hda-québec.com
Analyse sociale et politique
   Accueil            31.03.2014 - Il y a un mais...

Il y a un mais…

Pour une rare fois, je suis du même avis que le bon Dr Couillard: ce n’est pas parce je vais quelques fois par année aux USA,  que je suis d’accord avec la peine de mort. C’est évident.  Mais… Un appât du gain, peut-il cacher un schème des valeurs détraqué, ambigu ou  à tout le moins douteux. Faire de l'argent et toujours plus, voire faire de l'argent avec de l'argent. Ça se rapproche de la vanité et du divertissement. “Mieux vaut être riche et en santé que pauvre et malade“ disait Yvon Deschamps.

Dans le cas de ce bon docteur, se peut-il que l’appât du gain et son schème de valeurs se confondent ?  N’a-t-il pas négocié sa première sortie politique, lorsqu’il était toujours Ministre de la santé et des services sociaux, dans le gouvernement de John James, avec une grande organisation oeuvrant dans le domaine de la santé ?

Les valeurs sont des idées selon lesquelles un individu recherche le partage, la liberté et la diffusion d’un savoir qui sont le fondement d’un vivre en harmonie dans une société.  Les valeurs sont les assisses d’une civilisation.  L’appât du gain s’apparente à la mauvaise foi et montre généralement une ignorance crasse de la réalité. Se peut-il que le jugement du bon docteur lui aie faussé compagnie en quelques occasions ?

En politique, surtout pour une personne qui ambitionne d’être un Premier ministre,  l’apparence d’un conflit d’intérêts est aussi dramatique que le conflit d’intérêts lui-même. La démonstration n’est plus à faire depuis longtemps.

Que le bon docteur ait gagné des sous pour mieux vivre, c’est humain.  Qu’il ait  transféré ses sous dans un paradis fiscal, à la limite ça peut se défendre: légal mais illégitime.  Qu’il ait fait son oeuvre humanitaire, bien rémunéré, dans une des pire dictature de la planète, c’est questionnable. Appât du gain  et conflit d’intérêts se côtoient dans son cheminement de carrière. Au baseball, nous dirions qu’il a deux prises contre lui.

Faut-il nous rappeller que le Royaume de l’Arabie Saoudite est considéré comme une dictature prônant un intégrisme pur et dur.  Que ce Royaume ne s’enfarge pas dans les principes de l’égalité entre les hommes et les femmes.  Que ce Royaume commandite et abrite ouvertement des groupes terroristes.  Que ce Royaume parraine des guerres civiles dans ses pays  voisins.  Ce Royaume bénéficie d’une impunité à l’égale de sa richesse.  Pour beaucoup de journalistes internationaux, le Royaume de l’Arabie Saoudite est le Royaume des ténébres et surtout un allié indéfectible des USA. 

Les journalistes ne peuvent avoir de visa pour l’Arabie Saoudite, une journaliste s’est fait passer pour une touriste afin d'être en mesure d'y mener une enquête.  Ses conclusions :  ce Royaume est une dictature monarchique absolutiste rétrograde, un pays de la charia, de la torture systématique des opposants, de la corruption généralisée, des assassinats ciblés, de l'esclavage des travailleurs immigrés.  Rien de bien nouveau sous le soleil.

C’est dans cet environnement socio-politique que notre bon docteur a passé une partie de sa vie professionnelle.  Nous sommes loin de la coopération internationale traditionnelle dans les pays en voie de développement. Nous pouvons nous demander si c’est dans ce Royaume que lui est venu son intérêt pour la politique ?  Est-ce un tel modèle qu’il tenterait d’appliquer au Québec ?  Si son passé est garant de notre avenir, nous pouvons commencer à nous inquiéter. 

Son ambivalence sur le chartre de la laïcité, son peu d’empressement pour la protection et la défense de la langue française, son attachement à la Confédération canadienne nous font douter, encore plus, de son jugement politique.  Saint Mathieu n’a-t-il pas dit : “On juge un arbre à ses fruits“.  Notre récolte risque d’être désolante

Un autre docteur en médecine, Gustave Le Bon, a déclaré au 19e siècle :  “En matière de prévision, le jugement est supérieur à l'intelligence. L'intelligence montre toutes les possibilités pouvant se produire. Le jugement discerne parmi ces possibilités celles qui ont le plus de chance de se réaliser“.  (B.F. – Le 31 mars 2014)