hda-québec.com
Analyse sociale et politique
   Accueil            8.06.2011 - L'art de se tirer dans le pied

8.06.2011 - L’art de se tirer dans le pied

Nous prétendons souvent que les adultes  majeurs et vaccinés  savent ce qu’ils font.  Hélas, trop souvent devons-nous constater que les plus beaux dérapages sont provoqués par ceux et celles qui ont la responsabilité de servir de guide, d’ouvrir la voie, de définir des orientations novatrices.

Force est de constater que les travaux de Freud ne sont pas les lectures de chevet préférées des dirigeants du Parti Québécois.  Une autre fois, je ne sais trop de quelle “ième fois“ il s’agit, mais une autre fois nous sommes les témoins d’une vendetta digne d’un mauvais scénario de film.  Encore une fois, la zizanie s’installe et provoque des déchirements qui font le bonheur des opposants.  Plus maso que le P.Q. je ne sais pas si ça existe. 

Depuis sa fondation, tous les chefs, la députation, les instances se font un malin plaisir à provoquer des crises qui  justifient une bonne partie de la population à ne pas s’inscrire dans l’objectif premier du P.Q. à faire un pays.  Peut-on la blâmer ?

Du “Renérendum“  de 1982 au projet de loi 204 d’aujourd’hui, les frondes se sont succédées à la vitesse “Grand V“.  René Lévesque, Pierre-Marc Johnson, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Bernard Landry, André Boisclair et maintenant Pauline Marois, tous ont été victimes, un jour ou l’autre, d’une bataille d’egos plus grand que nature.  Et toutes les raisons sont invoquées : l’étapisme, le beau risque, la souveraineté-association, l’affirmation nationale, les conditions gagnantes, un vote de confiance plus ou moins satisfaisant, la mise en veilleuse de l’Article 1 et aujourd’hui le projet de Loi 204.  À toutes ces raisons, il faut ajouter toutes les insignifiances de la vie quotidienne qui déplaisent cette fois-ci à Lisette, Louise, Pierre, Jean-Marie et les autres.

Face à la crise actuelle, nous nous ferons dire, une autre fois, que la composition arc-en-ciel à la basse du P.Q. justifie la présente révolution de palais… nous connaissons l’histoire. Je présume que si le Christ héritait de la présidence du P.Q., il serait crucifié une deuxième fois.

Ce triste spectacle n’est pas exclusif au P.Q.  L’ADQ a eu sa crise Taillon-Caire.  Le PLQ a montré la porte à Daniel Johnson et importé un conservateur d’Ottawa pour  sauver les meubles. Québec solidaire a deux chefs.  Et sur l’autre rive de la rivière des Outaouais, ce n’est pas plus rigolo.  Il y a eu l’affrontement épique entre Jean Chrétien et Paul Martin, les épisodes Stéphane Dion et Michael Ignatieff.  Les conservateurs ont connu l’épisode Kim Campbell qui s’est terminé par la main mise de Stephen Harper sur le parti progressiste-conservateur de Joe Clark. 

Toutes ces foires d’empoigne font en sorte d’éloigner les citoyens de la scène politique.  Toutes ces manigances créent la désillusion et le désabusement des citoyens face à la classe politique.  Tous ces “politicailleurs“ ne font qu’annihiler l’intérêt des citoyens pour la chose publique laissant ainsi le chemin libre à n’importe quel charlatan. 

Je ne peux que me rappeler ce que Michel C. Auger a déjà déclaré concernant les contrôles de qualité au niveau de la classe politique qui sont en nettes régressions depuis les années 1970. 

La dégradation n’est pas seulement apparente au Canada et au Québec.  Elle s’infiltre dans trop de pays dits démocratiques.  Que l’on pense à la France de Sarkozy et à l’Italie de Berlusconi.  Nous passerons sous silence tous les pays où nous tentons d’implanter notre modèle démocratique. 

Quoique imparfaite, il faudrait peut-être qu’Aristote, Platon et Périclès reviennent nous expliquer les fondements de ce qu’est la démocratie. (B.F. – Le 8 juin 2011/La Voix de l’Est – Le 10 juin 2011)