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Analyse sociale et politique
   Accueil            25.06.2015 - Nés pour un petit pain

Nés pour un petit pain

On fait quoi maintenant ???   On attend à l’année prochaine. C’est une tradition de se dire à l’année prochaine. Encore une fois, des milliers de Québécoises et de Québécois se feront chanter la grandeur d’un pays qui ne veut pas naître, d’un pays à faire, d’un pays à construire, d’un pays en devenir.

Les Vigneault, Deschamps, Bélanger, Diouf,  Boulay et tous les autres nous chantent  les grandeurs du Québec: 8 millions d’étoiles qui  scintillent  le 24 juin et qui s’éteignent le reste de l’année.  Le Québec des bâtisseurs,  c’est pour les livres d’histoire.  C’est à croire que Louis Hémon avait une prémonition qui  dans son roman Maria Chapdeleine en rendant  l’expression né pour un petit pain  populaire aux Canadiens-français de l’époque.  Tout comme Maria, la population du Québec semble s’inscrire dans la résignation perpétuelle: immobile, traditionnelle. La population du Québec s’incarne dans la personnalité de François Paradis que maria  Maria: coureur des bois et épris de grands espaces.  La population se dit innovatrice en autant que rien ne change.  La population a fait une révolution tranquille mais remet en question son modèle cinquante ans plus tard.  Au fil de temps, elle a intégré ce que nous criait allègrement nos chauffeurs de tramways de jadis: avancez en arrière.

En 1960, Jean Lesage déclarait : Il faut rendre au peuple du Québec ce qui appartient au peuple du Québec…… et ça presse, demain il sera trop tard. C'est maintenant ou jamais que nous serons maître chez nous.  Le C’est le temps que ça change, c’est pour l’année prochaine. Une prochaine fois nous disait René Lévesque le 20 mai 1980.  Tous les Vigneault, Deschamps, Bélanger, Diouf,  Boulay et tous les autres d’ici-là reviendront nous chanter  les grandeurs du Québec: 8 millions d’étoiles qui  scintillent  le 24 juin et qui s’éteignent le reste de l’année. Nous nous applaudirons tout content de ce que nous sommes jusqu’à l’année prochaine.  

Des Plaines d’Abraham à Québec au Parc Maisonneuve à Montréal en passant par toutes les villes et tous les villages du Québec  nous nous ferons accroire le 24 juin que le Québec est un pays pour les 24 prochaines heures.

Dans les 364 jours suivants, des Bonhommes 7 heures ne cesseront pas de nous répéter que Québec ne doit pas, ne peut pas, ne survivra pas à être un pays.

Il y a 193 pays indépendants qui sont représentés à l'ONU.  La plupart de ces pays sont plus petits, moins populeux, moins riches que le Québec.  Mais aux dires des tenants du “statu quo ante“ le Québec ne doit pas, ne peut pas, ne survivra pas à être un pays. Le Québec ne peut pas être le 194e pays à avoir un siège à l’ONU.

Répètons le pour une Xième fois; un Québec indépendant serait au 17e rang pour la superficie de son territoire (1,667,926 km carrés) ; au 94e rang au chapitre de la population (plus de 8 millions) ; en 49e place pour le produit intérieur brut total; en 27e position pour le produit intérieur brut par habitant;  au 44e  rang comme exportateur de biens et services sur les marchés internationaux.          Vous conviendrez qu’il y a pire ailleurs sur notre bonne vieille planète.

Un jour ou l’autre, la population du Québec en prendra conscience et cette année là, le 24 juin sera vraiment la Fête Nationale d’un Québec indépendant.  Ce jour là, les descendants des Vigneault, Deschamps, Bélanger, Diouf,  Boulay et tous les autres pourront nous chanter  les grandeurs du Québec. 

D’ici-là, le Québec (la Nouvelle France en 1760) a été conquis par les armes et sans l’approbation de sa population est une province du Canada depuis 1867 et notre cheffe d’État est la Reine d’Angleterre:  God save the Queen.  

Happy birthday Canada, le 1er juillet, il aura 148 ans. (B.F. - Le 25 juin 2015/La Voix de l'Est - Le 29 juin 2015)