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Analyse sociale et politique
   Accueil            31.12.2012 - Du pareil au même

Du pareil au même

L’hebdomadaire français Marianne dans son numéro 816 (semaine du 8 au 14 décembre 2012) publie un reportage intitulé “Les mensonges ça suffit“, sur sa page couverture il présente huit bouilles typiquement françaises qui ont dirigé ou qui dirigent encore ce pays glorieux dans différentes sphères : politique, économique, consommation, culture.  À lire les différents articles de cette enquête, nous pouvons conclure que nos cousins Français ne sont pas sortis de l’auberge. Les lendemains qui chantent, ce n’est pas demain la veille.

Mais si après avoir conclu que nos cousins sont aux prises avec  une classe de dirigeants, toutes catégories confondue, plus mesquine que fiable.  Si nous concluons que tous leurs dirigeants sont des spécialistes du grand bluff, l’exercice suivant sera, pour nous, de changer les noms des personnes et des situations décrites dans ces articles et nous retrouvions une réalité toute canadienne ou québécoise.  Félix Leclerc dans l’une de ses chansons avait bien décrit ce qui semble être une loi universelle :  "La veille des élections, Il t'appelait son fiston. Le lendemain, comme de raison, Y avait oublié ton nom."  

Les citoyens ne sont que les pigeons d’argile de ce qu’est cette tragi-comédie  mettant en scène ceux et celles qui  dirigent NOTRE société. Vous, moi et les autres sommes les dindons de la farce. 

Les plus vieux d’entre nous auront connu La Commission royale d'enquête sur la moralité dans les dépenses publiques instituée en 1960.  D’autres auront connu La Commission d'enquête sur le crime organisé, mieux connue par son acronyme CECO,  instituée en 1972 ou La Commission d’enquête sur l’exercice de la liberté syndicale dans l’industrie de la construction, plus connue sous le nom de Commission Cliche, du nom de son président Robert Cliche formée en mars 1974. Et depuis quelques mois, nous sommes les spectateurs à peine surpris, de la Commission Charbonneau qui enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction.  Ce ne sont que  les pointes des icebergs des malversations que nous laissons faire et qui se font au détriment du mieux-être de nous tous.

Au printemps dernier, le mouvement étudiant s’est levé contre l’augmentation des frais de scolarité.  Des parents et des grands-parents se sont joints à ce mouvement qui s’est transformé en un vaste mouvement social dénonçant tous les abus de la gouvernance de notre société pour devenir une crise sociale. Toutes personnes bien pensantes qui grenouillent dans toutes les sphères de notre société ont dénoncé ces actions.  Les hauts parleurs du monde de l’information, de l’économie, de la finance, de la politique se sont élevés en dénonçant que ce mouvement mettait en danger la paix sociale, la sécurité économique et la stabilité politique de ceux qui ne se gênent pas pour siphonner à leurs profits les biens de cette même société.    Que de mensonges, de mesquinerie pour sauvegarder LEUR bien-être bien à eux, acquis au détriment des pigeons d’argile que nous sommes. 

Tout ça en attendant une prochaine commission d’enquête au tournant de 2025 qui scrutera ce que les commissions de 1960, 1972, 1974 ou 2012 auront tenté d’éradiquer, sans grand succès devons-nous conclure. 

Que nous soyons Français, Grecs, Espagnols, Canadiens ou Québécois, il est facile de constater le manque de volonté politique, économique ou sociale, au sens large, d’améliorer les conditions de la vie des citoyens.  L’hebdomadaire français l’a bien démontré une autre fois. Un quotidien ou une revue en fera son grand titre un de ces jours.  Ça fait vendre des copies, c’est ça l’important.

Machiavel a déjà dit : “Là la volonté est grande, les difficultés diminuent“. Mais ça, c’est pour les livres de sciences politiques, pas pour la real-politic.(B.F. – Le 31 décembre 2012/La Voix de l'Est - Le 7 janvier 2013)