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Analyse sociale et politique
   Accueil            7.05.2008 - Les 3 Stooges en rappel

7.05.2008 - Les 3  Stooges en rappel

Larry, Curly et Moe, trois benêts par leur incompétence congénitale ont fait rire des générations de téléspectateurs.  Il se peut que ce soit un temps que les moins de cinquante ans ne puissent pas connaître.

Mais tous: vieux, jeunes et plus jeunes peuvent suivre, et surtout subir, en reprise mondiale les nouvelles aventures de trois nouveaux benêts, beaucoup moins comiques mais combien plus dangereux.

George, Nicolas et Stephen sont sur tous les écrans à tous les jours et leurs péripéties font la joie de tous les chroniqueurs.  Il ne se passe pas une journée sans que l'un d'eux ou les trois en même temps nous fassent vivre une crise d'apoplexie.  Retenons, à titre d'exemple, les grands thèmes joués par ces vedettes de la scène politique mondiale.

George, le plus connu, défend la paix.  Il souhaite construire un monde meilleur à l'américaine en combattant l'axe du mal qu'il voit partout et nulle part.

Nicolas, qui se voit plus grand que nature, nous parle de moralité.  Lui qui a bâti sa carrière politique à travers un parcours à tout le moins sinueux et nébuleux.

Stephen, qui se voit en vedette américaine, nous supplie de croire sa grande transparence, sa rigueur et sa compassion. 

Mais en lisant les journaux, en écoutant la radio ou en regardant la télévision nous  pouvons constater que ces trois apprentis sorciers prennent les enfants du bon dieu pour des canards de bois.  Ils nous mènent directement à un pas du précipice.

Le scénario guerrier de George a multiplié les affrontements belliqueux et les interventions militaires dites préventives sur la planète : Irak, Afghanistan, Iran tout en laissant se détériorer d'autres situations : Israël, Darfour, Pakistan, Somalie, Zimbabwe et en supportant plusieurs dictatures amies.  Vivement un changement à Washington, ça ne pourra être pire.

Nicolas, à l'instar de Lucky Luke, bouge plus vite que son ombre.  Il est partout comme Dieu le Père.  Il est président, premier ministre, ministre, chroniqueur, conseiller, amant, mari, père,  commentateur du Tour de France et que sais-je. Mais tout ce qu'il a réussi depuis un an, c'est une chute catastrophique dans la confiance de ses concitoyens.  Mais la goutte qui fait déborder le vase, c'est que notre bon petit Nicolas se drape dans sa nouvelle virginité de moralité.  C'est oublier ses reniements  envers Balladur, Chirac, sa manipulation des médias et ses goûts impériaux. Nos cousins français  regrettent leur choix.  Ils devront le subir  jusqu'en 2012.

Plus près de nous, Stephen nous avait promis un gouvernement transparent, à l'écoute, rigoureux et différent de ce que nous avions connu sous le règne des libéraux.  C'était, il n'y a pas si longtemps.   Depuis son élection, la transparence l'est autant qu'un deux par quatre ; pour ce qui est de l'écoute, c'est l'écho de Washington que nous entendons; la rigueur est celle de la droite bien-pensance des "rednecks" de l'ancien Reform Party et en lieu et place des commandites, ce sont les dépenses électorales falsifiées.  Le vieux dicton "qui choisit prend pire" prend toute sa valeur en politique canadienne.  Même en étant un indépendantiste avoué, je m'ennuie de Jean Chrétien et j'ai même une amicale pensée pour Joe Clark.

Et les spécialistes s'inquiètent du désintéressement de la population pour la vie politique.  Avec, entre autres, ces trois vedettes la remontée n'est pas pour demain.  Au moins avec Larry, Curly et Moe , on pouvait parler de comédie loufoque ; mais avec George, Nicolas et Stephen nous vivons la tragédie.

En plus le Canadien de Montréal "s'est fait sortir" des séries éliminatoires, les journalistes peuvent bien parler d'une période de déprime généralisée.  Les lendemains qui chantent seront pour un autre tantôt, je nous le souhaite. (B.F. – Le 7 mai 2008/La Voix de l'Est - Le 7 mai 2008)