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Analyse sociale et politique
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25.09.2010 - Serions-nous des tartuffes ?

Le gaz de schiste, les éoliennes, les oléoducs  Lévis-Montréal et Portland-Montréal, les barrages et les lignes de transmission d’Hydro-Québec, les autoroutes 25 et 30, le dossier Rabaska, la réfection de l’échangeur Turcot et la transformation de la rue Notre-Dame à Montréal l’exploration des mines d’uranium, le développement du nucléaire ont en commun de soulever l’ire et les passions de la population.   À ces dossiers, ajoutons notre opposition au développement des sables bitumineux en Alberta.

Ces dossiers ont occupé et occupent une place importante dans les médias du Québec.  Ces dossiers se rapportent à notre mode de consommation énergétique et à notre façon de nous déplacer.  Ces dossiers prennent leurs sources dans notre mode de vie. 

Ces dossiers sont-ils en harmonie avec un développement durable ? Ces dossiers mettent-ils en péril nos environnements ?  Ces dossiers s’inscrivent-ils dans nos besoins en énergie pour les prochaines décennies ?  Je n’ai pas la réponse à ces interrogations.

Mais en même temps, la consommation d'électricité par habitant au Québec est la deuxième plus élevée au monde, après l'Islande. Le Québec consomme presque le double de la consommation américaine, et plus du triple de la consommation de la France. En comparant les prix moyens de vente de l'électricité au Québec avec ceux des États-Unis, on remarque un  écart très important. Chez nos voisins du sud, le prix de vente moyen est deux fois plus élevé.  La consommation de gaz naturel par client au Québec, en vingt ans, a doublé.

Les québécois consomment plus ou moins 135 millions de barils de pétrole par année. Il s’agit de la deuxième source d’énergie consommée par les québécois après l’électricité.  En 2008, les québécois ont consommé pour 18,4 milliards de $ de produits pétroliers dont 15 milliards de $ sont sortis de l’économie québécoise, soit près de l’équivalent du budget de l’éducation.

Plus de la moitié des émissions globales de gaz à effet de serre du Québec proviennent de la combustion de produits pétroliers. Le secteur des transports constitue le premier poste de consommation de pétrole au Québec. Déjà en 1976, Anthony Sampson dans son livre Les 7 sœurs pointaient les compagnies pétrolières comme principales responsables de notre trop grande consommation d’essence.  Il ciblait l’étalement urbain des couronnes Nord et Sud de Montréal, dont les pétrolières faisaient la promotion, comme étant une source exagérée de l’utilisation de l’automobile et de là, de notre consommation d’essence.  Et depuis ce temps, la situation ne s’est pas améliorée en dépit de l’augmentation des prix et des crises.  Nous retrouvons plus ou moins 20 ponts pour accéder à l’île de Montréal et 5 autoroutes sans compter le chemin de fer, les lignes de métro.  Et nous ne parlons ici que de la région de Montréal. 

Un cliché tenait la route dans les années 1960 à l’effet que pour un québécois, le plus important dans la vie, c’était son “char“, venait ensuite sa femme, ses enfants, son travail.  Peut-on parler d’évolution ?

À  ces données, ajoutons  notre consommation de l’eau : chaque québécois consomme environ 400 litres d’eau par jour. En Europe c’est  150 litres. En Inde,  25 litres  et au Madagascar 5.4 litres par jour, ce qui représente le strict minimum pour survivre.

Globalement, les québécois se retrouvent sur le podium mondial  des plus gros consommateurs d’énergie toutes catégories confondues et en même temps, cette même population s’insurge  contre toutes tentatives, dans sa cour à tout le moins, de tout développement d’une quelconque source d’énergie. 

Serions-nous les tartuffes de l’ère moderne ? Faisons notre choix et assumons les effets sur notre mode de vie.  On ne peut vouloir le beurre, l’argent du beurre et la fermière en porte-jarretelles par-dessus le marché.....!  (B.F. – Le 25 septembre 2010/La Voix de l’Est – Le 2 octobre 2010)