se cantonnent à l'âge qui dort face aux engagements  citoyens.

Et cette société nouvelle avec de nouveaux séniors doit être une des responsabilité de l'Association des universités de troisième âge francophones en Amérique.  L'AUTAFA peut en être une locomotive.

 

Toujours vivant  

Paroles: Michel Rivard - Musique: Gerry Boulet

 

Je suis celui qui marche

Quand l'bonheur en arrache

Quand l'amour le chatouille

Quand la vie bafouille

(Je suis...) Toujours vivant

Je suis celui qui r'garde en avant

 

Je suis celui qui lutte

Quand la vie le culbute

Je retombe sur mes bottes

Les pieds dans la garnotte

(Je suis...) Toujours vivant

Je suis celui qui va jusqu'au bout

 

Je suis celui qui frappe

Dedand la vie

À grands coups d'amour...

 

Je suis de cette race

Qui veut laisser sa trace

En graffitis fébriles

Sur le béton des villes

(Je suis...) Toujours vivant

Je suis celui qui r'garde en avant

Je suis celui qui frappe

Dedans la vie

À grands coups d'amour...

 

Je suis celui qui passe

Quand les autres se tassent

Au bord de la routine

Je suis celui qui spine

Et qui reste vivant

Je suis celui qui r'garde en avant

 

Je suis qui fonce

La tête dans les ronces

Qui jamais ne renonce

Au plaisir d'être libre...

Et toujours debout

Je suis celui qui va jusqu'au bout

 

Je suis celui qui frappe

Dedans la vie

À grands coups d'amour...