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Analyse sociale et politique
   Accueil            28.04.2014 - Réflexion post-électorale

Réflexion post-électorale

Einstein a déjà affirmé que la population avait le gouvernement qu’elle méritait.  Plus près de nous, Jacques Attali a dit que l’histoire avait tendance à se répéter.  Deux affirmations qui décrivent assez bien le paysage politique dans lequel nous nous retrouvons.  Rien de nouveau sous le soleil.  Depuis des lunes, la classe politicienne d’ici et d’ailleurs,  s’interroge sur le pourquoi de la chute de la participation des électeurs lors des élections.  Se pourrait-il que ce désenchantement soit provoqué par ceux et celles qui prétendent nous représenter ? La popularité n’est pas synonyme de compétence.  Un quelconque programme n’est pas toujours synonyme d’une vision.

Tous les partis politiques portent l’odieux de la déterioration du climat.  Le Paraître est plus important que l’Être.  Le contenant est plus important que le contenu.  Le messager plus important que le message.  Aujourd’hui, faut-il alors se surprendre que le vendeur d’autos usagés soit plus populaire que le politicien.  Au Canada et au Québec, on peut être Premier ministre alors que plus de 60% de la population ne se retrouve aucunement dans l’option ayant remportée le scrutin. C’est pourtant la réalité canadienne et québécoise.  Il y a pire ailleurs, on le sait.

Depuis plus de dix ans, je m’amuse à analyser et à critiquer l’actualité politique de chez nous et d’ailleurs:  les occasions ne manquent pas et les têtes de turc prolifèrent comme les pissenlits au printemps.

Il y a quelques années, Michel C. Auger, qui est au coeur de la vie politique  depuis l’époque des Trudeau, Lévesque et Drapeau, affirmait que les contrôles de la qualité avaient dangereusement diminués depuis.  L’actualité lui donne raison. Ces trois personnes, présentaient une vision de notre avenir, que l’on aie été d’accord ou pas avec eux.  Aujourd’hui, la population a droit à des “shows de boucane“.  Un plan  à gauche, une charte à droite et combien de promesses et d’engagements qui ne seront jamais tenus. Et la désillusion citoyenne atteint des sommets.  La population joue au parchésie: ça monte, ça descend.

C’est à se demander s’il n’y a pas une espèce de concertation entre tous les partis politiques pour épuiser la population et ainsi permettre à quelques charlatans et apprentis sorciers d’usurper un pouvoir qui n’a plus rien à voir avec le mandat d’améliorer le mieux-être des citoyens qu’ils représentent.  Cent-vingt-cinq députés à Québec;  trois-cent-huit députés à Ottawa qui pensent plus à leur réélection qu’au devenir de la société.  Et on ne parle pas du spectacle quotidien qui nous est offert. 

Montréal a son Festival Juste Pour Rire.  Québec a son Festival du Grand Rire.  TV5 nous offre Les Guignols de l’info.  Sans oublier que Gérard D. aime bien se moquer de leurs travers.  Il ne sont pas obligés d’ajouter à ces spectacles d’humour. Nous pouvons toujours regarder Les Têtes à claques sur Internet.

Pour améliorer le contenu, il leur serait approrié de lire ou de relire, s’il y a lieu, un petit bouquin dont la première édition est parue en 1991 aux Presses Universitaires de France: Aristote et la politique, écrit par Francis Wolff. 

C’est une évidence que le monde a changé depuis 2,500 ans.  C’est une évidence que la Cité d’Aristote  n’est plus la réalité du jour.    Il se peut aussi que plusieurs politiciens s’identifient plus à Machiavel, mais un retour aux sources pourrait nous éviter d’autres désillusions.  

À l’école nous apprenions qu’avant de passer à l'action, il fallait la planifer, savoir comment la diriger et finalement l’évaluer.  Force est de reconnaître que l’évaluation, ce n’est pas dans la tradition.  En lieu et place l’évaluation rime avec l’improvisation.

Quel gouvernement contredira l’affirmation  d’Einstein: la population méritant mieux que le gouvernement qu’elle a élu.  Il est permis de rêver avant de se réveiller. (B.F. – Le 28 avril 2014/La Voix de l'Est - Le 1er mai 2014)