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29.08.2009 - Notre tartuffe

“Le Tartuffe ou l’Imposteur“ est une comédie en cinq actes que Molière a présenté la première fois au château de Versailles le 12 mai 1664.  345 ans plus tard au Canada “coast to coast“  nous avons droit à un sixième acte, écrit, mis en scène et interprété par notre premier ministre “canadian“.

Depuis le 23 janvier 2006,  il ne cesse de parodier la célèbre comédie de Molière qu’il transforme trop régulièrement en un burlesque, qui plus est, de mauvais goût.  Nous savons tous qu’il représente  une circonscription de l’Alberta, la patrie des rodéos et des cowboys, qu’il a ses assisses politiques profondément ancrées dans l’ancien “Reform Party“, qu’il a transformé le Parti Progressite-Conservateur de Joe Clark et Brian Mulroney  en ne gardant que le mot conservateur, qu’il est obnubilé par la loi et l’ordre, qu’il  n’a jamais vu venir la récession actuelle,  qu’il vilipende le protocole de Kyoto, qu’il veut abolir à tout jamais le registre des armes à feu, qu’il a fait de sombres coupes dans la culture, qu’il tente d’asphyxier CBC/Radio-Canada  par d’autres coupures,  qu’il cultive l’art des publicités négatives, qu’il a promis ad nauseam transparence, rigueur, sobriété pour son gouvernement, qu’il a mis le Parlement en lock-out en décembre 2008, qu’il a décrié haut et fort, dans un temps jadis,  les nominations partisanes des précédents gouvernements et surtout qu’il a promis d’y mettre fin. 

Et que fait-il le 27 août de l’an 2009 ?  Il s’empresse à procéder à de multiples nominations partisanes au Sénat canadien, institution archaïque s’il en est une, en emballant le tout avec la nomination de monsieur Jacques Demers pour camoufler son geste, pour amadouer l’électorat québécois et le plus simplement du monde en  reniant ses précédents engagements.  Tout en affirmant, sans broncher, que ces nominations sont indispensables pour lui faciliter  l’application d’éventuelles lois inspirées par son crédo néo-conservateur à la sauce “Reform Party“.  C’est à nous faire regretter les gouvernements Chrétien d’il y a quelques années.  Au moins,  le “p’tit gars“ de Shawinigan pouvait nous faire rire de temps en temps.

Digne émule de Ronald Reagan, de Margaret  Thatcher et de l’ineffable  George W., notre premier ministre “canadian“ via sa propagande subliminale répétitive risque même, selon certains sondages,  d’être reporté au pouvoir. 

Se pourrait-il qu’en plus de la grippe H1N1, de la guerre en Afghanistan, de la saga Omar Kader, de la crise des isotopes, des bavures créées sur le statut de citoyens canadiens incapables de revenir dans leur pays nous ayons à vivre  un septième acte  de la comédie de Molière qui tourne au mélodrame ?  Et si en plus, la nouvelle mouture du Canadien de Montréal devait tourner au vinaigre, les prochains mois d’hiver  s’annoncent lancinants et “pénnnnnniiiibles“. 

Dans la mythologie ancienne, l’Égypte a vécu de sombres châtiments, on peut relire une partie de la Bible pour se documenter (Exode 7 :14-25 ; 8 :1-25 ; 8 :16-19 ; 8 : 20-32 ; 9 : 1-7 ; 9 : 8-12 ; 9 : 13-35 ; 10 : 13-14,19 ; 10 : 21-29 ; 12 : 29-36) ;  ou bien, plus près de nous, le roman de Bryan Perro dans sa série d’Amos Daragon, “La colère d’Enki“ écrit en 2004.  En trafficotant la pièce de Molière, notre premier ministre “canadian“  nous amène langoureusement mais sûrement vers SA terre promise située à droite non loin d’ailleurs au milieu de nulle part.

En espérant que ce mauvais rêve qui dure depuis plus de 43 mois prenne fin avec l’arrivée des premières neiges.  Le Canada qui est toujours mon pays et où je paie passablement d’impôts et de taxes mérite mieux.  Nos voisins américains ont  procédé à un grand coup de balai en novembre 2008.  Se pourrait-il  qu’en novembre 2009  le Canada puisse imiter son voisin du Sud, pour une fois nous pourrions nous en inspirer.  Ils ont retourné George W. dans son Texas natal, nous pourrions retourner monsieur H. dans son royaume d’Alberta.

Michel Rocard, politicien français, déclarait il y a quelques années “La politique est dégueulasse, parce que les hommes qui la font la rendent dégueulasse“.  Rien de nouveau sous le soleil “canadian“.   (B.F. – Le 29 août 2009/La Voix de l'Est - Le 1er septembre 2009)