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Analyse sociale et politique
   Accueil            27.09.2009 - Le miroir aux alouettes

27.09.2009 - Le miroir aux alouettes

À Granby comme ailleurs sur la planète, tous les médias nous  le répètent depuis longtemps, l’automne 2009  fera des ravages.  Doit-on ou ne doit-on pas se faire vacciner contre la grippe A (H1N1) et la grippe saisonnière ? Et dans quel ordre ?  Les spécialistes ne s’entendent pas, les gouvernements ne s’entendent pas.  Mais “Nous sommes prêts“, qu’ils disent. Au Québec, nous avons déjà entendu cette rengaine. Tous n’en mourront pas, mais beaucoup en seront atteints.

À ces éventualités d’une pandémie mondiale et d’une épidémie saisonnière, à Granby, il faut ajouter une troisième source d’intoxication, très localisée celle-là.  Moins néfaste sur le plan physique mais aussi  virulente sur le plan psychique :  le débat sur la dette municipale. Pour certaines personnes, cette situation est devenue un symptôme qui  s’est transformé en pathologie qu’il faut éradiquer à tout prix : s’en est devenue une fixation qui à la longue se transforme en névrose. Selon eux, l’ancienne Capitale du Bonheur retrouvera son calme et sa béatitude le jour où la dette n’apparaîtra plus dans les états financiers de notre cité.  Scénario que nous avons déjà connu avec tous les inconvénients qui allaient avec. Inconvénients que beaucoup de citoyens ont décriés. Inconvénients, dégradation, retards, régression qui un jour ou l’autre, il faut corriger.  Ceci est vrai à Granby, au Québec et ailleurs. 

L’analogie est aussi vraie pour le citoyen ordinaire : reporter une réparation sur votre auto, sur votre maison, sur un appareil quelconque et un jour, notre citoyen ordinaire aura la surprise de sa vie : les notes de frais pour changer un moteur, refaire un toit ou changer d’appareil  s’accumuleront à son grand désarroi.  Et le souvenir des mois et des années où notre citoyen ordinaire pensait vivre la quiétude absolue se transforme en cauchemar.  La démonstration n’est plus à faire. À Granby, au Québec, c’est ce que nous vivons présentement, refaire et entretenir ce qui aurait dû être fait et entretenu au fil des années. 

Un ancien premier ministre canadien disait de nous, de vous  que nous voulions, entre autres, le meilleur système de santé, le meilleur système d’éducation, les plus belles routes, la meilleure eau, l’essence la moins chère, l’armée la plus efficace, le panier d’épicerie le plus bas, le meilleur système de garde au monde tout en étant les moins taxés et imposés au monde.  Cet eldorado n’existe pas, ni à Granby, ni au Québec, ni ailleurs.  Faire croire aux citoyens-électeurs le contraire est “trafiquer“ la réalité et sombrer dans la démagogie bon enfant.  C’est démontrer une vision de bouts de chandelle.  Et cette vision à courte vue est malheureusement le lot de trop d’apprentis politiciens.

Une dette en soi n’est pas intolérable, une dette  en soi n’est pas une catastrophe, une dette en soi n’est pas une honte.  Une dette contrôlée valorise un avoir, une dette contrôlée augmente une qualité de vie.  Une dette  s’appuie sur une capacité de l’honorer.  C’est vrai pour une ville, une province, un pays, une entreprise, une famille, vous et moi.  Affirmer le contraire, c’est plus qu’une fixation, c’est une régression et en psychologie ce sont les premiers pas vers la névrose.

À nos apprentis politiciens qui relèvent le défi de la démocratie citoyenne et qui méritent une admiration certaine, il serait essentiel de nous présenter une vision dynamique de l’avenir et non pas seulement la nostalgie du temps passé qui en bout de ligne n’était qu’un miroir aux alouettes. (B.F. – Le 27 septembre 2009/La Voix de l’Est – Le  30 septembre 2009)