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Analyse sociale et politique
   Accueil            25.01.2013 - On se calme...

On se calme…

Monsieur Gérard Deltell  de l’ADQ-CAQ et monsieur Robert Dutil du Parti Libéral du Québec déchirent leurs chemises parce que le Parti Québécois s’apprêtent à présenter à SES membres, lors d’un prochain Conseil National, un plan d’action pour la promotion de la souveraineté du Québec.  Nous  pouvons le plus simplement et poliment du monde leur dire de se mêler de leurs affaires. En quoi, les orientations politiques du PQ regardent-ils ces valeureux chevaliers d’un fédéralisme dépassé. Les membres du PQ n’ont pas à se faire dicter la conduite à tenir pour le développement du Québec. 

Le Parti Québécois est idéologiquement souverainiste depuis sa fondation comme l’ADQ-CAQ se vautre à la droite de la droite.   Au temps jadis, rappelons-nous qu’ils ont déjà papillonner avec l’idée de l’indépendance du Québec.  Monsieur Deltell a-t-il oublié son passé récent alors que son premier chef, au temps de l’ADQ, était un membre dévoué pour cette cause en 1995 et que son actuel chef a prôné haut et fort, pendant plus de dix ans, l’indépendance du Québec.  À chacun son chemin de Damas et sa révélation.

Pour ce qui est des orientations du Parti Libéral du Québec, tout ce qu’on sait, c’est qu’il est fédéraliste tendance “statu quo ante“ :  la présente course à la chefferie ne nous en apprend pas beaucoup sur le devenir du Québec. On est très loin de la déclaration de Robert Bourassa du 22 juin 1990 qui affirmait solennellement que "le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement“.   Nous sommes loin des bâtisseurs de la Révolution Tranquille. L’histoire de ce parti, glorieuse sous Jean Lesage et Robert Bourassa, s’écrit maintenant au passé.  Reconnaissons que la trouvaille faite en 1998, a plutôt dénaturé le contenu en nous proposant un Déclin tranquille.

Que monsieur Deltell  affirme que la souveraineté n’intéresse pas trois personnes sur quatre au Québec n’enlève rien à la marche lente, peut-être, mais marche irréversible vers un Québec souverain.  C’est un long marathon, non un sprint et s’il y a une personne qui devrait comprendre cette notion, c’est bien lui, dont l’ADQ de jadis a connu un spectaculaire apogée  pour aller s’effoirer quelques mois plus tard.  Tout comme son nouveau parti, la CAQ qui se voyait aux rennes du pouvoir il y a quelques mois,  s’est retrouvée  la deuxième Opposition en septembre dernier.

C’est vrai que le gouvernement de Madame Marois est minoritaire et qu’il n’a pas le mandat de séparer le Québec.  Mais c’est aussi vrai que l’ADQ-CAQ et le PLQ n’ont pas été retenus pour diriger le Québec même d’une façon minoritaire : ils sont arrivés deuxième et troisième.  La population a rejeté leurs propositions.  Au lieu de s’indigner des orientations légitimes d’un parti adverse, ces valeureux chevaliers devraient consacrer leurs énergies à proposer des avenues stimulantes aux électeurs québécois. Mais ça, c’est peut-être au-dessus de leurs capacités? 

Rappelons à nos valeureux chevaliers qu’il a fallu deux référendums et 80 ans à la population de Terre-Neuve pour se joindre à la Confédération canadienne, deuxième référendum remporté avec un maigre 52%. Alors  que les Québécois prennent plus ou moins 80 ans et quelques référendums pour quitter ce même Canada, il n’y a pas de quoi déchirer sa chemise et grimper aux barricades.

2019, lors du 260e anniversaire de notre conquête ou 2034 au 275e anniversaire  de cette même conquête seraient des dates historiquement significatives pour que le Québec devienne un pays indépendant.  Le dicton ne dit-il pas Patience et longueur de temps
font plus que force ni que rage."  Alors messieurs Deltell et Dutil, on se calme le pompom.  (B.F. – Le 25 janvier 2013/La Voix de l’Est – Le 26 janvier 2013)