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Analyse sociale et politique
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30.01.2009 - Un système renouvelé... pas tant que ça ! 

Officiellement, au Canada nous sommes en récession depuis quelques semaines.  Ça pris quelques mois aux chantres du néo-libéralisme et du laisser-faire, dont notre cher premier ministre fédéral pour s'en rendre compte.  Sa suffisance  nous a fait vivre une crise politique inédite.  La confiance envers son gouvernement de suspecte  est devenue aujourd'hui inexistante. Son indécision nous fait entrer dans  une crise sociale d'une ampleur exceptionnelle.  L'ensemble des couches sociales lutte depuis plusieurs mois pour s'assurer un mieux-vivre et pour plusieurs pour survivre tout simplement. Le niveau de vie général baisse tandis que les nantis se gavent. L'appauvrissement s'installe à demeure.

Les salaires et les pensions stagnent tandis que les pertes d'emploi s'additionnent.  Les nantis ont droit à des primes de séparation ou des parachutes indécents et les nouveaux travailleurs licenciés ont droit à cinq maigres semaines supplémentaires de protection.  Et en même temps le compagnies pétrolières rackettent les consommateurs et annoncent des profits records. Les gouvernements poussent même l'audace à tenter de convaincre les bons peuples qu'il s'agit tout simplement de redéfinir, de resserrer les contrôles  sur le système capitaliste et que dans  3, 4 ou 5 ans nous aurons à nouveau des lendemains qui chantent.  C'est la bonne vieille recette de faire du neuf avec du vieux.   Depuis plusieurs décennies, la tendance du capitalisme est d'être chaque jour un peu plus destructeur.  Les Sarkozy, Brown, Harper et Berlusconi de ce monde veulent nous faire croire qu'ils ont une potion magique pour corriger ses excès et l'amender. Et il faut les croire sur parole.

Faut-il rappeler que le capitalisme industriel, financier c'est l'exploitation sauvage et impitoyable de milliards d'hommes, de femmes et d'enfants.  Que ce système a été et est défendu par une armée bien-pensante de gourous et de beaux parleurs  qui tentent de convaincre les bons peuples que les reculs que nous subissons régulièrement pavent la voie à une meilleure redistribution de la richesse dans la semaine des quatre jeudis.

Nous  sommes aussi confrontés à une  forme insidieuse de domination du système capitaliste : assujettir le bon peuple que nous sommes par l'illusion de sa liberté.  Nous ne pouvons plus éviter la question du changement de système et de reformuler de nouvelles règles du jeu.  Il nous faut de manière lucide et déterminée, condamner  les  dérives économiques du système capitaliste. Aujourd'hui, défendre les valeurs de la vie, de la culture, préserver la nature, l'égalité des sexes, défendre l'intégrité de la personne, la promotion de l'individu, c'est faire de l'anticapitalisme.  Osons le débat de fond, n'écartons aucune question.  Ces questions ne peuvent plus être résolues dans des rencontre à huis clos par ceux-là mêmes qui nous ont mené à la catastrophe.  Il faut avoir l'audace de proposer de nouvelles voies.

Il faut aussi constater la ruse du système capitaliste  qui consiste à valoriser l'ambition et la réussite individuelle pour mettre en pièce la solidarité sociale. Cette course au "me, myself and I"  a été soutenue par un besoin de consommation débridé et par l'obtention du  plaisir immédiat.  Et nous voyons les résultats, faut-il en faire la description ?

Le système capitaliste ou le néo-libéralisme n'est pas la seule voie.  À NOUS individuellement et collectivement à faire les remue-méninges pour renverser la tendance.  Ne rien faire nous assure que dans dix ou vingt ans nous referons les mêmes réflexions. (B.F. - Le 30 janvier 2009/La Voix de l'Est - Le 6 février 2009)