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Analyse sociale et politique
   Accueil            27.04.2013 - Un messie nous est né???

Un messie nous est né ???

L’accouchement aura été long, lancinant et peu rempli de suspens. S’en était devenu un secret de Polichinelle.   L’Équipe Denis Coderre pour Montréal verra le jour en même temps que les pissenlits apparaîtront sur notre pelouse.  Que les dieux sont bons et pleins de compassion pour les montréalais.  Enfin diront les commentateurs : un fort en gueule, un candidat à la mairie de la métropole québécoise qui l’amènera on ne sait où.   Serge Chapleau de La Presse, tous les caricaturistes de Montréal et d’ailleurs sont assurés pour un temps d’avoir du matériel.  Mais la ville Montréal a-t-elle besoin d’avoir un “one man show“ à son Hôtel de ville ? 

Député d’une circonscription de Montréal, ministre à la fin du règne de Jean Chrétien et dans l’éphémère gouvernement de Paul Martin, Monsieur Coderre aime bien “twitter“ et est une des vedettes de l’émission de Gérard D. Laflaque.  Il apprécie aussi grandement les caméras et les “kodaks“.    Il a commencé sa carrière publique à l’âge de 15 ans en affirmant avoir vu un ovni.  Depuis cette apparition, il est présent dans le paysage politico-médiatique : il ne passe jamais inaperçu.  Mais la ville de Montréal a-t-elle besoin de Monsieur Coderre pour se refaire une virginité et retrouver son lustre d’antan ?  Les montréalais auront le choix final en novembre prochain.  Sauront-ils éviter le chant des sirènes ?

Montréal à grands frais a été une ville olympique, elle a connu les grandeurs d’une Exposition universelle, elle est le théâtre de multiples festivals de renommée internationale, elle a son Grand Prix automobile.  Indépendamment de ses nids de poule, elle se maintient  dans une courte liste des villes mondiales où il fait bon vivre.  La ville de Montréal a-t-elle besoin d’un clown à sa tête pour aller on ne sait où ?  Les montréalais auront le choix final en novembre prochain, sauront-ils éviter un nouveau mirage ?

La désillusion des citoyens envers la classe politique, ici et ailleurs, ne cesse d’augmenter.  Le modèle démocratique sombre tout doucement dans un culte des personnalités.  La vision, le contenu, la compétence laissent place à l’image, au contenant.  Combien de fois, avons-nous souligné que ce phénomène laisse la voie libre à tous les apprentis sorciers et charlatans qui se croient investis d’une quelconque mission.  Si en plus, ils sont beaux parleurs, ils ont un laissez-passer vers un pouvoir.  C’est le risque qui attend la population de Montréal.  Rappelons-nous que Polichinelle était un personnage de la commedia dell’arte. La commedia dell’arte est un genre de théâtre populaire et loufoque qui a vu le jour en Italie en 1528 où les comédiens portaient des masques.  Si vous suivez le moindrement l’actualité vous avez sûrement remarqué que nos amis italiens maintiennent cette tradition séculaire et sont toujours incapables de se dénicher un gouvernement le moindrement crédible. 

Je veux bien croire que La Petite Italie est un quartier dynamique et fréquenté de la métropole.  Je veux bien concéder à Monsieur Coderre qu’il est affable et dévoué.  Je veux bien croire qu’après l’ère Tremblay, un renouveau peut être souhaitable.  Mais ce n’est pas une raison de transformer Montréal en un grand vaudeville.

Un dicton que tous les commentateurs de la scène politique nous répètent est que : gouverner, c’est prévoir. C’est montrer le chemin, c’est accompagner une population dans son développement.  En plus de planifier, un aspirant politicien doit écouter, entendre, voir, juger, décider, agir.  D’une façon générale, la personne voulant SERVIR en politique doit s’intéresser aux gens plus qu’au pouvoir :  faire de la politique doit signifier être aux services de la population. 

Faire autrement, c’est travestir l’action politique.  Quel que soit la personne qui sera élue à la mairie de Montréal, elle n’aura pas un autre choix, surtout en tenant compte du passé récent. 

Comme le disait Franklin D. Roosevelt : “Gouverner, c’est maintenir les balances de la justice égales pour tous“.  Peu de personnes s’engageant dans le merveilleux monde de la politique  ont compris les implications de leur engagement. La popularité n’est pas une garantie de succès. Pour le vaudeville, nous irons au théâtre.  (B.F. - Le 27 avril 2013)