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Analyse sociale et politique
   Accueil            4.01.2012 - Que ce calice s'éloigne de moi...

Que ce calice s’éloigne de moi…

L’année 2011 a été marqué par le retour en force de Stephen Harper aux commandes du gouvernail canadien et par l’étonnante vague orange québécoise.  Ce deux dans un fait que  les Québécois se sont donnés un rôle secondaire sur la scène politique canadienne.  Tout au plus avons-nous un rôle de figurant, c’est nous maintenant qui recevons les tartes à la crème en pleine figure.  Les derniers mois nous apportent de nombreux exemples de notre marginalité et confirment les paroles de Wilfrid Laurier qui disait “Que les Québécois n’ont pas d’opinions, qu’ils n’ont que des sentiments“.

S’il faut se fier à ce qui se déroule sur la scène québécoise, l’année 2012 ne sera pas plus rigolote.   Certains diront qu’il y a eu l’apparition d’un nouveau Messie, mais comme il le dit lui-même, “on verra“.  Celui qui se disait prêt en 2003, et qui prétendait, plus tard,  avoir les deux mains sur le volant semble avoir égaré sa boussole et il poursuit son “nowhere“ à nos dépens.

Nous pouvions espérer que le parti fondé par René Lévesque s’avèrerait une réponse adéquate pour combler le vide et  l’actuelle dérive politique, mais le naufrage subit par le Bloc québécois laisse présager les plus mauvais augures.  Et il y a plus.

Le parti fondé par René Lévesque a dans ses gênes la mauvaise habitude de parodier les paroles du Christ qui disait  en son temps : Mon Père, s’il est possible, que ce calice s’éloigne de moi“.  Pour de nombreuses belles-mères, quelques primas donnas et des grenouilles de bénitiers qui gangrènent ce parti, c’est plutôt “Que pourrions-nous faire pour que le pouvoir nous échappe ?“  Ce qui fait en sorte qu’aujourd’hui, le parti qui pouvait raisonnablement espérer relancer le Québec se retrouve Gros-Jean comme devant.   En plus de parodier les paroles du Christ, une certaine inspiration semble venir  de Jean de La Fontaine et de sa fable “La Laitière et le Pot au lait“.

Depuis sa création, ce parti qui a pour objectif de faire un Québec moderne et ouvert sur le monde aura réussi à brûler sept chefs.  C’est presque autant que le nombre d’instructeurs qui se sont succédé derrière le banc du Canadien de Montréal.  Les réussites sont aussi nulles.

Les zizanies à répétition du parti fondé par René Lévesque nous assurent, selon les récents sondages, de laisser le pouvoir de gouverner à un groupe de néophytes qui improvisera au gré du courant populisme à la mode du jour ou à un groupe d’apprentis sorciers dont nous serons encore les cobayes. Le calendrier maya prévoit une quelconque fin du monde en 2012, c’est à croire qu’elle se passera au nord du 45e parallèle seulement.

Comme la loi électorale le lui permet, souhaitons-nous que monsieur Charest utilise son pouvoir pour allonger son actuel mandat à cinq ans.  Nous serons alors rendus en 2013 et qui sait.  Le parti de monsieur Legault aura tout vu.  Le parti du monsieur Charest aura un nouveau chef, espérons-le.  Le 8e chef du parti fondé par René Lévesque aura trouvé un vaccin contre toute tentative de putsch et que la notion de loyauté envers le Québec signifiera quelque chose.

Rappelons à notre mémoire les quatre orientations fondamentales à la naissance du parti de René Lévesque: création d'un État souverain de langue française, instauration d'une authentique démocratie, reconnaissance des droits scolaires de la minorité anglophone et association économique avec le reste du Canada.  Ce sont sur ces bases qu’il faut construire le pays à faire  à moins que nous soyons devenus  des maîtres toutes catégories dans l’art du sabordage ?  (B.F. – Le 4 janvier 2012/La Voix de l'Est - Le 6 janvier 2012 )