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Analyse sociale et politique
   Accueil            31.08.2012 - En a-t-on vraiment de besoin ?

En a-t-on vraiment de besoin ?

Les partis politiques, toutes idéologies confondues, nous le promettent.  Qu’ils soient de gauche, du centre, de la droite et même de la droite extrême, cette promesse traîne dans le paysage depuis très longtemps.  Toutes les familles, toutes les personnes en auront un dans un an, d’ici quatre ans, un de ces jours selon nos apprentis politiciens..  C’est une promesse qui fait du millage, qui est très “émotionnelle“.  Si vous suivez le développement socio-sanitaire du Québec : cette situation aurait pu être résolu, il y a quarante ans.  Mais la volonté, la vision et une planification éclairée  ne sont  pas l’apanage et la qualité première de notre classe politique.  Pourquoi faire simple lorsque l’on peut tout compliquer : UN médecin de famille pour tous et toutes : promesse qui “pogne“ durant une campagne électorale.

Claude Castonguay qui est considéré comme le père de notre système de santé avait prévu et surtout résolu cette problématique.  Par la mise sur pied d’une première ligne médicale ; tous les citoyens du Québec avaient accès à une telle ressource : le réseau des CLSC, devait répondre à ce besoin.  Plusieurs CLSC ont proposé un tel programme.  D’autres ne l’ont pas fait et depuis, nous sommes toujours à la recherche du médecin tant espéré.  Des solutions maisons, bidons ou loufoques voient le jour.  Pour certains, le salut est dans le privé, pour d’autres ce sont les groupes de médecine familiale (GMF) ou des coopératives de santé.  Aucune de ces formules n’assure une réponse satisfaisante.

Un médecin est nécessaire dans une période de crise, pour le renouvellement d’une prescription, ou dans la phase aïgue d’une maladie.  Dans ce sens, la proposition de Claude Castonguay assurait une réponse universelle et gratuite à tous les citoyens.  À ne pas négliger, cette solution avait aussi l’avantage de désengorger les urgences des hôpitaux.

C’est vrai que le Québec peut compter sur un bassin comptable de médecins.  Par tête de pipe, il y a assez de médecins, c’est mathématique.  Encore faut-il qu’ils fassent ce pourquoi ils sont payés.  Les infirmières, les pharmaciens et tous les autres professionnels de la santé  sont-ils utilisés d’une façon adéquate ? 

Le corporatisme médical nuit-il plus qu’il aide à une prise en charge des patients potentiels ?  Le débat est toujours évacué.  Claude Castonguay l’a affronté sans succès, son premier ministre ne l’a pas soutenu.  Marc-Yvan Côté a été “flushé“ par le même premier ministre. Jean Rochon a été confronté au déficit zéro de son premier ministre.  Nous nous retrouvons toujours à la recherche d’une réponse, ce qui laisse place à toutes les improvisations. 

Nous pouvons affirmer, sans gêne, que le système de santé québécois  répond bien globalement à la population.  Le problème se situe sur son incapacité à répondre aux besoins de la première ligne, c’est-à-dire d’avoir un accès rapide à un médecin.

La formule telle que proposée par monsieur Castonguay  devait répondre à ces besoins particuliers.  Nous avons besoin d’un médecin à un moment précis. Alors…

Au lieu de prévoir une nouvelle commission d’enquête, au lieu de s’enliser dans une formule mathématique à la Einstein, il serait plus approprier de relire les recommandations contenues dans le Rapport Castonguay publié au début des années1970 et d’appliquer ses propositions.  Les propositions faites à cette époque sont encore d’actualité.  Nous pourrions aussi en profiter pour relire les passages concernant les services aux personnes âgées.  Là aussi, les avenues sont tracées pour un mieux-être de cette population. 

Mais encore faut-il que le prochain ministre de la santé et des services sociaux soit assez humble et ne veuille pas laisser son nom sur une quelconque loi hybride.

Retenons que les boutons à quatre trous ont été inventés en 1854 par Alexandre Massé. (B.F. – Le 31 août 2012/La Voix de l'Est - Le 4 septembre 2012)