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Analyse sociale et politique
   Accueil            8.01.2012 - Elle est en nous...

Elle est en nous…

Ne lisez pas cet article, ça ne vous concerne pas.  Cet article s’adresse à votre voisin,  aux enfants de votre voisin, à votre “boss“, à vos frères et sœurs, aux jeunes noirs ou arabes de votre quartier, aux petits et grands magouilleurs qui gravitent autour de vous,  aux petits et plus grands fraudeurs qui vous côtoient.  Cet article s’adresse à eux.  Vous, vous êtes au-dessus de tout ça.  Vous, vous êtes blanc comme neige. Quoi que, nous pouvons présumer que vous en raffolez, que vous ne manquez pas un reportage qui nous l’a décrit. Qu’à l’occasion,  vous verseriez une larme compatissante. Qu’à l’occasion, vous signeriez une pétition pour la combattre. 

En bout de ligne vous êtes comme votre voisin, les enfants de votre voisin, votre “boss“, vos frères et sœurs, les jeunes noirs ou arabes de votre quartier, les petits et grands magouilleurs, les petits et grands fraudeurs.  Comme eux, vous êtes partie prenante du même système, de la même grande famille, de la même société.  Mais je vous le répète, cet article ne vous concerne pas.  Cet article s’adresse à L’AUTRE, à tousLES AUTRES, mais pas à vous.

Nous la côtoyons sur la rue, à la maison, à l’école, au travail.  Nous la regardons à la télévision sous forme de téléromans, de téléfilms ou aux nouvelles.  Nous l’écoutons à la radio.  Nous la lisons dans les journaux et les revues.  Nous la cherchons sur Internet.  Nous payons même pour aller la voir sur grand écran au cinéma.

À périodes fixes et régulières, nous la décrions, mais en même temps nous en redemandons et par nos comportements nous la cultivons.  Il arrive même que nous l’exportions et l’imposions aux autres sous le couvert de faire partager notre civilisation aux populations dites sous-développées.

Nous pourrions même affirmer que c’est le fondement de notre civilisation.  Comme le disait, je ne sais trop qui : Qu’elle est la différence entre le génie et la connerie ?  Le génie a ses limites.  Dans ce sens, elle est en perpétuel développement et sous plusieurs formes : elle peut être sournoise ou parfaitement délibérée et gratuite.  Elle n’aide en rien au développement de l’humanité.  Individuellement et collectivement, quoi que nous disions, nous avons une part de responsabilité dans sa propagation en tant qu’acteur, de spectateur, ou simplement comme consommateur.  Et quel consommateur nous sommes devenus ?

Entre autres, nos voisins du Sud la cultivent, la développent, la propagent, s’en inspirent et nous l’imposent. Tous leurs réseaux de télévision la produisent, nous la vantent et nous invitent à la regarder.  Et nos réseaux de télévision, pour ne pas être en reste, la traduisent pour que nous nous en inspirions.

Je ne sais combien à l’heure, nous sommes les témoins de meurtres, d’assassinats, d’explosions, d’attaques de toutes sortes, de catastrophes gratuites, de carambolages inédits.  Et pour que nous l’intégrerions encore plus, nous commercialisons le tout sous forme de jeux vidéos.  Ce qui fait en sorte que votre voisin, les enfants de votre voisin, votre “boss“, vos frères et sœurs, les jeunes noirs ou arabes de votre quartier, les petits et grands magouilleurs, les petits et grands fraudeurs sont confrontés, influencés, élevés dans cette culture.

Ce fléau n’est pas nouveau, il a toujours été présent dans l’histoire.  Mais les nouvelles technologies nous permettent maintenant de la voir en direct et fait en sorte que notre seuil de tolérance nous prépare et nous amène doucereusement à un scénario du pire. 

Est-il besoin de la cultiver ? Nous prépare-t-on un apocalypse quelconque ? La VIOLENCE est dans les gènes de l’homme. Par contre, ce n’est pas MOI, c’est mon voisin,  les enfants de mon voisin, mon “boss“, mes frères et sœurs, les jeunes noirs ou arabes de mon quartier, les petits et grands magouilleurs qui gravitent autour de moi,  les petits et plus grands fraudeurs… les AUTRES quoi.  (B.F. – Le 8 janvier 2012/La Voix de l'Est - Le 21 janvier 2012*)


* Pour la parution dans La Voix de l'Est, la chronique est quelque peu écourtée et modifiée: mais le sens demeure le même