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Analyse sociale et politique
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26.02.2011 - De la tarte aux pommes et des “peanuts“

Dans les derniers jours, nous avons eu droit à des  exercices de grande séduction.  Les Québécois se sont faits courtiser.   Ou était-ce plutôt du grand baratin ?

Monsieur François Legault, après plusieurs mois de réflexion, a présenté sa vision d’un Québec remodelé.  Dans un manifeste particulièrement condensé, il propose des pistes de réflexion sans définir des moyens d’action concrets.  Ceux-ci viendront plus tard.  À bien des égards, les propositions de Monsieur Legault ne sont pas des éléments nouveaux : il reformule des idées que nous avons déjà entendues dans la bouche de d’autres politiciens.  Il ne s’aventure pas dans l’inédit, il ne fait pas de  propositions qui soulèveront une levée de boucliers dans la population.  Il dit ce qu’une grande majorité de québécois veulent entendre.  C’est un peu comme la tarte aux pommes, à peu près tout le monde aime déguster ce dessert.  Mais dans le cas de Monsieur Legault, il n’a pas encore fixé le prix de sa tarte aux pommes.  Sa vision, son mouvement, son échéancier sont en devenir. Il s’en va en consultation, nous dit-il.   Mais déjà, nombre de québécois s’emballent et le trouvent rafraîchissant.  Nous verrons à l’usage : comme l’écrivait le père La Fontaine, il faudra voir si le ramage est aussi beau que le plumage.

Après la tarte aux pommes, nous avons eu droit aux “peanuts“  de Monsieur John James Charest, notre premier ministre québécois depuis huit ans.  Une litanie de lieux communs, de plans de travail inachevés, de projets à développer, de vœux pieux sans grande valeur ajoutée pour le mieux-être de la nation.  Il nous promet, entre autres,  des tableaux intelligents dans chacune des classes du Québec, un ordinateur portable pour chaque professeur, une 6e année en partie en anglais et le retour du vouvoiement.  Encore une fois, il nous promet pour les prochaines décennies rien de moins que le développement de son Plan Nord qui dépasserait la Baie James et la Manic. Il faut le croire sur paroles.  À propos des gaz de schiste, d’une enquête sur la corruption, c’est motus et bouche cossue.  Ce sont des dossiers, pour lui, qui sont de l’histoire ancienne et qui sont réglés, nous dit-il.

Tout optimiste et énergique qu’ait été notre premier ministre lors de son cinquième discours inaugural en huit ans, force est d’admettre qu’entendre  Monsieur Charest parler d’éducation, de santé et d’une stratégie pour les personnes âgées qui souhaitent vivre à domicile, c’est comme entendre une vieux 78 tours de la Bolduc “remastérisé“ sur un CD. Nous connaissons déjà la chanson.

Dans La Presse du 21 novembre 2008, Denis Lessard écrivait sur les promesses oubliées de Jean Charest faites lors de son premier discours inaugural en 2003 : pas de déficit, hausser le niveau de vie des québécois, diminuer les temps d’attente en santé, maintien des garderies à 5$, etc…  Nous l’avons cru… malheureusement.

Le 23 février dernier, nous avons eu droit à un discours qui reprenait ses vieux engagements, ses vieilles promesses maquillées à la mode du jour  nous prédisant un après-demain doucereux.  Mais comme le dit l’adage “si le passé est garant de l’avenir“ notre désenchantement face à ce gouvernement continuera à s’écrire à l’encre indélébile. 

Encore une fois notre premier ministre convie la population québécoise à d’hypothétiques réalisations camouflées d’espérances vaines et encore une fois nous nous retrouverons  désillusionnés.  Il me semble que le père La Fontaine a déjà écrit sur le sujet… au 17e siècle. (B.F. – Le 26 février 2011/La Voix de l’Est – Le 1er mars 2011)