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Analyse sociale et politique
   Accueil            27.12.2008 - Attachez-le quelqu'un

27.12.2008 - Attachez-le quelqu'un

Je n'ai pas de souvenirs de l'époque de Maurice Duplessis sauf les lectures, les documentaires ou la série télévisée que j'ai eu la chance de lire ou de voir.  À peu près tout le monde s'entend pour dire  que ce fut, pour le Québec, une période de grande noirceur où la partisannerie, la chasse aux sorcières, les valeurs de droite étaient édifiées en système.  Nos parents et nos grands-parents ont subi les effets de cette duplicité.  La Révolution Tranquille a remédié à ces sombres années.

Plus ou moins 50 ans plus tard, nous sommes confrontés à un espèce de "remake" d'un scénario à la Duplessis, mais cette fois-ci à la grandeur du Canada.  L'acteur principal a tout simplement été remplacé : le rôle de Maurice Duplessis est maintenant incarné par Stephen Harper.    Par contre, le bonheur que nous avons, si bonheur il y a, c'est que notre premier ministre canadien est à la tête d'un gouvernement minoritaire.  Que les dieux ont été bons pour nous.  Pouvons-nous nous imaginer vivre dans un "Harperland" majoritaire durant quatre ou cinq ans ? 

La loi sur des élections à date fixe, renié; la récession, c'est un scénario catastrophe avant, mais une réalité après les élections; les nominations partisanes au Sénat décrié il n'y a pas si longtemps sont maintenant nécessaires .  À cela, il faut ajouter la prorogation de la Chambre des communes et le "Québec bashing" qui s'en est suivi, sans parler de la chasse aux méchants "séparatisss".  Et l'abolition des budgets  à la culture, la nomination d'un juge à la Cour Suprême sans la consultation promise.  Et le resserrement de la loi sur les jeunes contrevenants, l'abolition du registre des armes à feu, l'abandon du protocole de Kyoto, la guerre en Afghanistan, nous pourrions continuer encore et longtemps. Tout cela fait en sorte de nous emmener vers une société réactionnaire à la Bush.  Nous sommes loin de l'euphorie de l'élection de Barak Obama.

Avec son élection minoritaire, monsieur Harper a reçu un mandat de gouverner en devant maintenir en équilibre les oppositions à ce qu'il nous avait proposé.  Il a carrément erré, style un enfant qui se fait imposer des limites par ses parents et qui va bouder dans sa chambre.    La confiance n'était pas très élevée avant son élection, elle est maintenant inexistante.  Promettre, au retour de la Chambre à la fin janvier 2009, un second début relève de la base supercherie partisane. 

Les libéraux ont indiqué la sortie d'urgence à leur chef Stéphane Dion, il serait sûrement approprié qu'un quelqu'un en quelque part indique à Stpehen Harper qu'il est passé date et qu'il retourne jouer au cowboy dans l'Ouest, son royaume.

Le Canada, qui est encore mon pays, mérite mieux qu'un apprenti sorcier à sa tête surtout en cette période de crise économique et financière que notre bon monsieur Harper refusait obstinément de reconnaître, il y a de ça quelques semaines à peine.  La Parlement n'est pas un casino : les entreprises, les salariés, les femmes, les hommes, les retraités et tous les autres méritent mieux qu'un joueur compulsif comme premier ministre.  Et un Maurice Duplessis par siècle, c'est amplement suffisant.  (B.F. – Le 27 décembre 2008/La Voix de l'Est - Le 27 décembre 2008)