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Analyse sociale et politique
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3.02.2010 - Vous connaissez Jim Prentice ?

Non, ce n’est pas un nouveau joueur que les Maple Leafs de Toronto ont acquis dans leurs dernières transactions.  Son père a déjà joué dans la Ligue Nationale de Hockey, mais pas lui.  Dans la vie de tous les jours, il  joue pour le Parti conservateur à Ottawa comme député de Calgary Centre-North.  Si ce n’était que son seul emploi du temps, il laisserait beaucoup de monde indifférent, quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse.  Mais en plus de son rôle de député représentant l’Alberta, il est le ministre  de l’Environnement du Canada.  Et c’est dans ce rôle que nous pouvons admirer  son petit côté mesquin.  Déjà au Sommet sur le climat de Copenhague en décembre 2009, il n’avait pas brillé de tous ses feux où il devait défendre le dossier canadien sur le réchauffement climatique.  Au nom du Canada, ou plutôt au nom de son gouvernement,  il portait le bonnet d’âne au vu et au su de la planète. 

Non content de nous faire ridiculiser  par les prétentions de ce porte-parole sur la scène internationale, il récidive en disant que la réglementation du Québec devant imposer des normes strictes pour réduire le gaz à effet de serre aux constructeurs automobiles était un des plus flagrants exemples   de la “sottise“.

En accusant le Québec, il accuse quinze états américains, dont la populeuse Californie qui est l’instigatrice de cette réglementation, ainsi que la Colombie-Britannique, le Manitoba, l’Ontario, les provinces maritimes qui s’apprêtent à emboîter le pas à cette réglementation.  Ça fait pas mal de monde qui manque de bons sens, de jugement et qui s’inscrivent tous dans cette sotte action de vouloir contrôler les gaz à effet de serre.

Le Parlement canadien étant en lock-out par la volonté de notre premier ministre “canadian“,  les trois partis de l’opposition, en dehors de la Chambre des communes,  ont spontanément et unanimement dénoncé la déclaration de ce ministre.  Les ministres du gouvernement québécois, le premier ministre Charest en tête, ont vilipendé ce ministre qui s’affuble du titre “d’honorable“.  Les groupes écologistes en ont fait de même.  Même l’éditorialiste en chef et un chroniqueur du journal La Presse, pourtant des porte-étendards de la bien-pensance néo-libérale, ont fustigé cette affirmation en la déclarant tout simplement RIDICULE. Par contre, certains sous-fifres québécois du gouvernement conservateur n’ont pas trouvé mieux que d’affirmer que la prise de position de leur collègue  alimentait le débat : un débat qui se fait sur le dos du Québec.  Les Cannon, Paradis, Verner, Blaney, Blackburn, Bernier, Boucher, Généreux, Gourde, Lebel, Petit  qui sont censés représenter et défendre les intérêts du Québec dans ce gouvernement minoritaire sont tout bonnement rentrés dans leurs clapiers.  Ils n’ont même pas osé faire “couac“.  Comme le dit le dicton “avec des amis comme ça, on n’a pas besoin d’ennemis“.

Cette sortie intempestive d’un ministre néo-conservateur s’inscrit plutôt comme un autre épisode de “Québec bashing“  si cher à une certaine caste anglo-saxonne rejetant tout simplement ce qui prend origine au Québec. Pourtant le 27 octobre 1995, lors du “love-in“, ils sont venus nous dire qu’ils nous aimaient et souhaitaient que nous restions “canadian“. 

“Canadian“ voulant dire pour eux : un Québec obéissant et reconnaissant de toutes leurs bontés. Un Québec où les Boisvert deviendront des Greenwood, les Leblanc des White, les Lapierre des Flintstone. (B.F. – Le 3 février 2010/La Voix de l’Est – Le 4 février 2010)