hda-québec.com
Analyse sociale et politique
   Accueil            25.06.2011 - Marcher à côté de ses pompes

25.06.2011 - Marcher à côté de ses pompes

Cette expression date du milieu du  dix-neuvième siècle.  Elle signifie qu’une personne se retrouve dans un état anormal, qu’elle n’a aucun lien avec la réalité, qu’elle se comporte d’une manière bizarre, qu’elle  fait n’importe quoi : elle marche à côté de ses pompes,  ou si vous aimez mieux, elle marche à côté de ses souliers.  C’est ainsi que nous pourrions décrire les agissements de plus en plus d’humanoïdes.  Ils ont deux mains, deux bras, deux pieds, deux jambes mais c’est à se demander quelques fois s’ils ont tous une tête ou comme  le disaient nos grands-parents  “s’ils ne leur manquent pas des morceaux dans le ciboulot“.

Passons au-delà des messages lancés par les québécois  depuis un certain temps, une chatte n’y retrouverait pas ses petits.  Ayons un regard plus général sur la gouvernance de notre bonne vieille terre.  Vous, moi et les autres  avons mis notre destinée entre les main des Obama, Harper, Sakorzy, Berlusconi, Merkel, Cameron, Medvedev, Hu Jintao, Naoto Kam, Netanyahou et combien d’autres.  Et tout ce qu’ils parviennent à offrir à l’humanité c’est le conflit interminable israélo-palestinien; des guerres en Afghanistan, en Irak; des crises en Égypte, en Syrie, au Liban, au Yémen, en Tunisie; des soulèvements populaires en Grèce, en Espagne, en France; des crises économiques et financières à tous les 3-4 ans tout en procédant au sauvetage de ceux qui nous mettent dans la dèche. En prime et d’une façon générale, ils entretiennent la pauvreté, des famines, des bidonvilles.  Devons-nous les remercier ?

Comme se le demandait un chroniqueur sur un site Internet (note 1), oserons-nous sortir de notre simili confort.

“Croyons-nous franchement que les médias ont pour mission de nous informés réellement ?

Croyons-nous que les industries se préoccupent réellement de notre bien-être, de notre santé, de notre vie ?

Croyons-nous que les gouvernements sont là pour protéger et défendre les plus faibles contre les puissants et les nantis de ce monde ?“

Je vous laisse trouver vos réponses.  Mais une chose est sûre, ce ne sont pas les martiens qui les ont mis là.

Pour en revenir au Québec, le moins que nous puissions nous dire, c’est que nous cultivons la confusion la plus totale.  Nous voulons du changement sans toutefois modifier nos façons de faire.  Nous sommes les plus grands consommateurs d’énergie, mais nous nous refusons à tout développement.  Nous exigeons de la transparence de la part de nos acteurs politiques, mais nous refusons qu’ils nous donnent l’heure juste sur notre situation.  Nous aimons, autour d’un repas, régler le sort de l’univers mais les autres devront faire mieux.  Nous déplorons la cupidité et l’individualisme du voisin mais nous voulons protéger et conserver nos acquis.  Nous sommes jaloux de nos droits, mais nous balayons sous le tapis nos responsabilités.  Depuis 50 ans nous définissons notre NOUS, mais dans les faits nous sommes encore au JE : nous sommes dans le mirage du “me, myself and I“. 

Comme le disait Yvon Deschamps dans un de ses premiers monologues, nous voulons un Québec indépendant dans un Canada fort.  NOUS voulons le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière.

Nous attendons je ne sais trop quoi, ou trop qui.  Mais nous attendons.  Globalement nous marchons à côté de nos pompes.  (B.F. – Le 25 juin 2011/La Voix de l’Est – Le 2 juillet 2011)

Note 1 : http://www.centpapiers.com/lettre-aux-citoyens-de-bonne-volonte/74144