hda-québec.com
Analyse sociale et politique
   Accueil            28.03.2014 - Qui veut choisir souvent prend le pire

Qui veut choisir souvent prend le pire.

Vous connaissez Mathurin Régnier ?  Moi, je ne le connaisais pas jusqu’au moment où j’ai fait les recherches pour la présente chronique. (note 1)  Le titre est de lui.  Ce cher Mathurin, un poète satirique,  a vécu de 1573 à 1613. On dit de lui qu’il était doué d’un rare bon sens et d’une riche imagination, qu’il a donné au langage français une précision, une énergie et une richesse nouvelle pour l’époque.  Son œuvre principal Les Satires est un recueil de satires.  Une satire est un écrit qui se moque de quelque chose d’une façon ironique.  Au Québec, le groupe Les Cyniques et Yvon Deschamps étaient passés maîtres de cette façon de nous faire rire jaune. Vous pouvez aussi l’écrire satyres  Le satyre était une créature de la mythologie grecque.  Voilà pour les connaissances du jour. 

Sans malice, nous pourrons faire dodo ce soir en ayant appris quelque chose. La journée n’aura pas été inutile pour les personnes qui liront cette chronique.

Régnier ajouta qu’en cas d’indécision à une alternative, on prend généralement la plus mauvaise option.  C’est à croire que ce brave Mathurin entrevoyait les résultats de la présente campagne électorale au Québec : Qui choisit prend pire, disons-nous plus simplement.

Les Québécois et les québécoises  sont d’un naturel ambivalent.  Comme le disent nos cousins français : nous sommes de dignes représentants d’une gauche caviar : le cœur à gauche, le portefeuille à droite.  Nous sommes des progressistes de salon.  Nous serions des “social-traîte“.  Nous sommes de révisionnistes dans l’Opposition qui se ramollissent une fois au pouvoir. 

Les Québécois sont tiraillés : ils aiment mieux être de la gauche caviar que la droite hamburger. Ça paraît mieux. Ils aiment bien donner des leçons, mais incapables d’appliquer leur propre discours.  La babines suivent rarement les bottines.  Des exemples :

Fédéralistes à Ottawa, souverainistes à Québec ;

Gros consommateurs de pétrole, contre le projet de l’Île d’Anticosti ;

Pour  la laïcité, mais on n’enlève pas le crucifix à l’Assemblée nationale ;

Pour le transport en commun, mais on se congestionne à tous les ponts ;

Contre la corruption, mais on accueille un magouilleur en rock star ;

Non violent, mais on veut “woeure“ tous les cataclysmes  à la “tivi“

Famille Plouffe ou Famille Bougon ?

Pour les carrés rouges (manifestations des étudiants en 2012) mais en autant que le tout soit fait calmement.

Ce ne sont que quelques unes de nos contradictions.

Les Québécois, en plus d’être tiraillés sont ambivalents. : pour se protéger, ils sont des adeptes de l’alternance sur le plan politique.  Conservateurs et libéraux à Ottawa, la vague orangée n’aura été qu’un accident de parcours : ils ont voté pour Jack Layton, sans plus.  Péquistes et libéraux à Québec.

Le 7 avril prochain,  ils feront une autre démonstration  de leur valse hésitation.  Il y a un risque qu’ils  se donnent au bon docteur Couillard.  Depuis la Révolution tranquille, libéraux et péquistes se sont échangés le pouvoir.  Un petit tour au centre-gauche, un petit tour au centre-droit.  Les Québécois sont les partisans de l’extrême-centre.

Les libéraux d’antan ont fait quelques belles réalisations.  Mais les libéraux d’aujourd’hui  sont les libéraux de John James : ils n’ont plus rien à voir avec Jean Lesage et Robert Bourassa. Les Québécois sont loin du Maîtres chez nous et de la Révolution tranquille des années 1960.  Les libéraux d’aujourd’hui sont plutôt les artisans d’un “Déclin tranquille“. Avec ce bon docteur Couillard qui a déjà “scrapé“ notre système de santé, nous pouvons nous attendre au pire. Le Demain nous appartient de René Lévesque sera pour un autre tantôt.

 

Globalement les Québécois sont comme leurs cousins français.  Dès le 8 avril, ils commenceront à regretter leur choix. "Le Géneral  De Gaule avait raison de dire : ‘’Un pays qui produit plus de 365 sortes de fromages  est ingouvernable“.

Toutes proportions gardées, nous retrouvons au Québec plus d’une centaine de fromage : du Chesse Whiz aux fromages fins.  Le Québec est le paradis du fromage, se plaît-on à nous dire ; puisque qu’on y produit près des trois quart de la production canadienne, dont 60 % des fromages fins. Donc les paroles du célèbre général s’appliquent très bien aussi à la réalité québécoise.  “Vive le Québec libre, disait-il le 24 juillet 1967. (Notes 2)  Que de souvenirs…

Pouvons-nous imaginer la tartinade que nous nous préparons ?  Et les Canadiens de Montréal qui ne gagneront pas la Coupe Stanley ce printemps.  Ça va être la totale désolation dans les chaumières et les brasseries du Québec.  Nous confirmerons les paroles du brave Mathurin : en cas d’indécision à une alternative, on prend généralement la plus mauvaise option. (B.F. – Le 28 mars 2014)

 Note 1 :http://fr.wikipedia.org/wiki/Mathurin_Régnier

Notes 2 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Vive_le_Québec_libre_

               http://www.ina.fr/video/I09047746