hda-québec.com
Analyse sociale et politique
   Accueil            26.03.2015 - Harper s'en va-t-en guerre

Harper s’en va-t-en guerre

La comptine de notre enfance (note 1) a été transformée par notre Canadian Prime minister.  Malbrough s’en va-t-en guerre est devenue la chanson fétiche de notre cher Stephen  et il tente d’imposer sa nouvelle version à l’ensemble de la population de SON Canada.

Harper s'en va-t-en guerre

Mironton mironton mirontaine

Harper  s'en va-t-en guerre

Ne sait quand reviendra  (note 2)

 

Marlbrough s'en va-t-en guerre ou Mort et convoi de l'invincible Marlbrough est une chanson française dont les paroles datent du 18e siècle.  L'air est probablement plus ancien encore. Il aurait, d'après Chateaubriand, été emprunté aux Arabes durant les croisades. La mélodie a été adaptée par les Britanniques sous le titre For He's a Jolly Good Fellow.  Donc que cette comptine soit à la mode du jour n’est pas un accident.  Que cette comptine tambourine dans la tête de notre Premier ministre fédéral pour qu’il se convainc du bien-fondé de sa mission contre l’État Islamique est très de circonstance : notre Canadian Prime minister est en croisade. Il se prend pour le  Godefroy de Bouillon des temps modernes combattant les infidèles.

Je ne sais trop qui a déjà fait remarquer quelque part que, dans l’histoire universelle, les grands faits se produisent, pour ainsi dire, deux fois : la première fois comme tragédie, la seconde comme farce.  Karl Marx aurait dit en son temps : l’histoire ne se répète pas, elle bégaie… Le résultat est le même. Comme dans la comptine, nous ne savons pas quand la fin surviendra. Stephen Harper voulait une guerre, il s’en fabrique une.  Mais SA guerre  n’est pas la guerre des Canadiens et des Québécois.

Notre Canadian Prime minister est à développer  un délire populaire d’insécurité.  Son style va-t-en guerre  nous rapproche plus qu’il nous éloigne d’un possible attentat.  C’est à se demander si dans le fond de lui-même, il n’en souhaite pas un  pour se donner raison.

Il semble s’inspirer de la fable où un petit garçon, par jeu, hurlait au loup semant la panique parmi les habitants de son village. Jusqu'au jour où, alors qu'un loup véritable se présentait à l'orée du bois, il voulu en avertir les villageois qui restèrent de marbre.

Ce n’est pas en développant SON scénario guerrier dans une région déjà fortement éprouvée quelques seigneurs de la guerre que la paix verra le jour.  Est-ce qu’en qu’en liquidant les Saddam Hussein en Irak et Mouammar Kadhafi en Libye  les Occidentaux ont amélioré les conditions de vie de la population ?  Ils n’ont fait qu’exacerber un sentiment de haine plus intense et la naissance d’une radicalisation plus meurtrière.

Ce n’est pas en déployant des F-35 ou des F-16, ce n’est pas avec le style va-t-en guerre, si cher à notre Canadian Prime minister, que les problèmes se résorberont.  La démonstration a été faite depuis des siècles.  C’est de concilier les intérêts respectifs et de régler un problème sans recours à la force. C'est aussi l’art des négociations entre gouvernements. Pour le Canada, nous avons un mauvais casting : ce n’est pas l’actuel Premier ministre qui répond le mieux à ces exigences. Vivement le 18 octobre 2015.  Est-ce que ça sera mieux le lendemain ?  Ça ne pourra être pire, c’est à nous souhaiter.  Il nous est permis de rêver.

Quand les hommes vivront d'amour  (note 3)

Il n'y aura plus de misère

Et commenceront les beaux jours

Mais nous nous serons morts mon frère

Quand les hommes vivront d'amour

Ce sera la paix sur la terre

Les soldats seront troubadours

Mais nous nous serons morts mon frère

Note 1 : http://comptines.brunocoupe.com/paroles-comptine/malbrough-s-en-va-t-en-guerre.php

Note 2 : http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/international/2015/03/25/002-nicholson-justification-legale-syrie.shtml

Note 3 : http://www.paroles.net/felix-leclerc/paroles-quand-les-hommes-vivront-d-amour

(B.F. – Le 26 mars 2015)