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Analyse sociale et politique
   Accueil            25.03.2009 - Les gauches ne pourront faire pire

25.03.2009 - Les gauches ne pourront faire pire

Lorsque nous voyons les monumentales dérives financières ou des escroqueries  à la Bernard Madoff se produire depuis quelques mois, il est difficile de nous faire avaler que cette fraude et toutes les autres malversations ne sont le fait que d’un petit groupe de personnes.  En regardant  toutes les horreurs financières et économiques, qui nous sont rapportées à tous les jours, ça ne serait-il pas plutôt la confirmation de tout de ce qu’il y a de plus pervers, de plus crapuleux dans l’essence même du système capitaliste qui nous gouverne depuis, ce que nous avons appelé, la révolution industrielle du XIXe siècle ? Toutes les bulles, toutes catégories confondues, qui nous éclatent en pleine figure depuis, plus ou moins vingt ans, nous démontrent essentiellement  un appétit vorace pour un profit facile, gigantesque se réalisant au détriment d’une classe de plus en plus laborieuse qui voit son avenir fondre comme les glaces de l’Arctique et de l’Antarctique.  Qui plus est, les théologiens autoproclamés  de cette idéologie néo-libérale pousse l’indécence à tenter de nous convaincre qu’il ne s’agit que d’erreurs de parcours mettant en cause de simples psychopathes égarés dans un système qui ne nécessite qu’un “lifting“  et un peu plus de contrôles.  Et ces théologiens tergiversent sans le moindre remord avec un sourire en coin.  Un libre-penseur, au début du premier millénaire, parlait de sépulcres blanchis : nous avons droit présentement à la version moderne de ces intégristes de l’exploitation.

Ces mêmes théologiens autoproclamés d’un capitalisme de plus en plus ravageur se sont toujours fait  un plaisir démesurément  “jouissif“ à claironner haut et fort les dérapages des gouvernements  d’inspiration  sociale-démocrate ou socialisante.  Ne parlons pas de leur jouissance excessive, frisant le delirium tremens, qu’ils ont eu lors l’éclatement du bloc soviétique ; pour eux c’était la preuve irréfutable du bien-fondé de leur idéologie. Mais bloc soviétique et bloc capitaliste, c’est bonnet blanc et blanc bonnet : pour l’un, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme et pour l’autre, c’est le contraire.  Aujourd’hui, ils sont incapables de reconnaître leur faillite, ils sont incapables de faire la moindre autocritique de leur idéologie.  Ce sont des individus mal avisés qui ont corrompu le système, sans plus. 

Force est de reconnaître que ce sont les gouvernements de droite, au pouvoir dans la majorité des pays développés, qui nous ont amené sur les bords du précipice et ces mêmes gouvernements nous “cuisinent“ une recette renouvelée de ce bon vieux système économique.  Sommes-nous si masochistes que ça pour nous laisser berner par un nouveau mirage ?  Sommes-nous si crédules pour nous laisser “enfirouaper“  une autre fois ?  

C’est avec une certaine nonchalance que nous tolérons encore les parachutes dorés à des gestionnaires incompétents. 

C’est avec une confiance à peine émoussée que nous espérons que les plans de relance concoctés par nos gouvernements, toujours de droite, réussiront à nous sortir de cette crise.

C’est avec un désabusement à peine perceptible que nous écoutons, lisons, regardons nos théologiens autoproclamés du néo-libéralisme nous affirmer que les Madoff, et Lacroix de ce monde finiront leurs jours en prison nous protégeant ainsi d’une récidive.  Nous faisons “bon enfant“.

On ne peut tout changer du jour au lendemain, c’est vrai.  Mai en tenant compte des expériences passées, il me semble que le risque d’un éventuel dérapage serait moins grand en penchant un peu plus vers la gauche.  Les échecs sont possibles, mais  le résultat final peut-il être pire, en tenant compte des sommes faramineuses injectées présentement pour sauver  un système agonissant ?  À tout le moins, une idéologie de gauche défend le bien commun et un partage des richesses plus équitable.  (B.F. – Le 25 mars 2009)