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Analyse sociale et politique
   Accueil            31.08.2013 - La gauche caviar contre une droite baloney

La gauche caviar contre une droite baloney

Nos cousins français ont popularisé le terme la gauche caviar : celle  qui veut des réformes et un développement social mais qui ne vit pas dans le quotidien les problèmes  qu’elle dénonce.  Nous retrouvons cette gauche caviar dans la classe moyenne supérieure et relativement aisée.  Nous pourrions caricaturer en disant qu’elle est communiste dans la vingtaine, socialiste dans la quarantaine et capitaliste dans la soixantaine.  Elle souhaite une révolution en autant que leurs acquis ne soient pas touchés.  Elle réclame de meilleurs soins de santé, un meilleur système d’éducation, de plus belles routes, un système judiciaire plus performant et tutti quanti tout en réclamant en même temps moins d’impôts et de taxes.  

Dernièrement, une internaute (note 1) a énoncé que pour faire contrepoids à cette gauche caviar, il y avait chez nous, une droite baloney : celle qui approuve les contrôles  de toutes sortes, qui craint pour sa sécurité, qui désapprouve la puissance des syndicats et qui ne jure que par l’augmentation du rôle du privé dans le développement de la société. Pour la droite baloney, c’est la loi et l’ordre qui doit dicter tout développement social.  

Entre ces deux extrêmes, nous pouvons imaginer toutes les nuances : un petit plus de ceci ou un petit moins de cela.  Pour les uns, ce sont des affrontements ou des chicanes, pour les autres ce sont des débats et un exercice démocratique.

Tant au Canada qu’au Québec nous vivons, à intervalles réguliers, ces deux réalités. Ce qui fait en bout de ligne que nous devenons des “chialeux professionnels“ Nous sommes des adeptes de l’alternance : un petit tour à gauche, un petit tour à droite. Deux pas en avant, deux pas en arrière : cette astuce est universelle dans les pays dits démocratiques.

Le présent débat ou l’actuelle chicane, selon que vous êtes caviar ou baloney, sur la laïcité de l’État et les signes religieux au Québec est un exemple explosif de notre ambivalence légendaire. Pour un, le parti du bon docteur Couillard, incapable d’adopter sa loi sur le sujet alors qu’il était au pouvoir, maintenant, ce même bon docteur Couillard vilipende l’actuel gouvernement de vouloir y apporter une réponse.  Il en est de même de certains politiciens sur l’autre rive de la rivière des Outaouais  qui déchirent leurs chemises contre un Québec sectaire, intolérant et ségrégationniste, rien de moins.

Rappelons à quelques “canadians“ experts en “Québec bashing“ (note 2) que la première synagogue canadienne a été construite à Montréal en 1768. Qu’Ezechiel Hart, juif de confession, a été élu député de Trois-Rivières à la Chambre de l’assemblée du Bas-Canada (le Québec d’aujourd’hui) en 1807 et qu’en 1831, en grande partie grâce aux demandes répétées des Canadiens français, les Juifs ont obtenus la pleine émancipation politique, vingt-cinq années avant que le Royaume-Uni et les autres territoires britanniques ne leur accordent les mêmes droits.

Rappelons que Jackie Robinson a été le premier noir à jouer au baseball dans la Ligue Nationale aux USA et qu’il a été avant un joueur vedette avec les Royaux de Montréal.  Que Jean Alfred, d’origine haïtienne a été élu député de Papineau en 1976 pour le Parti Québécois et que l’actuel ministre de la culture et des communications du Québec, Maka Kotto, est né à Douala au Cameroun. Ce ne sont que quelques exemples.  Sectaire, intolérant, ségrégationniste le Québec.  Il faudrait peut-être que les Justin, Stephen et Thomas de ce monde relisent leur histoire.  Ils pourraient en plus méditer le proverbe  de Gabriel Meurier datant de 1568 : “les donneurs de leçons ne sont pas les payeurs“.  Il faut se méfier d’une droite qui se complaît à donner des leçons. (B.F. – Le 31 août 2013/La Voix de l'Est - Le 11 septembre 2013)

Note 1 : http://quebec.huffingtonpost.ca/sophie-berube/gauche-caviar-droite-baloney_b_3831756.html

Note 2 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Québec_bashing