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Analyse sociale et politique
   Accueil            27.10.2009 - Les culottes à Vautrin, prise 2

27.10.2009 - Les culottes à Vautrin, prise 2

Lorsqu'on dit que le diable est aux vaches, ce n'est pas parce que les vaches sont soudainement possédées par Satan. Dans notre langage populaire, cette expression décrit des pertes de contrôle, des écarts de conduite injustifiables, une parfaite zizanie ou le bordel total.

C’est par cette expression que nous pourrions décrire présentement nos paysages politiques à Ottawa, Québec, Montréal et ailleurs possiblement.  Les premières pages et les manchettes de tous les médias ne font que rappeler, au bon peuple que nous sommes, tous les scandales, les magouillages, les copinages, les tripatouillages, les écarts de conduite, les turpitudes, les trafics d’influences imaginés par trop de nos représentants socio-économico-politiques.  Ils n’en meurent pas tous, mais il semble que beaucoup en sont atteints. 

Les chèques du gouvernement fédéral avec le logo du Parti conservateur et les budgets de la relance économique aux comtés qui ont voté du “bon bord“ ; les enveloppes brunes de politiciens de Montréal ; les tours de bateau de personnalités  politiques québécoises pour ne nommer que les plus récentes manchettes nous ramènent  directement à l’époque de la Grande Noirceur de Maurice Duplessis et d’Alexandre Taschereau.  Pour ceux qui ont suivi la populaire série Duplessis, avec Jean Lapointe dans les années 1970, l’épisode sur “Les culottes à Vautrin“ (note 1), était de la petite bière à comparer avec notre portrait de famille socio-économico-politique actuel.

René Lévesque qui avait décidé de mettre fin à ces tripotages sur le financement des partis politiques, la Commission Cliche sur le fabuleux monde de la construction, la Commission Gomery sur les commandites et toutes les enquêtes policières n’auront abouti qu’à de nouvelles reformulations des méthodes et des façons de faire.  Rien ne semble avoir changé dans notre merveilleux monde.  Et ces mêmes politiciens s’interrogent sur le désenchantement de la population face à la chose publique.  Et ces “promoteux“  de toutes sortes qui s’insurgent contre les “trop de contrôle“ gouvernementaux et la bureaucratie de l’État s’inventent des façons de tout contourner à leurs avantages.   C’est à désespérer de la race humaine. 

Un taux de participation de moins de 1% aux élections du réseau de la santé, moins de 10% aux élections scolaires, à peine 35% aux élections municipales, un petit 60% aux élections fédérales et à la limite du 70% aux élections provinciales : à force d’abrutir “Monsieur et Madame Tout l’Monde“ nous sommes à vivre une très dangereuse dérive démocratique nous menant directement à l’anarchie.

Du pain et des jeux réclamaient les Romains à Jules César, leurs demandes furent exaucées.  Par la suite ce fut le déclin de l’Empire.  Au Québec, après avoir connu la Révolution tranquille, serions-nous à vivre le Déclin tranquille ?

Les enquêtes policières et une commission d’enquête, comme le souhaitent de plus en plus de personnes, sauront-elles nous prémunir contre toutes récidives ?  Pour un temps, peut-être.  L’humain étant ce qu’il est, nous pouvons présumer qu’il développera  une nouvelle façon de magouiller, de piger dans la caisse.

Tout comme René Lévesque nous a donné un sursis avec sa loi sur  le financement des partis politiques, nous pouvons espérer qu’un Monsieur ou qu’une Madame “Propre-Propre“ saura imposer un nouveau modèle.  

Lorsqu’une situation est détériorée comme nous le rapportent quotidiennement les médias, ce qui compte c’est la force et la vitesse avec lesquelles réagissent les responsables politiques pour corriger la situation.

Et malheureusement, rien dans le moment n’apparaît sur les radars nous laissant espérer des lendemains plus vertueux.  Celui qui se disait être prêt à prendre le pouvoir, il y a quelques années (note 2),  temporise, tergiverse, scrute les étoiles et souhaite sûrement que Jojo Savard lui trace sa carte du ciel pour prendre sa décision d’ici la fête de la Saint-Glin Glin. 

En attendant, rendez-vous au Téléjournal de la SRC ou au 22 heures de TVA pour de nouvelles révélations.  Cette télé-réalité n’était pas prévue sur la grille horaire 2009-2010 de nos télédiffuseurs : c’est une télé-réalité aux rebondissements et aux dénouements imprévisibles avec des acteurs en qui plusieurs personnes avaient mis leur confiance. 

Mais le Canadien de Montréal gagne et la ville de Québec souhaite s’inscrire dans la loterie de futurs Jeux Olympiques, c’est le “remake“ du pain et des jeux de notre ami Jules.  Cherchez l’erreur…  (B.F. – Le 27 octobre 2009)

 

Note 1 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Irénée_Vautrin

Note 2 : Aux élections de 2003, au Québec, Le Parti Libéral du Québec avait comme slogan “Nous sommes prêts“  et le chef du parti, monsieur Jean Charest, répétait qu’il était prêt à assumer le pouvoir.  Par contre, les actions du premier gouvernement Charest ont été à tout le moins pénibles et les faux pas nombreux.  Le “Nous sommes prêts“ a rapidement été ridiculisé par les commentateurs politiques et ce qui a amené le groupe Loco  Locass à composer la chanson  “Libérez-nous des libéraux“.

http://buffetcomplet.blogspot.com/2009/03/nous-sommes-prets.html

 

 

 

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