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Analyse sociale et politique
   Accueil            7.11.2011 - Coalition pour l'avenir du quoi, de qui ?

Coalition pour l’avenir de quoi, de qui ?

Monsieur François Legault a été député du Parti Québécois pendant plus de dix ans.  Il a été ministre de l’Innovation technologique, de l’Éducation, de la Santé et des services sociaux.  Il a voulu être chef, mais il n’a jamais osé affronter une course au leadership.  Il a quitté la vie politique pour être plus présent auprès de ses adolescents, nous disait-il.  En quelques mois ses adolescents semblent avoir rapidement vieilli. 

Depuis un an, il nous propose des analyses, des avenues pour amener le Québec vers un avenir plus serein, un développement plus harmonieux. Au profit de qui ? Et dans les derniers jours, il a officiellement fondé SON parti. SA patente, diront de mauvaises langues, dont il se voit le chef en toute humilité.

Qui plus est, les sondages le désignent prochain chef du gouvernement, rien de moins.  Les Québécois, qui sont désillusionnés de la présente classe politique, le voient comme leur héros  des temps modernes. 

Faut-il nous rappeler que les Québécois ont déjà eu une certaine inclinaison à se trouver un sauveur.   La subite ascension et la toute aussi subite chute d’un certain Mario Dumont  ne semblent pas  avoir modéré les ardeurs toutes québécoises à se trouver UN nouveau messie.  Les Québécois sont comme Diogène, ils cherchent l’homme et  Monsieur François Legault semble être l’aubaine de l’année.

Et pour faciliter  sa démarche, Monsieur François Legault entretient des rumeurs tenaces d’une quelconque alliance avec l’ADQ : l’éphémère créature de Mario Dumont.  Les Québécois supporteront-ils Monsieur Legault comme ils ont supporté Mario Dumont, l’espace d’une élection ?

Monsieur Legault a une expérience gouvernementale que “le p’tit Mario“ n’avait pas.  Monsieur Legault, dans une autre vie, a été un homme d’affaires qui a fondé une entreprise qui fait honneur au Québec.  Monsieur Legault est indépendant de fortune, donc moins influençable.  Il inspire confiance et, est du genre de personne que toutes les belles-mères aimeraient avoir comme gendre.  Mais ces quelques raisons en font-elles un premier ministre ? 

Le Québec a connu de grands premiers ministres.  Que l’on pense à Jean Lesage, à René Lévesque, à Robert Bourassa, que nous les ayons aimés ou pas, ces hommes  avec LEURS équipes ont fait avancer le Québec, ont bâti le Québec d’aujourd’hui.  Leurs héritages, à divers niveaux, ont marqué le Québec moderne. 

Éliminer une commission scolaire à droite, abolir une régie régionale de la santé à gauche, privatiser des responsabilités publiques, fantasmer sur la disparition du déficit et la diminution des impôts et des taxes plaisent à un certain électorat  qui en même temps exige le meilleur système de santé, le meilleur système d’éducation, un réseau complet de garderies  et les plus belles routes au monde; c’est la pensée magique. Vouloir plaire et séduire à tout prix conduit inexorablement dans le mur :  certains pays vivent actuellement les conséquences  de l’application de promesses plaisantes à entendre.

Combien de fois devrons-nous nous rappeler que toutes actions politiques doivent reposer sur une vision bien définie, bien présentée et s’inscrivant dans l’amélioration du mieux-être d’une population, de TOUTE la population, pas seulement pour les mieux nantis.  Très peu d’hommes ou de femmes politiques ont eu cette envergure. Administrer un dépanneur de quartier et planifier le développement d’une société sont deux réalités passablement différentes.  Le miroir aux alouettes se transforme plus tôt que tard en piège à cons.  (B.F. - Le 7 novembre 2011/La Voix de l'Est - Le 9 novembre 2011)