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25.06.2011 - MONSIEUR

Il a été un des grands mandarins du Québec dans les années 1960. Il a participé à la construction de ce qu’est devenu le Québec d’aujourd’hui.  Il a été, selon les experts, le meilleur ministre des finances que le Québec ait eu. Il a de la classe et des connaissances qui en imposent aux communs des mortels que nous sommes. 

MONSIEUR, comme premier ministre n’a rien fracassé, il a été remplacé par Lucien Bouchard que les québécois voyaient comme la  réincarnation de René Lévesque.  Depuis ce temps, MONSIEUR joue à la belle-mère et ne se gêne pas pour émettre ses dogmes sur la gouvernance souverainiste.  Il a le don de mettre ses successeurs dans l’embarras.

Ayant vécu près de dix ans comme président d’une association de comté, j’ai eu le privilège, si l’on peut dire, d’être un témoin de crises plus déprimantes l’une de l’autre. 

Se souvient-on que MONSIEUR a été un des principaux acteurs de l’affrontement avec René Lévesque en 1984 ?  Lui et quelques autres ministres ont claqué la porte du Cabinet Lévesque.  Se souvient-on que la garde rapprochée de MONSIEUR a été à la source de la fronde contre Pierre-Marc Johnson en 1986 ? Arrivé “plébliscitée“ de MONSIEUR à la tête du Parti Québécois et début de  la saga d’une bataille d’égos, non encore achevée, entre MONSIEUR et Lucien Bouchard qui a été marqué par le départ précipité de MONSIEUR. Par la suite,  il ne faut pas oublier les régulières remontrances de MONSIEUR à l’égard de Bernard Landry, André Boisclair et aujourd’hui envers madame Marois.  Le Canadien de Montréal a ses fantômes et le Parti Québécois a ses belles-mères et MONSIEUR peut être identifié comme la belle-mère en chef. 

Loin de nier les réalisations et l’apport de MONSIEUR au développement de la société québécoise, force est d’admettre qu’il a, à plusieurs reprises, compté dans ses propres filets.  À tort ou à raison, il ne peut s’empêcher de faire la morale, d’édicter sa loi sur l’orthodoxie souverainiste.  Il est en quelque sorte l’application du dicton “ Après moi le déluge“.  Cette expression prendrait sa source au 18e siècle et serait attribuée à Louis XV, surnommé Louis  le Bien Aimé.  MONSIEUR serait-il la réincarnation de ce royal personnage ?

Nous nous attendons que les bâtisseurs, les ancêtres, les pionniers jouent un rôle de rassembleurs, de conciliateurs, qu’ils assurent dans le temps une transmission éclairée et respectueuse de leur expérience.  MONSIEUR est plus dans le style “En vérité, en vérité, je vous le dis… et vous connaîtrez la béatitude absolue“.

Encore une fois, nous nous retrouvons à la porte d’une implosion.  Encore une fois, ce parti se tire dans le pied.  À force de jouer avec les allumettes, la conflagration éclatera  et ruinera 50 ans d’efforts que de simples soldats auront consacrés à la promotion d’un pays à faire.  Faut-il se rappeler que ce parti a déjà compté près de 200,000 membres ?  Faut-il se rappeler que cette cause est passée à quelques milliers de voix de se réaliser ? 

Nous sommes loin du congrès de fondation de ce parti en 1968.  Rappelons à notre mémoire les quatre orientations fondamentales à sa naissance: création d'un État souverain de langue française, instauration d'une authentique démocratie, reconnaissance des droits scolaires de la minorité anglophone et association économique avec le reste du Canada. 

Ce sont sur ces bases qu’il faut construire le pays à faire ?  C’est là-dessus que toutes les “prima donna“  doivent investir temps, énergie et passion. (B.F. – Le 25 juin 2011)