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Analyse sociale et politique
   Accueil            27.04.2009 - Mensonges, menteries, tromperies

27.04.2009 - Mensonges, menteries, tromperies 

L’hebdomadaire français Marianne dans son édition du 18 au 24 avril 2009  (No 626) présente une Enquête sur 20 ans de bobards économiques.  L’enquête porte sur l’actuelle crise financière et économique qui nous saute en pleine face depuis quelques mois.  La toile de fond est mondiale, elle s’applique aussi bien à la France qu’au Canada et au Québec.  La deuxième partie de l’enquête porte sur des dérapages  ou des contrevérités vécus par nos “frères“ français comme l’a si bien souligné Nicolas Sarkozy, l’empereur auto-proclamé des Français, lors de son passage éclair à Québec à l’automne 2008.  Exemples français que nous pourrions aisément remplacés par des exemples canadiens ou québécois.  Nos “frères“ français, à ce chapitre, n’ont pas le monopole de la bêtise.

Depuis près de trente ans, nos soi-disant génies de l’économie ont inspiré des vérités qui furent achetées par “Monsieur et Madame tout l’Monde“ en général et  par certains politiciens, en particulier. Souvenons-nous de Ronald Reagan, le cowboy-président, qui a sévi à Washington durant huit ans et qui a déréglementé tout ce qui pouvait l’être au niveau économique, financier et social.  Pour lui, l’État était  à l’origine de tous les maux et un frein à l’expansion et à l’enrichissement. 

De Reagan à Thatcher  en passant par Allan Greenspan, qui dirigea la Réserve fédérale américaine (espèce de Banque du Canada) durant 25 ans, et qui était le grand gourou en chef, idolâtré  par tous les génies auto-proclamés de la science économique : économistes, chroniqueurs de la grosse presse, professeurs “doctorifiés“  et “nobelisés“ des grandes écoles; nous sommes arrivés à notre ineffable  George W.   

Ce dernier a conduit les Etats-Unis, et le reste de la planète, au désastre actuel par ses extravagances à tous les niveaux en suivant les conseils savants d’une flopée des plus grands économistes depuis l’invention du bouton à quatre trous.

Pour le commun des mortels que nous sommes, nous pourrions affirmer comme Marianne le fait: “Aujourd’hui, pour sortir du piège où ils nous ont fourrés, impossible de trouver deux économistes d’accord.  Mais ils causent, ils causent…“  En plus, ils tentent de nous convaincre  que le tout se régularisera avec le temps, et surtout de faire payer cette casse gigantesque par le même État qui initialement, ils dénonçaient comme étant la source de tous les maux. 

Nous pourrions reprendre un court passage de l’enquête de Marianne qui résume fort à-propos la situation actuelle : “… ces beaux discours n’étaient qu’un déguisement d’escrocs.  La doctrine des libéraux (NDLR : entendre libéraux au sens de l’économie : les néo-capitalistes) a en fait servi de paravent aux financiers pour s’enrichir personnellement dans des proportions inimaginables au détriment des salariés, de leurs clients, des épargnants et de toute la société.  Voilà tout“. 

L’ONU a mis sur pied un Tribunal pénal international pour juger les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, il serait peut-être juste et raisonnable d’envisager un tribunal semblable pour juger les auteurs de crimes financiers et économiques d’envergure internationale. Parachutes dorés, primes de séparation extravagantes, fermetures d’usines injustifiées, délocalisation d’entreprises pour maximiser encore plus les profits, bonis à la performance démentiels et non-justifiés, licenciements abusifs, faillites planifiées, etc… sont autant d’atteinte contre l’humanité qu’un conflit ethnique ou l’envahissement d’un quelconque pays. 

Des dirigeants d’entreprises ont récemment été condamnés au Québec et aux USA pour malversations financières. Pourquoi ceux qui nous ont conduit à l’actuel désastre s’en tireraient-ils mieux ? Ne pas leur infliger une sanction, c’est un encouragement à recommencer et soyons assurés que nous en serons encore les témoins crédules.  (B.F. – Le 27 avril 2009/La Voix de l’Est – Le 29 avril 2009)