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Analyse sociale et politique
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3.01.2010 - Ma tête de Turc* favorite

Ce n’est pas gentil pour les habitants de la Turquie, mais cette expression a vu le jour au XIXe siècle et elle décrit très bien ce qu’est notre premier ministre “canadian“.  Comme politicien, ou plutôt comme “politicailleur“, il représente tout ce qu’il y a de plus réactionnaire, rétrograde et empesé.  Il me semble que le Canada n’ait jamais connu un premier ministre aussi réac. Après avoir connu les Lester B. Pearson, P.E. Trudeau et même Brian Mulroney ou Jean Chrétien, nous pouvons affirmer  que le Canada n’aura jamais eu à sa tête  un premier ministre si peu inspirant.  Et nous le subissons depuis janvier 2006.  Selon les experts et les commentateurs de la scène politique fédérale, il passerait l’année 2010 au pouvoir : notre calvaire se poursuivra donc.

Il est né politiquement, en même temps que le “Reform Party“, il en était un des idéologues.  Parti populiste et régionaliste qui avait  ses appuis dans les provinces de l’Ouest, surtout en Alberta.  Parti qui est devenu au tournant de l’an 2000 l’Alliance canadienne pour finalement conquérir le Parti progressiste-conservateur et le transformer en un Parti conservateur qui n’a plus rien à voir avec l’ancien parti de Brian Mulroney et Joe Clark.  Ce nouveau Parti conservateur qui n’est plus progressiste, sous la férule de son chef, est à droite, toujours plus à droite.  En se gardant une petite gêne, on ne peut pas encore  comparer ce parti au Front national de Jean-Marie Le Pen, mais à tout  le moins, son chef  est devenu un George W. “canadian“. 

Il a été élu avec 36,3% des voix en 2006 et 37,6% des voix en 2008 à la tête de gouvernements minoritaires.  Ajouté à ces faibles taux d’appui des électeurs, il faut souligner les records de faiblesse au niveau des taux de participation de la population aux deux dernières élections : 64,7% en 2006 et un faible 59,1% en 2008, un record de tous les temps.  Jamais une élection n’aura suscité si peu d’intérêts auprès des électeurs.

Il se maintient au pouvoir, grâce à la complaisance de partis d’opposition qui plus souvent qu’autrement renient leurs propres convictions fondamentales et, en prorogeant  le Parlement au gré de ses fantaisies, de préférence à la période des Fêtes de fin d’année lorsqu’il sent que les débats se corsent.  Nous l’avons souligné à plusieurs occasions, la diversion est l’arme de destruction massive favorite de notre premier ministre “canadian“. 

Sur la scène internationale, il a fait perdre toute la crédibilité dont le Canada pouvait jouir depuis Lester B. Pearson.  Le Canada est tout au plus considéré comme le caniche des États-Unis et sa place à l’intérieur du G8 pourrait être remise en question dans la prochaine année.  La Chine et le Brésil représenteraient beaucoup mieux la nouvelle réalité mondiale. 

Sur la scène nationale, ses propos ressemblent plus à des ronronnements linéfiants qu’à une vision dynamique de l’avenir.  Sur le plan budgétaire, il nous ramène quinze ans en arrière.  Sur le plan de l’environnement, c’est la nullité absolue et sur le plan social, il valorise le droit et l’ordre style “preacher“ américain.

L’Égypte a eu ses dix plaies, le Christ est tombé trois fois, nous pouvons souhaiter que notre premier ministre suivra la piste de Saul de Tarce.  Il nous est permis de rêver.  S’il n’y a pas de lumière au bout de notre tunnel, vivement Youppi ou Badaboum, ou même JoJo Savard. (B.F. – Le 3 janvier 2010/La Voix de l’Est – Le 5 janvier 2010)

* S’il faut en croire le Grand Robert, l’expression n’a pas grand-chose à voir avec les Turcs. La tête de Turc, peut-on y lire, était une “sorte de dynamomètre sur lequel on s’exerçait dans les foires en frappant sur une partie représentant une tête coiffée d’un turban“. C’est ainsi qu’être la tête de Turc ou servir de tête de Turc est devenu synonyme de “être sans cesse en butte aux plaisanteries, aux railleries“.