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Analyse sociale et politique
   Accueil            25.07.2008 - Des Pee-Wee et des hommes

25.07.2008 - Des "Pee-Wee" et des hommes

La dernière rencontre du G8  s'est déroulée il y a quelques jours au Japon. Nos leaders débattaient des grands enjeux de l'humanité.  Selon les analystes, les résultats sont nuls, dilués dans une litanie de vœux pieux, une copie-collée des sommets précédents.  Pouvions-nous espérer mieux ? Berlusconi (Italie), Bush (USA), Sarkozy (France), Harper (Canada), Medvedev (Russie), Brown (Angleterre), Merkel (Allemagne) et Fukuda (Japon), on conclut leurs discussions en camouflant leur manque de leadership sous des prétentions de progrès. Nous ne pouvions nous attendre à mieux de cette équipe "Pee-Wee".

Retournons dans le temps, et imaginons-nous qu'un tel sommet se soit tenu dans les années 60.   Rassemblons huit leaders mondiaux qui à l'époque faisaient l'actualité : De Gaulle (France), Adenauer (Allemagne), J.F. Kennedy (USA), Pearson ou Trudeau (Canada), Nehru (Inde), Nasser (Égypte), Khrouchtchev (URSS), Wilson (Angleterre)  et demandons-leur de débattre des enjeux humanitaires.  Pouvons-nous imaginer les résultats qui auraient émergé de leurs délibérations ?  Nous pouvons toujours prétendre que des conflits existaient à l'époque, que les divergences étaient nombreuses et que le contexte était différent, mais la vision émanant de ces hommes inspirait un respect à la grandeur de la planète.  Aucun de nos "Pee-Wee"  n'arrive à la cheville d'un membre de l'équipe des années 60. 

Et c'est là, le cul de sac dans lequel l'humanité se retrouve actuellement.  Aucun, mais aucun des leaders présentement peut projeter une vision qui inspire les populations.  C'est le vide absolu, zéro, néant. 

Je sais qu'il est toujours injuste de comparer deux époques, mais faisons l'exercice. Prenons l'exemple du Canada à travers ces deux époques :  P.E. Trudeau et Stephen Harper.  Je n'ai jamais été un fan de monsieur Trudeau comme premier ministre, mais comme homme d'État il n'avait pas son pareil pour  influencer les grandes orientations  mondiales.  Il était un acteur respecté et imposant sur la scène mondiale.  À l'opposé, monsieur Harper fait figure d'un gérant de dépanneur de quartier.  Je m'excuse auprès des gérants des dépanneurs.  Monsieur Harper a un projet pour  2050, alors que nous serons pour la plupart d'entre nous disparue sous les sables éternels ou bitumineux.   Inspirant et mobilisateur la vision de monsieur Harper ? En 2050 dans quel état se retrouvera la planète de monsieur Harper ? Nous pouvons présumer que certaines contrées seront immergées sous les eaux des océans.  Mais que cela ne tienne, l'Alberta aura engrangé des surplus faramineux. 

Et c'est là, le cul sac dans lequel nous nous retrouvons.  Monsieur Trudeau était un acteur important et dynamique sur la scène mondiale, monsieur Harper y fait de la figuration tout au plus.  Que l'on ait été d'accord ou pas avec monsieur Trudeau comme premier ministre, celui-ci voulait bâtir une société juste, c'était l'un de ses slogans, il fabulait sur un Canada bilingue "coast to coast" et certains de ses projets de loi furent marquants pour le développement social canadien.  Ça pouvait être inspirant en bout de ligne.  Monsieur Harper, à l'opposé, réécrit et récupère  l'Histoire à sa façon : "Champlain, premier gouverneur du Canada"; épouse l'idéologie de la droite religieuse américaine;  fait perdre toute crédibilité au Canada sur la scène internationale;  s'inspire  des valeurs des "rednecks" de l'Ouest pour façonner SON Canada.  Nous sommes à des années-lumière de ce qui fut jadis "le plusss meilleur pays du monde".

Nous sommes actuellement dirigés à la grandeur de la planète, et tout spécialement au Canada, par des représentants qui n'ont aucune espèce de vision rassembleuse qui aurait comme effet de semer l'espoir.  En lieu et place, nos "Pee-Wee"  cultivent les affrontements, investissent  des milliers de milliards de dollars dans leurs efforts de guerre au lieu de combattre les inégalités et la pauvreté, polluent l'actualité avec leurs discours insipides et ne respectent nullement leurs engagements. 

Et tous les espoirs se retournent vers Barak Obama qui aura le défi de relever le calibre d'une telle équipe, s'il est élu.  Nous lui souhaitons  de meilleurs coéquipiers. (B.F. – Le 25 juillet 2008/La Voix de l'Est - Le 25 juillet 2008)