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Analyse sociale et politique
   Accueil            25.04.2013 - L'éthique et l'honnêteté, utopies ???

L’éthique et l’honnêteté, utopies ???

Ceux et celles qui s’imaginent qu’une quelconque loi, qu’un commissaire bien intentionné et qu’un code contraignant fera en sorte de  nous éviter tous les dérapages politiciens et tous les magouillages dans notre merveilleux monde rêvent encore à la Fée Clochette.  Pour un certain temps, nous aurons une accalmie bien illusoire.  Cette accalmie permettra à tous les magouilleurs patentés de trouver l’astuce leur permettant de contourner la loi, le commissaire ou le code.  C’est comme ça depuis la nuit des temps aussi loin que nous pouvons remonter dans ce même temps.

Au Québec ou en Nouvelle-France, pour nous limiter à notre jardin ; des fraudes de l’Intendant François Bigot aux arnaques de Vincent Lacroix et d’Earl Jones, notre histoire  révèle le savoir-faire de tripatouilleurs petits et grands pour NOUS escroquer.  Le NOUS est inclusif : c’est vous, moi et toute la population.  D’une façon ou d’une autre, NOUS sommes les dindons de la farce.  Combien “d’entrepreneux“ ou de “politicailleurs“ nous ont berné, pour ne pas employer un autre terme,  dans notre Histoire récente. Toujours au Québec, pour nous en limiter à la classe politique, Alexandre Taschereau et Maurice Duplessis ont utilisé les enveloppes brunes bien avant certains maires.  La série télévisée sur Maurice Duplessis nous a présenté le comment faire.  Le bouquin de Jean et Marcel Hamelin paru en 1962 : Les moeurs électorales dans le Québec de 1791 à nos jours, vaut la peine d’être lu, si vous pouvez en trouver un exemplaire.  Il faut savoir qu’à toute personne corrompue, il y a un corrupteur : c’est une équation universelle et éternelle.  Selon l’ONG Transparency International, (note 1) en 2012, le Canada dans son ensemble figure dans le “Top 10“ (note 2) des pays les moins corrompus en compagnie du Danemark, de la Suède, de la Finlande, de la Suisse, de l’Australie, entre autres : mince consolation.

La Commission Charbonneau en 2013 (note 3) tout comme la Commission Salvas en 1960 (note 4) et la Commission Cliche en 1974 (note 5) révèlent les manigances employées pour NOUS frauder et exploiter le système :  les noms changent et les façons de faire sont remises à la mode du jour jusqu’à une prochaine commission d’enquête.

Comme le disait  Jean Cournoyer, (note 6) lors d’une récente entrevue, il n’y a pas de solutions miracles et permanentes, si ce n’est la participation et la vigilance citoyenne.   Mais la désillusion grandissante envers nos élites “socio-politico-économiques“ fait s’éloigner le citoyen à s’intéresser à la gouvernance de notre société laissant la voie libre aux apprentis sorciers et aux charlatans  qui NOUS hypnotisent en NOUS promettant de laver plus blanc que blanc.

Une solution, plus terre-à-terre, serait de limiter les mandats électifs à deux totalisant dix ans.  Ça nous éviterait les carriéristes qui ne savent pas faire autre chose que de la politicaillerie.  Ajoutons à cette limite, l’introduction de la formule de “l’impeachment“ qui permet au pouvoir législatif de destituer un haut fonctionnaire ou un élu.  Cette procédure prend son origine de la population.

L’alternative aux enveloppes brunes  réside dans le financement public des partis politiques : tant de votes, tant de dollars avec un pouvoir d’enquête et de mise en accusation de la part du directeur général des élections.  Une telle formule de financement public a été implantée au niveau fédéral, mais le gouvernement Harper souhaite la faire disparaître complètement.  Allez savoir pourquoi ?

À toutes ces formules que certains diront bureaucratiques, la culture et l’éducation demeurent à très long terme la solution pour épurer les mœurs politiques. S’investir en politique, c’est avant tout  être au service de la population,  vouloir améliorer le mieux-être de l’ensemble, vouloir défendre les plus faibles et mieux distribuer nos richesses.  Utopie vous me direz.  Jacques Attali, qui fut jadis un conseiller du Président François Mitterrand, a déjà dit : L'utopie est la volonté de modeler l'image de la Société à partir d'un idéal éthique, d'une certaine conception de la justice, du bonheur, de l'efficacité, de la responsabilité.

Nous pouvons aussi citer Isabelle Chenebault : Il vaut mieux avoir une bonne utopie dans la tête qu’une mauvaise réalité en face de soi. Continuons à rêver, on se réveillera plus tard.  (B.F. – Le 25 avril 2013/La Voix de l'Est - Le 10 mai 2013)

Note 1 : http://www.courrierinternational.com/article/2012/12/05/corruption-transparency-international-devoile-son-classement-2012

Note 2 : http://www.tuxboard.com/classement-des-pays-les-plus-corrompus/

Note 3 :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_d'enquête_sur_l'octroi_et_la_gestion_des_contrats_publics_dans_l'industrie_de_la_construction

Note 4 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_Salvas

Note 5 :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_d'enquête_sur_l'exercice_de_la_liberté_syndicale_dans_l'industrie_de_la_construction

Note 6 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Cournoyer