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Analyse sociale et politique
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28.06.2011 - Vous connaissez Mary Anne Walkley ?

Non, ce n’est pas la candidate et la députée du NPD du comté de Berthier-Maskinongé.  Tout comme la députée, elle n’y a jamais mis les pieds.   Non, elle n’a pas voté pour notre ineffable premier ministre “canadian“.  Si elle avait pu voter, elle n’aurait sûrement  pas  supporté le Parti conservateur. Ce n’est pas non plus la dernière découverte d’un quelconque Star Académie.

Mary Anne Walkley a fait les manchettes des journaux britanniques en juin 1863. Elle est morte par simple excès de travail.  Le médecin qui a constaté sa mort déclara que la jeune femme, elle avait 20 ans, était décédée suite à de longues heures de travail dans un local pollué et demeurant dans un appartement insalubre. Il est évident que la conclusion du médecin fut jugée intempestive et déplacée.  Il est évident que les propriétaires des moyens de production, à l’époque, ont tenté de trouver mille et une autres raisons pour justifier la mort de cette jeune travailleuse.  La routine quoi…

C’était en 1863, à l’époque de la révolution industrielle.  À l’époque où le système capitaliste faisait ses premiers pas. À l’époque où la rentabilité  était la priorité absolue. À l’époque où les profits étaient en pleine orgie.  À l’époque où un juge britannique dû définir “ce qu’était le jour et ce qu’était la nuit“.  À l’époque où Karl Marx développait sa doctrine. 

150 ans plus tard, le débat persiste.  Ce n’est pas parce que l’Union soviétique s’est décomposée que les affrontements entre le capital et les travailleurs sont disparus.  Pour maximiser la rentabilité et les profits, c’est vers la Chine que se délocalisent les entreprises d’ici pour satisfaire des actionnaires de plus en plus gourmands et où les travailleurs sont muselés.   Rappelons-nous que cela avait commencé par le Japon, la Corée du Sud, Taiwan.  La Chine en attendant de trouver mieux ailleurs : le Bengladesh ou le Pakistan, par exemples.  Et pourquoi pas Haïti qui est dans notre cours arrière. Les entreprises économiseraient sur le transport; Port-au-Prince/Montréal, c’est plus court que Shanghai/Vancouver/Montréal.

Le débat persiste, disais-je.  Et il va persister quoiqu’en dise l’élite bien pensante de la grosse presse économique.  Quoiqu’en dise la classe politique qui gouverne la majorité des pays soi-disant développés.  La duperie érigée en dogme ne fait qu’un temps, l’Union soviétique étant l’exemple d’une duperie socio-politico-économique qui a implosé.  Les russes sont maintenant pris avec le bon vieux système capitaliste.  Est-ce mieux ?

Au Canada, pour susciter le débat, nous pouvons compter sur la présence de notre ineffable premier ministre et de son gouvernement.  Nous pouvons compter sur leurs prises de position et leur vision de l’avenir  qui engendrent des prises de conscience de la part des simples citoyens sur les méfaits que produisent ces visionnaires du temps passé. 

L’objectif, n’en déplaise à notre élite bien-pensante, n’est pas d’appliquer un modèle marxiste mais de provoquer la mise en place d’un système qui fera en sorte que celui –ci soit au service de l’homme au non pas l’inverse.  Utopie nous diront-ils. 

Nous pouvons leur répondre, ce qu’Henri Laborit a déjà écrit :  “Ce n’est pas l’utopie qui est dangereuse, car elle est indispensable à l’évolution.  C’est le dogmatisme, que certains utilisent pour maintenir leur pouvoir, leurs prérogatives et leur dominance“.

De toute façon, il est où le problème à essayer une chose qui n’a jamais été tentée. Oscar Wilde n’a-t-il pas déjà dit que “le progrès n’est que l’accomplissement des utopies“.  Ça ne peut être pire que la situation actuelle où la très grande majorité de l’humanité vit dans un complet dénuement. (B.F. – Le 28 juin 2011/La Voix de l’Est – Le 23 septembre 2011)