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Analyse sociale et politique
   Accueil            28.11.2011 - La fission politique

La fission politique

D’une quelconque façon, nous avons entendu parler de la fission nucléaire  décrite en 1938 par  Otto Hahn et Fritz Strassmann. C’est l’éclatement d’un noyau d’atome lourd en deux noyaux plus légers et de quelques particules élémentaires.  Cette explosion dégage chaleur et énergie.  Globalement nous n’y comprenons rien, et j’en suis, mais nous connaissons le résultat final: la bombe atomique fait des ravages mortels.

Par contre, il y a un autre phénomène, tout aussi dangereux, dont nous sommes les cobayes : la fission politique.  Le 2 mai dernier, “the Rest Of Canada“ a créé un noyau lourd en élisant le Parti conservateur pour diriger notre “beau, grand pays“.  Plus réaliste, le ROC a élu une nouvelle mouture du “Reform Party of Canada“ ayant une vision très conservatrice sur les plans social et fiscal.  Idéologie qui s’appuie sur la loi et l’ordre  en prêchant rigidité et  patriotisme devant  nous assurer un développement plus harmonieux.

Ce noyau lourd veut redéfinir le bien, le juste et le vrai. Le “cheuf“ à la tête de ce gouvernement n’a-t-il pas  déclaré que les valeurs de son Parti conservateur étaient les valeurs de la population canadienne et que les valeurs de la population canadienne étaient celles de son Parti conservateur : rien de moins.  Donc à la loi et l’ordre retrouvé  représentant les deux noyaux légers de SA fission, il faut ajouter  quelques particules élémentaires  appelées électrons libres qui sont lâchés dans l’atmosphère.

Le Québec,  peu participatif dans cette fission politique peut s’enorgueillir d’avoir quelques électrons libres qui font quelques ravages. Quoique risibles par leurs déclarations, ils n’en demeurent pas moins dangereux à la longue.

Premièrement, il y a un sénateur, qui au départ est une personne non élue et pistonnée par le “cheuf“ qui claironne gratuitement à tout vent la bonne parole de ses maîtres.  Pour lui,  le système judiciaire fait la partie belle aux criminels et les juges n’ont plus de jugement. S’appuyant sur on ne sait trop quoi, il rejette du revers de la main les propositions documentées et unanimes du Québec.

Deuxièmement, il y a un ministre d’État à la Petite Entreprise et au Tourisme qui souhaite vigoureusement l’abolition du registre des armes à feu et qui refuse vigoureusement tout transfert possible des données au gouvernement du Québec.

Troisièmement, il y a un ministre de l’Industrie ainsi que ministre d’État à l’Agriculture  qui annonce la création d’un comité consultatif pour étudier l’utilisation du français dans les entreprises soumises à la juridiction fédérale. Mais  en même temps, il a cautionné la nomination d’un vérificateur unilingue anglophone et d’un juge, unilingue anglophone à la Cour Suprême.  C’est ce qu’on appelle parler des deux côtés de la bouche.

Quatrièmement, il y a un ministre des Anciens Combattants, député de Lévis-Bellechasse, qui a oublié que les Chantiers Davie étaient dans son comté pour l’octroi des lucratifs contrats totalisant 35 milliards de $ pour la construction des navires fédéraux.

Cinquièmement, il y a un ministre des Transports et de l’Infrastructure qui a volé la vedette, durant les premières semaines de l’été, en affirmant et niant en même temps que le pont Champlain était sécuritaire.  On le voit et on l’entend moins depuis un certain temps.

Enfin, le dernier représentant conservateur québécois, il n’est pas ministre. Il est absent des coulisses du pouvoir.

Pour faire court, la formulation de la fission nucléaire, c’est un trait de génie ; la fission politique s’apparente à la bêtise.   La différence entre le génie et la bêtise, c'est que le génie a des limites. (B.F. – Le 28 novembre 2011/La Voix de l'Est - Le 30 novembre 2011)