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Analyse sociale et politique
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6.10.2010 - R.I.P. - Qu'ils “trépassent“ en paix ?

L’Islande frôle la faillite.  La Grèce survit grâce aux énormes prêts de l’Union européenne et de  l‘application d’un plan de compressions très sévère. Les États-Unis  surnagent avec les centaines de milliards injectées dans l’économie par Washington. Sans oublier le Japon et les pays de  l’Extrême-Orient  qui ne sont pas encore remis de leur crise économique des années 1990. Je ne sais combien d’autres pays sont sur le bord du gouffre ou carrément dedans. Depuis deux ans, les histoires d’horreur économique créées par le système bancaire international font partie de notre réalité quotidienne.

Depuis quelque temps, un autre pays s’ajoute aux États en perdition sur le plan financier et économique.  Un pays qui depuis plus de vingt ans était cité  comme le modèle à suivre.  Un pays qui  a appliqué à la lettre les règles du modèle capitaliste : attirer les capitaux étrangers, offrir des avantages fiscaux, rester ouvert à la concurrence et à la globalisation.  Des entreprises québécoises se sont jointes à la parade en y établissant de grandes usines.  Ce qui a fait de l’Irlande, le Tigre celtique disait-on, le paradis de la libre entreprise.

Mais voilà, l’Irlande de 2010 est entrée directement dans le mur.  La “balloune celtique“ est dégonflée et ce tigre est devenu un tout petit chaton en peluche  au bord de la faillite.   Comme l’Islande, la Grèce, entre autres, l’Irlande est fauchée.

Qui paie pour cette dégringolade financière et économique ? Les travailleurs, leurs niveaux de vie et un chômage qui amplifie encore plus la dégringolade.  Le journal The Guardian de Londres, qui ne peut être accusé de collusion avec les opposants du modèle capitaliste, accuse les spéculateurs, les banquiers et les dirigeants politiques, qu’il qualifie de stupides, d’avoir tué l’avenir de milliers de familles irlandaises. 

L’Islande, la Grèce, l’Irlande ne sont pas des pays sous-développés ou en voie de développement.  Ce sont de bons élèves qui ont appliqué à la lettre les principes tant vantés par les chantres du modèle néo-libéral devant  emmener les populations dans un état de sérénité suprême. 

En lieu et place, nous allons d’une crise à l’autre et les petits soldats du néo-libéralisme nous chuchotent que les correctifs apportés font en sorte de nous éviter une prochaine crise.  Ces petits soldats nous servent le même bouilli surchauffé et parlent de tout sauf de l’essentiel, c’est-à-dire, de la mise en place d’un nouveau modèle économique mondial qui ne serait pas érigé sur les inégalités, les profits démentiels et sur une plus grande déréglementation.

En bout de ligne, c’est Monsieur Bryndísarson de Reykjavik, Madame Papadopoulu d'Athènes, Madame O'Reilly de Dublin et Monsieur Tremblay de Montréal, qui n'y comprennent rien dans le pourquoi et le comment de l'actuelle crise, qui paient la note des magouillages d’une élite financière et politique.  Ils perdent leur maison, se font raboter leurs revenus et s’installent dans l’insécurité. Nous sommes loin des lendemains qui chantent, version capitaliste.  

Selon un rapport du Département des affaires économiques et sociales de l’ONU publié en août 2005, donc avant la présente crise, les inégalités dans le monde s’aggravaient.  Elles allaient de pair avec la mondialisation.

Les salaires réels minima baissent alors que les revenus les plus élevés augmentent fortement. Le Rapport conclut que les INÉGALITÉS SONT LA SOURCE DES VIOLENCES et qu’il est dangereux pour la paix, la sécurité nationale et internationale de laisser les inégalités économiques et politiques s’aggraver. 

Morale mon Cher Watson, augmentons les budgets militaires… (B.F. - Le 6 octobre 2010/La Voix de l’Est –Le 13 octobre 2010)