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Analyse sociale et politique
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8.03.2009 - Girouette, Snob et Bonimenteur

Les chefs des trois principaux partis politique au Québec furent, à un moment ou l'autre, affublés de qualificatifs descriptifs pas toujours flatteur. 

Dans un passé récent, car il faut maintenant parler au passé, on disait de Mario Dumont qu'il était une girouette, changeant d'idée en s'inspirant des vents de l'opinion publique et des sondages.  Il était passé maître du "clip" de trente secondes et de la formule assassine.  Le titre provisoire de sa future émission de télévision "Dumont 360" représente bien toute l'ambiguïté du personnage : 360° et girouette étant passablement synonymes  Saura-t-on jamais la pensée profonde de cette bête politique.  Il a rejoint une faune d'anciens politiciens qui s'improvisent commentateurs politiques.  Après nous avoir servi moult boniments, il tentera de nous convaincre de sa rigueur d'analyste, rigueur qui lui faisait cruellement défaut comme politicien et temporairement chef de l'Opposition.   Après Génie en herbes et l'Assemblée Nationale, TQS sera son terrain de jeux.

Pauline Marois, à période fixe, est affublée de qualificatifs s'inspirant de son statut matrimonial.  Elle est tour à tour châtelaine, hautaine et snob.  Ces petites polémiques à caractère de potinage occupent les politiciens recyclés en commentateurs tout en rabaissant le débat à la hauteur des pissenlits.

Mais la palme des qualificatifs peu flatteurs revient à notre premier ministre.  Jean Charest fut un temps associé à la mascotte des Nordiques, ce qui n'était pas flatteur pour la dite mascotte Patapouf.  Il fut dans une autre vie, vie fédérale s'entend, caricaturé comme une coquille vide : beaucoup de mots et peu d'idées.  Mais avec le temps et les faiseurs d'images, il a pu "revamper" son image.  Mais étant incapable de se forger un statut de politicien crédible et inspirant, il s'empêtre dans l'art de la formule creuse et est devenu le bonimenteur par excellence (voir la chronique du 6 mars 2009).  Depuis son couronnement à la tête du Parti libéral du Québec, à la fin des années 1990, lui un conservateur de souche, a été incapable  de s'inscrire dans la pensée libérale léguée par  ses prédécesseurs comme Jean Lesage, Claude Ryan, Robert Bourassa.  La greffe ne semble pas vouloir réussir même après toutes ces années.  Il demeure viscéralement un conservateur.  Tout comme Mario Dumont, il demeure une bête politique dont les réussites apparentes sont beaucoup plus le résultat d'une mise en marché de l'image que du contenu. Il sera toujours identifié  comme un  "politicailleur"  et non comme un visionnaire ou un rassembleur. 

En bout de ligne, le Québec se retrouve dans une position de faiblesse sur le plan politique : un premier ministre fabriqué par des faiseurs d'images, un Conseil des ministres  plus qu'ordinaire, à de rares exceptions près : Raymond Bachand à l'Économie et peut-être, Yves Bolduc à la Santé, nouvellement élu.  Nous sommes loin de l'équipe du tonnerre de Jean Lesage en 1960 et du cabinet de René Lévesque en 1976.  Pour tout  dire, nous sommes dans un vide politique historique.  Et notre gouvernance dans la capitale fédérale est encore moins brillante.  Ce qui fait que "le plusss meilleur pays au monde" comme se plaisait à le dire notre "Jean Chrétien national" s'enfonce dans la médiocrité. 

Ceci est vrai au Québec et au Canada,  mais le mal est universel.  À l'exception d'un Barak Obama démontrant une volonté de renouvellement, la planète est dirigée par des apprentis sorciers et non des Hommes  ou Femmes d'État. 

En ne voulant pas sombrer dans une déprime généralisée, nous ne pouvons qu'espérer que la Nature ayant horreur du vide, verra dans un avenir pas trop lointain à l'émergence d'une nouvelle classe politicienne inspirante et mobilisatrice. (B.F. - Le 8 mars 2009)