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Analyse sociale et politique
   Accueil            31.05 2013 - Faut-il s'en surprendre ?

Faut-il s’en surprendre ?

Le 27 mai dernier, je publiais sur Agora Vox  un texte ayant pour titre La France, mère partie ? (note 1)  J’interpellais mes cousins de France qui s’apprêtent à adopter une législation  qui leur permettra de suivre une formation dans la langue de Shakespeare dans les universités françaises. 

J’ai eu droit à quelques réactions, je m’y attendais.  Mais toutes les réactions, je m’y attendais un peu moins, blanchissent la France d’adopter une telle orientation : la France ne fait que suivre la parade me dit-on, la mondialisation l’oblige à agir ainsi.  C’est le style “Tout le monde le fait, faites le donc“, sans oublier les éternels clichés sur la parlure québécoise.  Un peu plus, j’aurais eu droit aux Indiens avec les plumes et à la cabane en bois rond.

Il ne faut en rien et jamais mettre en doute une quelconque décision française.  Les péquenots, que nous sommes, ne comprennent rien et ne peuvent élever la voix contre la sage, l’absolue et l’éclairante orientation prise en France.  N’en jetez plus, la cour est pleine. 

C’est là et toujours là, la légendaire prétention française : on ne peut mettre en doute leurs décisions.  Comme le disait un illustre personnage : “JE suis la Voix, la Vérité, la Vie“. L’humilité n’est pas la qualité première des habitants de l’Hexagone. Ils ont une estime exagérée de leur soi-même.  L’expression de  Louis XV “Après moi, le déluge“ est toujours d’actualité dans l’inconscient des Français. Leur Révolution n’aura servi à rien. Depuis ce temps, ils sont à la recherche d’un nouveau monarque. Dans le fond d’eux-mêmes, ils doivent regretter d’avoir zigouillé Louis XVI.  Le Général pendant la période de l’après-guerre  leur a permis un certain rayonnement, mais ils l’ont “démissionné“.  Ne sachant trop, ils ont été à droite, à gauche, mais dès le lendemain, ils sont à regretter leur choix.  En 2017, ils se donneraient à l’extrême droite qu’il ne faudrait pas s’en surprendre. 

 La France en théorie, c'est un seul peuple, une langue, un territoire, des valeurs et une désorganisation institutionnelle.  Éric Besson, qui fut socialiste dans une autre vie avant de se rallier à Nicolas Sarkozy, a déjà déclaré que “la France s’enfonce encore un peu plus dans le grand n’importe quoi“.  Depuis quelques années, la France et ses habitants font parler d’eux. Le tout a commencé par leur débandade à la Coupe du Monde en Afrique du Sud. Ils râlent après la neige et le froid qui leur tombent dessus. Ils manifestent contre le mariage “gay“.  Ils sont incapables d’élire un chef à l’UMP sans magouiller sur le processus. Ils tergiversent sur la notion de la citoyenneté.  Ils s’emballent contre Madame Merkel et l’Allemagne. Ils font face à une crise financière qui les approche de l’abîme.  Les “35 hres“ et l’âge de la retraite semblent insolubles. Sans oublier quelques dossiers qui traînent en longueur : l’Affaire Tapie, l’Affaire Bettencourt, l’Affaire Karachi.  Pour s’amuser, ils ramènent le débat sur le cumul des mandats électifs.  À eux seuls, ils font  les nouvelles télévisées.  Et pour se distraire, ils se permettent d’intervenir dans des conflits d’ailleurs : au Mali, en Syrie.  Ils sont increvables nos cousins Français. 

Et maintenant si la langue française est en perte de vitesse, la faute incombe au Québécois, aux Wallons et aux Suisses romands.  En affirmant que l’Afrique serait le réservoir protecteur de la langue française, mais là comme ailleurs l’anglomanie fait des gains,  ils laissent à d’autres une de leur responsabilité. 

Loin de moi de nier la nécessité de  connaître et de parler plusieurs langues, l’anglais entre autres.  Ce n’est pas une raison d’abdiquer son rôle d’être le principal promoteur de la langue de Molière. Face à cet abandon, la France est en train de revivre ce que leurs ancêtres gaulois ont vécu… FIN DES ÉMISSIONS.  (B.F. – Le 31 mai 2013)

Note 1 : http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-france-mere-partie-136359