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Analyse sociale et politique
   Accueil            28.01.2012 - Harper rencontrera-t-il SA Solange Denis ?

Harper rencontrera-t-il SA Solange Denis ?

Madame Muguette Paillé, citoyenne de la Mauricie, a été la vedette bien malgré elle du débat des chefs lors de la dernière élection fédérale.  Mais elle est restée sur sa faim : son cri du cœur s’est perdu dans les méandres du charabia politique.  Pouvions-nous espérer mieux ?

Par contre, un autre petit bout de femme a fait mordre la poussière à un premier ministre canadien.  Si nous retournons dans notre grenier à souvenirs, on se rappellera du “Touche pas à nos pensions ou c'est Good Bye Charlie Brown“.  Madame Solange Denis a fait reculer Brian Mulroney et son gouvernement qui voulaient désindexer les pensions de vieillesse.  C’était il y a plus ou moins 25 ans. 

Et l’histoire se répète.  Notre ineffable premier ministre “canadian“, qui est à la tête de SON gouvernement majoritaire a utilisé son droit de parole à Davos en Suisse lors du “World Economic Forum“ pour se donner en spectacle.  En plus de semoncer les pays européens sur leur incapacité à régler leur crise économique, il nous lance un message à peine voilé : il veut réduire le coût des retraites.   Sujet qu’il n’a jamais abordé sur ses terres. Sujet dont il n’a jamais soufflé mot lors de la dernière campagne électorale. 

Ce nouveau lapin s’inscrit dans une idéologie de tous les gouvernements qui ont un penchant bien marqué vers la droite sur l’échiquier politique.  Son copain Sarkozy l’a imposé à nos cousins français.  Le premier ministre CONSERVATEUR l’applique en Angleterre. On ne peut se surprendre qu’il les copie et qu’il souhaite équilibrer ses budgets en s’attaquant aux maillons faibles de la société.  Il y a actuellement une campagne pour contrer la violence faite aux aînés. Il faut ajouter la dernière déclaration de notre ineffable premier ministre canadian comme source additionnelle à cette violence. 

Globalement, lorsque nous regardons les orientations et les initiatives politiciennes de notre “prime minister“, c’est à se demander s’il ne parodie pas le roman de Robert Louis Stevenson publié en 1886 : L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde. 

Il veut faire notre éducation sur la culture du bien et du mal.  L’achat des avions F35, c’est bien.  Un registre des armes à feu, c’est mal ; son abolition, c’est bien.  Les sables bitumineux, c’est bien ; le protocole de Kyoto, c’est mal.  Les nominations partisanes des Libéraux, c’est mal ; les nominations partisanes des conservateurs, c’est bien.  Et la liste s’allonge au fil de son inspiration, il nous concocte un film d’épouvante qui marquera notre destinée pour je ne sais combien de temps. 

Pour amadouer la population québécoise, le ministre d'État à la Petite entreprise et au Tourisme, Monsieur Maxime Bernier, doit défendre ce dossier.  Pour lui et son gouvernement, il s’agit tout simplement d’ouvrir et de susciter un débat entourant le coût lié  aux retraités  qui augmente trop rapidement.  Tout en affirmant que cette situation n’est pas un problème urgent, il soutient en même temps qu'un avis sera émis avant que les changements aux régimes soient effectifs, et qu'une période d'ajustement sera établie pour que les personnes vieillissantes proches de la retraite ne soient pas touchées. C’est cause toujours mon lapin, les décisions sont déjà prises.  C’est la façon de faire de ce gouvernement. Les Canadiens et les Québécois devront attendre à 67 ans pour vivre une retraite qui sera de moins en moins dorée.  L’a-t-elle déjà été ?

Des milliards aux entreprises déjà milliardaires, c’est bien :  des revenus décents  aux retraités, c’est pas bien. Il faut espérer que nous puissions trouver une nouvelle Solange Denis pour éviter un nouveau dérapage conservateur. (B.F. – Le 28 janvier 2012/La Voix de l'Est - Le 1er février 2012)