hda-québec.com
Analyse sociale et politique
   Accueil            26.09.2012 - Si SON passé est garant de NOTRE avenir

Si SON passé est garant de NOTRE avenir ?  (note 1)

Le bon docteur semble décidé à se lancer dans la course pour devenir le prochain chef du Parti libéral du Québec.  Peut-on interpréter son geste comme étant une bonne nouvelle  pour la population québécoise ?

D’une façon générale, si vous êtes un partisan du PLQ, ça pourrait vous apparaître une bonne nouvelle.  Le bon docteur se présente bien.  Il parle bien.  Il est photogénique.  Il a une belle image, convenons-en.  Il s’inscrit très bien dans la notion du paraître.

Mais, son passage à la tête du Ministère de la Santé et des Services sociaux a plutôt démontré qu’il était un apprenti sorcier et un illusionniste. SA trouvaille de fusionner les hôpitaux, les CLSC et les CHSLD sous une même direction a fait perdre le sens de la mission à des organisations très différentes qui n’ont absolument rien en commun.  Il a plutôt donné naissance à une nouvelle maladie chronique: la “structurite aiguë“.     Maladie qui touche toute la population du Québec, qui affecte tous les patients, les usagers, les résidants qui doivent faire appel à ces services. En plus de créer l’insatisfaction généralisée de tous les patients, des usagers, des résidants,  SA trouvaille a semé la démotivation galopante de tous les personnels, des culs de sac pour toutes les directions et des mandats irréalistes à remplir pour tous les conseils d’administration.  Il a charcuté un réseau qui n’avait nullement souhaité une telle attention.  Il a semé le bordel, mais il est passé à l’histoire.

Après avoir appliqué SA trouvaille,  le bon docteur n’a pas trouvé mieux que d’abandonner le bateau pour aller s’épivarder dans le secteur privé pour lequel il n’a jamais caché son penchant idéologique. 

Dernièrement, Monsieur Lucien Bouchard souhaitait voir naître une nouvelle génération de politiciens. Je ne suis pas sûr du tout qu’il pensait à une telle réincarnation.  Quoiqu’il ait aussi fait œuvre de démolition dans un autre temps.  N’avait-il pas court-circuité le travail de Jean Rochon, son ministre de la Santé et des Services sociaux de l’époque,  en imposant son “Déficit 0“ ?

Le Parti libéral du Québec se lance dans une démarche qui mérite notre respect : choisir un éventuel premier ministre du Québec, ce n’est pas rien.  Mais pour faire œuvre utile, les membres de ce parti, qui inscrivirent dans notre histoire les Mercier, Godbout, Lesage et Bourassa, doivent porter leur choix sur un individu qui assurera la continuité de ces grands bâtisseurs et non de confier le volant à un apprenti sorcier.  Les dernières années ont démontré les dangers de confier un volant à un sauveur quelconque qui ne correspond pas du tout à ce parti. Parti qui a tout même réalisé, dans le passé, de grandes choses pour le développement de la société québécoise.

Le miroir aux alouettes quoi qu’ayant été utile pour les chasseurs d’une autre époque ne peut être utilisé pour hameçonner des électeurs de plus en plus vigilants, même s’ils donnent l’impression d’être divisé actuellement. 

Les actions passées du bon docteur ont laissé un goût amer. Il a été un neurochirurgien reconnu, mais il a été in piètre ministre de la Santé et des Services sociaux.  

Les quelques candidats annoncés ou potentiels voulant être sur la ligne de départ ne s’inscrivent nullement dans la grande mouvance politique qu’a déjà été le Parti libéral du Québec.  Il doit bien y avoir un individu dans ce parti qui puisse reprendre le flambeau. Le PLQ doit offrir une alternative crédible. Des transfuges, des arrivistes, des sauveurs ne peuvent en rien faire grandir le Québec. La démonstration a déjà été faite.  Un contenant, c’est bien beau sur une tablette, mais assurez-vous d’y mettre du contenu. (B.F. – Le 26 septembre 2012/La Voix de l'Est - Le 28 septembre 2012)


Note 1: Cette chronique a été publiée dans La Voix de l'Est du 28 septembre 2012 sous le titre: Philippe Couillard, un contenant sans contenu