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5.09.2010 - C’est toujours un “nowhere“ après 2683 jours

Le 1er septembre 2010 inclus, cela faisait 2683 jours que Monsieur Jean Charest avait les deux mains sur le  gouvernail québécois à titre de premier ministre.  Il a été assermenté le 29 avril 2003.  Et le mieux que nous puissions affirmer aujourd’hui, c’est qu’il conduit à l’aveugle et que le GPS ne fait pas partie de son matériel politique.  Au mieux, s’il en possédait un, faudrait-il qu’il lui indique une direction à prendre et c’est là son problème : une incapacité chronique à savoir où il veut aller, où il veut conduire le Québec. 

Durant la campagne électorale de 2003, il nous a promis de réduire les impôts d’un milliard par année pour la durée d’un mandat. Promesse qui n’a pas tenu la route.

Il ridiculisait les gouvernements péquistes précédents devant leurs hésitations à accoucher du CHUM.  Un gouvernement libéral Charest donnerait une direction finale et définitive. Nous vivons depuis un cafouillage sans fin et nous nous retrouvons aujourd’hui dans un cul de sac.

Toujours dans le domaine de la santé, un  gouvernement libéral Charest réduirait les temps d’attente dans les urgences des hôpitaux, qu’il nous a promis.  2683 jours plus tard, vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade.

Toujours sur le radar d’un gouvernement libéral Charest, il était dit que les garderies à 5$ étaient là pour rester, nous en sommes rendus à 7$ et un manque criant de places est la réalité, sans oublier l’épisode Tomassi.

Le cha-cha “fusions-défusions“ à la mode du gouvernement libéral Charest a semé une zizanie indescriptible dans les grandes villes.  Beaucoup de maires, beaucoup de conseillers, peu de planification, pas de direction.

Il ne faut pas oublier les subventions accordées aux écoles juives, les coupures  dans le régime des prêts et bourses, l'affaire du Mont-Orford,  le dossier  des accommodements raisonnables, la Centrale  du Suroît,  les  sessions parlementaires se terminant par un baîllon, le refus d’une enquête sur le financement des partis politiques et de la construction, les départs de ministres récalcitrants ou incompétents, les écoles passerelles, la saga du bulletin chiffré et une multitude d’autres dossiers lancés à la va-comme-je–te-pousse que nous pourrions ajouter, mais la cour étant déjà pleine, gardons-nous une petite gêne.

Donc, en additionnant toutes ces promesses non tenues, ces projets éphémères, et ces ballons d’essai,  le Québec se retrouve 2683 plus tard sans direction, sans vision rassembleuse avec un gouvernail en folie allant dans toutes les directions et nulle part à la fois.

Le sauveur tant espéré par nos amis libéraux en 1998 nous aura engagé dans un “nowhere“ que la plupart d’entre nous n’avions pas encore connu ou même imaginé. 

Durant cette période, c’est  la passion du Québec qui est en pris un coup.  Le taux de participation aux élections fond comme neige au soleil, l’engagement politique suscite dédain, railleries et sarcasmes, résultant en une perte de confiance généralisée dans la classe politique. 

C’est l’héritage DRAMATIQUE que nous laissera le passage de Monsieur Charest à la tête du Québec ; nous sommes à des années-lumière des Lesage et Bourassa pour nous en limiter au Parti Libéral.

“Nous sommes prêts“,  nous disait-il, en ce printemps 2003 en parlant d’un éventuel gouvernement libéral Charest. Nous sommes prêts… à tout pour garder le pouvoir aurait-il dû nous dire.  La nature ayant horreur du vide nous pouvons espérer mieux un jour ou l’autre. (B.F. – Le 5 septembre 2010/La Voix de l’Est – Le  7 septembre 2010)