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Analyse sociale et politique
   Accueil            30.05.2009 - Des bouffons aux clowns

30.05.2009 - Des bouffons aux clowns

La classe politique, toutes formations et tous paliers confondus, prend vraiment les citoyens pour des valises. Dernièrement je disais que nos premiers ministres (fédéral, provincial), qu’un ex-premier ministre fédéral et que le maire de la plus grande ville du Québec personnifiaient les bouffons du roi de jadis.  Le bouffon  étant celui qui fait rire par ses facéties; et le burlesque continue, c’est le moins que nous puissions dire.  De jour en jour, les médias nous inondent des dernières rigolades concoctées par nos bouffons en chef. Et les spécialistes, chroniqueurs, lignes ouvertes commentent le triste spectacle d’une classe politique en panne d’imagination créatrice.  Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu pour mériter ça ?

Après les bouffons en chef qui nous turlupinent depuis longtemps, nous avons maintenant droit  aux clowns de service.  À Québec, une ministre ayant comme mandat la qualité de vie des aînées annonce le plus sérieusement du monde et sans rire,  que la réponse  au mieux-être des “p’tits vieux“ est la mise sur pied d’un programme dispensé par des guignols professionnels; c’est sa trouvaille du siècle.  Un collègue de la ministre responsable des guignols danse le cha-cha : un pas en avant, deux pas en arrière; je ne paie pas, je paie, je paie tout et même plus.  Ajoutons à ces facéties les pertes de 40 milliards de la Caisse de dépôt et placement du Québec dont personne n’est responsable; l’équilibre budgétaire de notre ex-ministre des finances qui s’est transformé en déficit de 3,4 ou 5 milliards; la valse hésitation du CHUM et la nouvelle crise sur les traitements du cancer.  Et ce n’est pas exhaustif comme inventaire des ratés d’un gouvernement qui voulait avoir deux mains seulement sur le volant.  Nous aurons à l’endurer jusqu’en 2012, minimum.

Dans l’arène fédéral, un ministre des finances, à bout de ressources, tente de convaincre une population crédule, qu’en six mois, notre beau pays “coast to coast“ est passé d’une absence de récession à un déficit de 34 milliards. À bien y penser, ça sera  50 milliards et peut-être plus : c’est dix zéros après le 5 et avant le point.  Mais consolons-nous, qu’il dit, il y a pire sous le soleil.  Un de ses brillants collègues annonce que la contrebande de cigarettes fait perdre 2 milliards en revenu annuellement aux divers paliers de gouvernement: ou  il voyage en avion du Lac Saint-Jean à Ottawa ou bien il vient de se réveiller.  Il va corriger le tir d’ici belle lurette.  Mais son gouvernement à délivrer je ne sais combien de permis aux réserves autochtones pour la production de cigarettes.  Une de leurs collègues, moins connue du grand public, annonce solennellement que son gouvernement  privatisera un des fleurons du Canada, Énergie Atomique du Canada.  Mais elle nous assure que le volet recherche restera sous la responsabilité de son gouvernement : c’est  vendre ce qui est le plus  payant à des entrepreneurs privés et  garder ce qui nous assure des pertes éternelles. C’et le credo de ce gouvernement, à droite toute.

En bout de ligne, comme Canadiens et Québécois, nous nous retrouvons avec une perte sèche de plus ou moins 100 milliards en six mois, nous perdrons un de nos fleurons et les prochaines années ne s’annoncent pas plus rigolote. 

Après avoir écouter nos émissions favorites à la “tivi“ nous aurons droit, au Téléjournal à la SRC ou au 22 heures à TVA, aux meilleurs bouffons et clowns que jamais le Cirque du Soleil ne pourra se payer.  Mais consolons-nous, il y a pire sous le soleil ! (B.F. – Le 30 mai 2009/La Voix de l’Est – Le 2 juin 2009)