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30.10.2002 - Ils méritent un prix POTICHE

À la période de l'année où tous les réseaux de télévision se disputent la présentation de galas : Gémeaux, ADISQ, etc..., il me semble approprié de distribuer certaines mentions de déshonneur et de décerner certains pots ou certaines potiches.

Le premier prix POTICHE revient aux cinq  conseillers du conseil municipal de la Ville de Granby qui ont voté pour mettre fin à l'existence de la Corporation de développement commercial de Granby.  En cessant de subventionner le commissariat commercial, cette majorité de conseillers ont démontré une ouverture d'esprit et une vision de l'avenir à la fine pointe du développement du 19ième siècle, et encore.  Nous devons les féliciter pour cette économie de 140,000$ qui ramènera Granby au statut de bourgade autoroutière où les touristes s'arrêteront pour voir les animaux du Zoo et les autochtones de la place.  Certains dinosaures auront gagné leur pari.  Ce n'est pas à New-York que le directeur général devait aller, c'est à Neuchâtel en Suisse, à Baden-Baden en Allemagne, à Obernai en Alsace ou à Annecy en Haute-Savoie qui fallait l'envoyer.  Alors il aurait été témoin oculaire de ce font des villes de la dimension de Granby pour promouvoir leur centre-ville et la vitalité commerciale de leur communauté.  Mais notre conseil municipal s'est enferré dans sa promesse rétrograde de ne pas augmenter le taux de taxation pour les prochaines années.  Ce qui fait en sorte qu'au lieu de se développer, nous vivrons un recul important.  Mais nous pourrons toujours nous dire que nous avons le taux de taxation le plus bas de "l'ex-pays le plus meilleur du monde".

Le deuxième prix POTICHE revient aux responsables du secteur tourisme du CLD de la Haute-Yamaska qui ont pris la décision de fermer le kiosque touristique du centre-ville (coin Principale et Robinson).  Ce n'est pas de le fermer qu'il fallait décider, mais bien plus d'y ajouter les ressources pour que ce kiosque étende son rayonnement.  Comme le soulignait Valère Audy, dans La Voix de l'Est du 16 octobre dernier, Granby est une ville et non un village.  La ville de Granby s'est bâtie une réputation de ville touristique, alors c'est quoi la logique de réduire les services d'un secteur névralgique de la ville.  Prétendre que les gens ont tous accès à Internet ou qu'ils fréquentent tous une piste cyclable est très limitatif.  Un kiosque touristique dans un centre-ville est la moindre des vitrines qu'une ville doit avoir.  C'est un carrefour indispensable pour la diffusion de l'information.  Toutes les villes et tous les villages ayant un caractère touristique développent et facilitent ces accès de visibilité.

Dans la même ligne de visibilité, avez-vous essayé de dénicher des cartes postales représentatives de Granby ?  Bonne chance dans vos recherches, vous en trouverez bien 5 ou 6, la plupart étant passée date.  Soulignons seulement que l'Abbaye de Saint-Benoît-du-Lac, qui n'est pas une ville ou un village, présente une série de 22 cartes postales de son site.  La petite ville de Saint-Rémi de Napierville (plus ou moins 4,500 habitants) qui n'a rien d'une ville touristique offre 14 cartes postales différentes.  Et là, nous faisons abstraction de tous les autres articles promotionnels affichant les couleurs et les charmes de Granby : assiettes, épinglettes, chandails, affiches, etc... Nous appelons ça, investir dans le développement de sa communauté.

Le troisième prix POTICHE revient au conseil municipal de Granby et au conseil municipal du Canton de Granby qui se demandent encore le pourquoi et le comment d'une nécessaire fusion entre les deux villes.  C'est un corollaire du premier prix POTICHE, il faut attendre le temps.  Pourquoi faire simple lorsque l'on peut tout compliquer, semble se dire nos dignes représentants.  Un petit comité d'étude avec ça... et vogue la galère.

Un quatrième prix POTICHE est décerné au maire de Granby qui réussit à s'absenter régulièrement des assemblées de la MRC de la Haute-Yamaska.  La Ville de Granby est une ville-centre, donc la Ville de Granby se doit d'être la locomotive de la région.  Et le maire n'a pas le temps de siéger assidûment à cette instance.  Un petit comité d'étude pourrait peut-être évaluer la planification du temps du premier représentant de la Ville de Granby.

En conclusion, en lisant les manchettes de La Voix de l'Est et des hebdomadaires de la région, il y a un fil conducteur qui semble se dégager depuis trop longtemps : la visibilité et le dynamisme de la Ville de Granby se rapetissent.  Nous en sommes rendus à gérer la ville comme si ce n'était qu'un simple dépanneur de quartier et ici je ne veux pas faire insulte aux propriétaires des dépanneurs, beaucoup d'entre eux ont une vision avant-gardiste du développement.  Comme dirait l'autre, on attend quoi... l'inspiration du Saint-Esprit !!!  (B.F. - Correctement incorrect - La Nouvelle Revue - Le 30 octobre 2002).