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Analyse sociale et politique
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6.07.2009 - Le bal des autruches : vous, moi et les autres

Tous savent que l’autruche est un grand oiseau inapte à voler, mais elle court dans tous les sens et l’image veut qu’elle se cache la tête dans le sable lorsqu’elle est effrayée. L’actualité nous présente des décisions et des actions qui sont trop souvent, hélas, inspirées de ce grand bipède.  Elles vont dans tous les sens et le commun des mortels, que nous sommes, cherche quelques fois la vision qui inspire ces prises de décisions. Au Québec et au Canada nous avons connu des personnages qui ont su marier vision et leadership, que nous ayons été d’accord ou pas avec eux, là n’est pas la question.  Que l’on se souvienne simplement de René Lévesque, de Pierre Trudeau et même de Jean Drapeau : ces personnages avaient une vision de l’avenir et leurs actions concourraient à la réaliser.  Depuis leur disparition, nous sommes en attente d’une relève qui tarde à s’affirmer. 

En lieu et place nous avons eu ou nous avons droit à des maîtres du “clip“ et de l’image, à des coquilles vides, à des “copier-coller“ importées d’ailleurs, à des bouffons, à des Don Guichotte qui ne cessent de faire des pirouettes pour se maintenir au pouvoir selon les sondages, la direction des vents ou l’humeur du moment.  Nous vivons à l’ère des girouettes et de la pensée magique. Nous valorisons le paraître au détriment de l’être.

Mais nous devrions admettre, très humblement, qu’après avoir cassé du sucre sur le dos des membres de notre classe politique, ce vide que nous déplorons est le fait de notre insouciance et de notre démobilisation.  La société civile, dont nous sommes membres vous, moi et les autres, concourt à cette triste réalité.  Un dicton ne dit-il pas que nous élisons des représentants à notre image ?  C’est l’effet miroir.  Rigueur, effort, transparence, vision, leadership, équité sont des mots et des concepts qui semblent avoir disparu de notre grille d’évaluation.  Nous en sommes plutôt au “ici-maintenant“ et au “me, myself and I“.  Nous en sommes à ce que Jules César avait identifié, il y a plus de deux millénaires, à une nouvelle ère des jeux et du pain.   Beaucoup d’entre nous avons été des artisans d’une Révolution tranquille, nous en sommes rendus à être les artisans d’un Déclin tranquille. 

Notre “ma tante“, ministre de l’Éducation, propose de payer d’éventuels décrocheurs pour qu’ils restent à l’école, nous applaudissons son originalité.  Notre premier ministre québécois retire un projet de loi voulant resserrer l’éthique, nous hochons du bonnet.  Le parti de notre premier ministre canadien s’amuse à diffuser des publicités négatives, nous approuvons cette soi-disant liberté d’expression en trouvant le tout rigolo.  Ces trois simples exemples ne sont que la pointe de l’iceberg qui mine notre paysage politique et qui dénature toute volonté d’un engagement politique éventuel.  Nous entretenons et semons NOTRE désillusion perpétuelle face à NOTRE classe politique. 

Notre classe politique n’a pas très bonne réputation, se peut-il que nous en soyons, nous de la société civile, les premiers responsables ?  C’est la simple question que vous, moi et les autres devons nous poser.  Du pain et des jeux pour amuser la plèbe disait Jules César. L’Histoire se répète. Vivement le retour de Kovalev (note 1) , ça c’est important, le sort de l’humanité en dépend ! (B.F. – Le 6 juillet 2009/La Voix de l’Est – Le 8 juillet 2009))

Note 1 :  Alex Kovalev, joueur de hockey, surnommé L’Artiste, qui évoluait pour le Canadien de Montréal depuis 5 ans et dont le contrat n’a pas été renouvelé par la direction, il y a quelques jours.  Une manifestation, regroupant quelques centaines d’admirateurs, s’est tenue devant le Centre Bell de Montréal pour exiger une reconduction de son contrat, mais sans succès.  Finalement, ce mercenaire du hockey a signé une entente de 10 millions de $ avec le club Les Sénateurs d’Ottawa.