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Analyse sociale et politique
   Accueil            25.05.2014 - “M“ comme menteur et magouilleur ???

“M“ comme menteur et magouilleur ???

Pots de vin, magouilles, tricherie, enveloppes de toutes les couleurs et tout le reste;  l’important est de participer, c’est l’adaptation politicienne de la règle du Baron de Coubertin. 

Ce que la Commission Charbonneau nous apprend, c’est qu’à tout magouilleur il y a un menteur: c’est un duo indissociable.   La magouille étant un agissement dans l'ombre au sein d'un groupe, d'une institution, en vue de la défense d'intérêts peu avouables ; manœuvres plus ou moins malhonnêtes pour arriver à ses fins. Le mensonge étant une assertion contraire à la vérité, une énoncée pour tromper.  L’activité politique est la manière de diriger les affaires publiques, un État.

Le moins que nous puissions dire, c’est qu’il y a confusion entre magouille, mensonge et politique.  Cette confusion est universelle et  à des années lumière des réflexions de Platon, d’Aristote ou de Thucydide.

Les politiciens d’ici et d’ailleurs semblent avoir oublié que pour être le moindrement crédible, ils doivent inspirer confiance et ils doivent respecter rigoureusement les règles du jeu : loyauté, honnêteté, justice et qu’ils sont, avant tout,  au service  des citoyens qu’ils représentent.  Les intérêts qu’ils doivent défendre et protéger sont ceux de ses électeurs et non les leurs.

Aujourd’hui nous semblons avoir  affaire à des  politicards, des politicailleurs, à des apprentis sorciers ou tout simplement à des charlatans qui pratiquent l'imposture, ou un jeu de dupes envers autrui, grâce à des trucages, des déformations de la réalité, ou des falsifications, en vue de gagner sa confiance, généralement pour obtenir de l'argent ou tout autre avantage. 

Ce grand magouillage ou maquillage de l’activité politique n’aura fait qu’augmenter la désillusion des citoyens face à la classe politique et la baisse  continuelle du taux de participation des citoyens lors des élections.  Ce déclin est réel ici comme ailleurs à l’exception de dictatures où l’unanimité n’est pas plus légitime et carrément suspecte.  Cette désillusion et ce déclin ont comme conséquences d’attirer plus d’imposteurs.

Lors de l’embauche d’un nouvel employé, les entreprises font passer une entrevue, des tests, des examens.  Il  y a des organismes financiers qui, tant bien que mal, scrute le passé  d’éventuels soumissionnaires pour éviter de possibles fraudes.

Il y a une procédure, l’impeachment, qui prévoit la mise en accusation et la destitution d’un élu accusé d’un délit.  Une telle procédure pourrait protéger, un tant soit peu, la population contre d’éventuelles personnes qui utilisent des moyens illégitimes pour s’approprier d’un pouvoir, d’un bien qui ne leur reviennent pas.

Mais la volonté politique pour coriger tous ces abus de pouvoir n’est pas dans le programme d’un quelconque parti.  Nous devrons conclure que tous les partis souffrent d’aveuglement volontaire.  Et en bout de ligne,  toutes ces magouilles menacent les valeurs démocratiques.

Au Canada, au Québec et ailleurs,  l’éthique et l’intégrité sont à la mode dans l’actualité. Jamais a-t-on parlé autant d’éthique et d’intégrité depuis que les allégations de corruption sont dévoilées et courantes.

La question à poser est de savoir si éthique et politique peuvent cohabiter ? Ou en sommes-nous à la devise de Machiavel qui affirmait que “la fin justifie les moyens“.  Devrons-nous faire comme Diogène, une lanterne à la main, chercher l’homme ou la femme qui incarnera un idéal ? Ou sommes-nous condamnés à être des spectateurs abusés du déclin de notre environnement politique ?

Soyons idéaliste et croyons encore en la race humaine :  lorsque l'on parle de morale en politique, et dans un régime démocratique en particulier, on pense d'abord à l'intégrité des représentants élus du peuple auxquels celui-ci a confié le soin d'exercer en son nom le pouvoir de gouverner. La probité, l'honnêteté "scrupuleuse", le désintéressement le plus total sont bien le minimum attendu de ceux qui détiennent le pouvoir au nom du peuple. (notes 1)

Je m’intéresse à la politique depuis plus de cinquante ans. J’ai côtoyer de nombreux personnages politiques : conseillers, maires, députés, ministres et même deux “Premier ministre“ du Québec : un plus que l’autre.    Tous  semblaient respirer l’intégrité. Je me console en me disant qu’il n’y a pas plus de magouilleurs en politique que dans les autres domaines et professions de la société.  

Est-ce de l’espoir ou un restant de naïveté ???  (B.F. – Le 25 mai 2014/La Voix de l'Est - Le 29 mai 2014)

 

Notes 1 : http://www.toupie.org/Textes/Morale_politique.htm

                http://www.toupie.org/Dictionnaire/Politique.htm