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Analyse sociale et politique
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5.04.2008 - 1828, 1929, 2008.... du pareil au même

Tout comme les pissenlits apparaissent au printemps, nous sommes confrontés régulièrement au débat sur l'état de la langue parlée et écrite au Québec.  Les dernières non-révélations de l'Office de la langue française, les débats émotifs entourant la Commission Bouchard-Taylor, l'immobilisme chronique du présent gouvernement, les interventions soporifiques de la ministre responsable  de la langue nous rappellent la fragilité de la place occupée par la langue française. Cette situation ne date pas d'hier.  Retournons il y a quelques lunes.

En 1828, François-Xavier Tessier (1799-1835), médecin et apothicaire sonnait la charge en réalisant que l'usage du français était en péril.  Ses interventions visaient surtout les publications scientifiques  publiées  majoritairement en anglais; il s'inquiétait pour l'avenir. L'année suivante en 1829,  un article  paru dans un journal,  se scandalisait de voir les jeunes québécois de souche du temps "parler anglais entre eux en présence de leurs compatriotes francophones".  On retrouve  un compte-rendu complet de ces situations dans le bouquin de  Guy Giguère "Plus ça change, plus c'est pareil" publié tout récemment aux éditions Michel Brûlé.  La langue n'étant qu'un sujet qui se répète inlassablement.

Plus près de nous, en 1929, l'abbé Étienne Blanchard publiait un petit livre s'intitulant "Manuel du bon parler"  où il s'inquiétait de la piètre qualité de la langue parlée : "Il est sûr que la manière de s'exprimer comptant pour au moins 50% dans le succès d'un homme, on devrait en faire l'enseignement avec sanctions, notes, examens, etc., comme pour toutes les matières importantes... le professeur ne tarderait pas à former les écoliers au parler franc et juste, énergique et clair, en un mot, au bon parler français".  Il terminait sa présentation en soulignant l'anémie de notre vocabulaire en y opposant la suralimentation linguistique,  tout en exigeant de continuer la lutte contre les anglicismes.

Ces quelques éléments  trouvés parmi tant d'autres ne font que justifier un redressement sans équivoque en faveur de la protection, de la promotion et de la défense de la langue française au Québec.  En 2008, nous n'avons qu'à regarder dans notre beau grand pays "le troisième plusss meilleur au monde" ce qui se passe en Saskatchewan et autres provinces semblables pour voir ce qui nous attend si nous continuons de faire l'autruche. (B.F. -  Le 5 avril 2008/La Voix de l'Est - Le 5 avril 2008)