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Analyse sociale et politique
   Accueil            6.05.2011 - Une victoire à la Pyrrhus ?

6.05.2011 - Une victoire à la Pyrrhus ?

C’est indéniable et sans appel, le 2 mai dernier, le Nouveau Parti Démocratique (NPD) a fait élire au Québec 58 députés et 102 députés pour l’ensemble du Canada.  Ce sont les meilleurs résultats de tous les temps pour ce parti : en 1988, sous la direction d’Ed Broadbent, nous retrouvions 43 députés NPD au Canada et aucun au Québec, son record absolu jusqu’au 2 mai 2011.

Avec la vertigineuse remontée du parti de Jack Layton, les commentateurs de tous les horizons tentent d’expliquer ces résultats historiques, et surtout la percée spectaculaire au Québec.  Pour certains, c’est l’écrasement du Bloc Québécois,  pour d’autres c’est le passage de Jack Layton à l’émission “Tout le monde en parle“ et pour plusieurs, c’est le goût du changement et la désillusion des électeurs face à la chose politique. 

Tous s’interrogent sur la signification réelle de ce résultat inattendu.  En lisant et en écoutant la majorité des reportages depuis, nous pouvons nous demander si ces résultats sont synonymes d’un réel élan victorieux pour le NPD ou s’ils ne représentent tout simplement pas qu’une victoire à la Pyrrhus ? 

Comment les Québécois sont-ils si rapidement devenus des sympathisants d’une GAUCHE même orangée, eux qui, il n’y a pas si longtemps, avaient jeté leur dévolu sur l’ADQ de Mario Dumont représentant d’une DROITE populisme ?  Comment expliquer un tel revirement ?  Comment a-t-on pu voter pour autant de poteaux et  quelques fantômes ?

Pour plusieurs commentateurs de la scène politique, à court et à moyen terme, le Québec risque fort de se retrouver “Gros-Jean comme devant“ où ce clin d’œil à la gauche orange risque de nous coûter cher.  Les Québécois ne voulaient pas et ne pouvaient pas faire confiance à Stephen Harper.  Les Québécois en avaient assez, selon certains, d’être représentés majoritairement par des membres du deuxième parti de l’Opposition.  Ils se retrouvent maintenant défendus par le premier parti de l’Opposition officielle.  Parti qui n’a pas comme préoccupation principale la défense des intérêts du Québec : le NPD est un parti pan-canadien et historiquement centralisateur qui a comme mission première la défense des intérêts des canadiens “a Mari usque ad Mare“. 

C’est sans compter que notre ineffable premier ministre se retrouve à la tête d’un gouvernement majoritaire où le Québec est absent. Les désillusions risquent d’être au rendez-vous assez rapidement : adieu veau, vache, cochon, couvée comme dans la fable de Perrette et le pot au lait.

Peut-on prétendre sérieusement que les Mulcair, Saganash et quelques autres  à connaître pourront protéger et défendre les intérêts du Québec : la mission sera titanesque.

Quoiqu’en pensent certaines personnes, quoiqu’en disent d’autres personnes, la politique reflète la société dans laquelle nous vivons.  Dans ce sens, les résultats du 2 mai dernier n’annoncent rien de bien réjouissant pour les quatre prochaines années. 

Nous avons bien dénigré nos voisins du Sud  qui ont élu George W. pour 8 ans.  Nous rions de bon cœur des facéties d’un Berlusconi en Italie.  Nous avons un sourire en coin à voir nos cousins français  se dépêtrer avec les sautes d’humeur de leur petit Nicolas.  Nous voilà “pogné“ avec un Parlement Mickey Mouse à Ottawa.

Après l’élimination du Canadien de Montréal et la pluie qui nous tombe dessus sans relâche, nous devrons retenir notre souffle jusqu’en octobre 2015 pour réécrire un nouveau scénario.  À moins que le Canadien de Montréal nous fournisse une occasion de nous réjouir d’ici-là.  (B.F. – Le 6 mai 2011/L Voix de l’Est – Le 12 mai 2011)