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Analyse sociale et politique
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25.05.2010 - Quand c’est fini, ça recommence

Ce n’est pas parce que l’on a changé de thermomètre qu’il faille  dire que la fièvre financière qui  nous  affecte depuis deux ans est tombée.  Les pseudos experts, ceux-là mêmes qui nous ont mis dans le pétrin, tentent de nous convaincre aujourd’hui que le grand malade est en rémission et qu’ils ont trouvé de nouveaux remèdes pour nous éviter une prochaine rechute.  Tout au plus, n’ont-ils fait qu’un “lifting“ pour rendre le malade plus présentable.   Le capitalisme financier n’est pas une tare, je le concède : c’est plutôt un fléau, une calamité qui s’abat sur les populations.   

Ceux qui possèdent les richesses en veulent toujours plus et pour y arriver la solution simple et facile est de rançonner les plus démunis ainsi que ceux et celles qui se retrouvent dans ce que nous appelons la classe moyenne.  La plupart des études démontrent que les écarts entre la richesse et la pauvreté ne font que s’accroître depuis le début des années 1980.  Au Canada en 1976, les plus riches touchaient 31 fois plus de revenus que les plus pauvres, en 2004 cet écart était de 82 fois plus élevé. C’est l’héritage du modèle de développement mis en place par les Reagan et Thatcher de ce monde : c’est le moins d’État, les déréglementations et les privatisations de toutes sortes. C’est ainsi que les crises économiques et financières se répètent à tous les dix ans.  Et à chaque fois, on nous promet que les mécanismes de contrôle mis en place nous éviteront une prochaine crise et le citoyen crédule gobe la bonne parole qui frise le mensonge.

La classe moyenne inquiète et appauvrie devra, encore une fois, se serrer  la ceinture pour ne pas  vivre l’actuel chaos grec. Chaos provoqué et échafaudé par les institutions financières et bancaires internationales.  Madame Papadopoulu d’Athènes et Monsieur Tremblay de Montréal, qui n’y comprennent rien dans le pourquoi et le comment de l’actuelle crise devront tout de même payer la note des magouillages de l’élite financière.

Je veux bien reconnaître  que la solution peut être difficile à trouver.  Les crises financières à répétition que nous vivons demanderaient de repenser, de refonder les assises mêmes de notre système politique, économique, financier, fiscal et juridique.  Nous pouvons présumer que  nos dirigeants politiques et les grands bonzes de la finance internationale ne sont pas prêts à relever le défi de reformuler un nouvel ordre mondial.  Ils aiment mieux gagner du temps et utiliser la langue de bois en nous faisant accroire que demain le tout rentrera dans l’ordre.  Dans leur ordre  évidemment, où les plus riches s’enrichiront et où les pauvres s’appauvriront : youpi, alléluia jusqu’à la prochaine crise.

Pourtant il y a des pays où l’endettement est moins élevé, où les indices de prospérité sont élevés, où les inégalités entre les hommes et les femmes sont quasi inexistantes, où les indices de corruption sont très faibles, où le développement humain trône au sommet et où les systèmes de santé et d’éducation réussissent à satisfaire leurs populations.  Et en plus, ces pays fournissent de bons joueurs de hockey aux équipes de la Ligue nationale, c’est vous dire.  Il faudrait peut-être penser à y envoyer des missions diplomatiques pour aller  chercher leur savoir-être.  Mais oublions ça, il faudrait faire des efforts : et ça ce n’est plus dans notre ADN. (B.F. – Le 25 mai 2010/La Voix de l’Est – Le 25 mai 2010)