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6.03.2010 - Notre ayatollah canadien et ses mollahs

La République islamique d’Iran s’appuie sur un guide suprême à qui nous accolons le titre d’ayatollah.  Ce guide suprême proclame les grandes orientations  traçant le quotidien tant du gouvernement que des citoyens de ce pays.  Ce régime, d’une façon générale, applique le contenu du Coran et dans la vie de tous les jours ce sont les mollahs qui assurent le respect des règles décrétées par le guide suprême.  En 1979, le régime corrompu du Shah a été renversé pat l’ayatollah Khomeini.  C’est   depuis cette date que les mots ayatollah et mollah  sont apparus dans notre vocabulaire.  Notre propos n’est pas de faire l’analyse de l’actualité se déroulant présentement en Iran, des commentateurs mieux informés ont cette responsabilité.

Au fil des ans, les mots ayatollah et mollah, en Occident à tout le moins, ont pris une certaine connotation négative.  D’une façon générale, nous y accolons les notions de fanatisme, d’intransigeance, de sectarisme et de rétrograde.  Ces mots sont aussi utilisés pour décrire une personne qui a une idée bien arrêtée sur un sujet précis et qui ne veut pas déroger de son idéologie et où les nuances sont inexistantes. 

Et si nous arrêtons de regarder dans la cour des voisins, nous pouvons constater qu’il existe dans notre grand pays, un premier ministre qui s’imagine être un guide suprême, qui se prend pour un ayatollah et qui tente de nous imposer une vision pointue de ce que devrait être la société canadienne et de là, ce qui est bon ou mal de penser, de faire, de produire. 

Il décrète le lock-out du Parlement, il renie des ententes internationales, il sabre dans les budgets de la culture, il impose sa vision de la sécurité et de l’ordre, il tergiverse avec la loi sur l’accès à l’information et sa dernière trouvaille, il coupe les vivres aux organismes humanitaires et d’aide internationale qui ne pensent pas comme lui  et qui n’épousent pas les positions de ce gouvernement néo-conservateur. (note 1)

Mais il aime les armes à feu, les gaz bitumineux, il aime se faire voir à Haïti, aux Jeux Olympiques à Vancouver et dans le Grand Nord canadien.  Mais par contre, il n’aime pas se faire voir à Copenhague ni aux Nations Unies à New-York.  S’il avait eu la chance de décider, il serait en Irak et resterait plus longtemps en Afghanistan.  Il déchirait sa chemise lorsque les gouvernements précédents “paquetaient“ le Sénat, mais il se fait plaisir en faisant la même chose.  En bout de ligne, il aime le pouvoir et pour la plupart des commentateurs, il est rusé.  Ce qui à la longue  le rend dangereux.

Ses ministres sont devenus ses mollahs et tentent de propager la bonne nouvelle et la bien-pensance de notre ayatollah.  C’est à se demander le pourquoi et l’utilité d’un Parlement, il rêve sûrement de le voir disparaître et de ne pas être obligé d’y rendre des comptes.  Il n’aime pas répondre aux questions des journalistes et des parlementaires.  Ses débats sont de longs monologues dans lesquels il tente de nous convaincre de l’à-propos de son idéologie : si vous ne pensez pas comme lui, vous devenez un danger pour l’unité du pays et la sécurité nationale. 

Ses méthodes et ses astuces appliquées dans un autre pays seraient décriées par notre ayatollah.  Non satisfait d’avoir fait perdre toute crédibilité à la diplomatie canadienne sur la scène internationale, il est en train de défigurer le système démocratique canadien. 

Pour l’Iran, l’ayatollah Khamenei, le guide suprême s’inspire du Coran.  Au Canada, notre ayatollah s’inspire de la droite religieuse très chrétienne à la sauce Bush. 

Dans ce sens, le conservatisme de l’actuel gouvernement “canadian“  s’apparente de plus en plus à un certain intégrisme  que ce même gouvernement dénonce lorsqu’il sévit ailleurs. Fanatisme pour fanatisme, intransigeance pour intransigeance, sectarisme pour sectarisme, rétrograde pour rétrograde, la République islamique  d’Iran ou le Canada, ça sera quatre vingt-cinq sous pour un dollar si nous n’y prenons garde.  (B.F. – Le 6 mars 2010)

Note 1 : voir l’article d’Agnès Gruda du 27 février 2010 paru dans La Presse

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/national/201002/26/01-4255872-des-ong-sous-surveillance.php