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4.08.2011 - Québec veut revoir…

Après le “Nous sommes prêts“, après “Les deux mains sur le volant“ : “Québec veut revoir…“ est le nouveau slogan de l’actuel gouvernement du Québec. 

Depuis que les gouvernements Charest sont au pouvoir, on ne compte plus les révisions de toutes sortes.  En santé, en économie, en éducation, aux transports, à la voirie, à la culture, à la justice et dans tous les autres domaines. Notre premier ministre et tous ses ministres décrètent des révisions, des études, des enquêtes pour esquiver toutes les situations problématiques qui leur tombent dessus.  Dans presque  tous les domaines sauf, bien évidemment, dans le domaine de la construction,  là, il n’y a rien à réviser : c’est la vie  rose bonbon.

Je ne sais trop quel auteur disait que le pouvoir était synonyme d’action.  Mais nous devons plutôt constater que monsieur Charest confond action avec mouvement style moulin à vent.  Il se prend pour le don Quichotte des temps modernes. Le Suroît, le Mont Orford, la réforme électorale, le CHUM, le développement énergétique, les gaz de schiste, l’amphithéâtre de Québec, le Plan Nord.  Depuis avril 2003, la population se demande où il veut aller mais constate en même temps qu’il veut y aller et le plus vite possible.  L’ailleurs au milieu de nulle part semble être la destination choisie par notre premier ministre.  Depuis 8 ans, la population est invitée vers un “nowhere“ que même les plus fervents supporters du PLQ (Parti Libéral du Québec)  ont de la difficulté à nous expliquer. 

Jean Lesage et Robert Bourassa,  furent de grands timoniers du PLQ.  Ils doivent se retourner dans leurs tombes et souhaiter que la présente croisière du bateau Libéral ne se termine pas  par un retentissant naufrage.

Jean Lesage a laissé la Révolution tranquille en héritage.  Robert Bourassa a laissé la Baie James en héritage.   Que nous laissera monsieur Charest en héritage ?  Les listes d’attente dans les hôpitaux ?  L’effondrement du viaduc de la Concorde ? La chute des paralumes de  l’autoroute 720 ? Les 4-5 annonces de la construction du CHUM ?

Autant ses prédécesseurs libéraux ont inscrit le Québec dans la modernité, autant notre actuel premier ministre l’a figé dans un “immobilisme statique“. 

Faut-il se rappeler que monsieur Charest, dans sa première vie politique, était un conservateur bon teint ayant un préjugé favorable pour l’entreprise privée et un préjugé défavorable envers le gouvernement.  En 1998, un journaliste de la Presse canadienne affirmait que la pensée politique de monsieur Charest n’était pas facile à suivre, lui reprochant de manquer de contenu, d’être fort en gueule, mais faible en idées. (note 1)

À l’usage et 13 ans plus tard, on  peut  confirmer que monsieur Charest est toujours un conservateur bon teint ayant enfilé l’habit du PLQ.  Prétendre, comme l’on fait les membres du PLQ, qu’il est un bâtisseur du Québec est déshonorer la mémoire  de ses prédécesseurs.  En 1998, le PLQ s’est donné un Messie.  Propulsé chef du PLQ et premier ministre du Québec, ce sauveur n’a réussi qu’à désespérer l’électorat québécois par ses louvoiements et son manque de vision. 

Les sondages, un après l’autre, démontrent l’insatisfaction des québécois à son égard.  Il résiste à cause d’une faiblesse de l’opposition à présenter une alternative crédible et de l’absence de belles-mères dans son parti.  Il meuble les jours, les semaines, les années en “politicaillant“ (note 2) sur tout ce qui bouge et s’effondre autour de lui. 

Monsieur Charest est un politicien qui pense à sa prochaine élection, mais qui est incapable de penser à la prochaine génération.  Il continue à faire ce qu’il connaît le mieux : il “politicaille“.  Comme le disait Coluche, il mangerait du cirage à chaussures pour briller en société. 

Les québécois sont ainsi pris avec un néo-conservateur à Ottawa et un conservateur bon teint déguisé en Libéral à Québec.  Notre avenir est bouchée, c’est le mieux que nous puissions dire : une révision s’impose ?  (B.F. – Le 4 août 2011)

Note  1 : http://archives.vigile.net/plq/richercharestlouvoyant.html

Note 2 : Selon le dictionnaire de la langue québécoise de Léandre Bergeron, politicaillerie est le jeu de basse politique et politicailleur est celui qui s’adonne à de la basse politique.

Notes complémentaires

http://archives.vigile.net/plq/indexsauveur.html

http://www.cyberpresse.ca/actualites/elections-provinciales/200811/20/01-802853-les-promesses-oubliees-du-plq.php