hda-québec.com
Analyse sociale et politique
   Accueil            24.12.2013 - Qui ne comprend pas ?

Qui ne comprend pas ?

Selon Monsieur Harper, notre Canadian prime minister, jusqu’en octobre 2015, le reste de l’humanité ne comprend pas les aspirations du Québec à devenir un état indépendant.  Cette affirmation s’inscrit comme étant l’expression de la pensée réformiste dans toute sa splendeur.

Si nous tentons d’expliquer, un temps soi peu, cette affirmation, nous pourrions dire que notreCanadian prime minister fait de la projection.  Ce mécanisme de défense très populaire qui consiste à rejeter un sentiment, un désir ou une pensée sur l’autre des sentiments qu’il méconnaît ou qu’il ne veut pas comprendre.  C’est un mécanisme de défense très archaïque qui frise la paranoïa ou la superstition. 

Si pour lui la Guerre de 1812 a été un événement majeur dans la constitution de SON Canada, on peut facilement présumer que la Conquête de 1760 n’était qu’une quantité négligeable.  Il représente 25% d’une  population et plus de 15% d’un territoire qui a été conquis par les armes : le Québec est un territoire conquis, faut-il se rappeler.  

Les actes constitutionnels de 1791, 1840, 1867, 1980 et l’amputation du Labrador en 1927 sont des événements imposés à la population du Québec.  Honoré Mercier, Premier ministre du Québec, à la fin du 19e siècle souhaitait que le Québec devienne un état indépendant.  Alors que l’actuelle Première ministre du Québec fait la promotion d’un Québec indépendant en Europe et qu’elle a une écoute attentive de notre ancienne mère patrie. Il n’y a que notre Canadian Prime minister qui ne comprend rien.    Le Québec n’est pas le seul à se retrouver dans une telle situation : l’Écosse, la Catalogne, La Bavière, la Wallonie, entre autres, vivent des situations semblables : ces états vivent dans un ensemble plus grand tout en espérant s’émanciper de cette tutelle. 

Pour ce qui est du Québec, on ne sait trop quand, mais nous pouvons prévoir que nos petits-enfants vivront dans un pays indépendant.   5% dans les années 1960, 40% en 1980, 49% en 1995.  Rappelons qu’en 1995, les Québécois francophones donnaient un appui majoritaire au projet du mouvement souverainiste avec 60 % des votes enregistrés, toute origine ethnique confondue. En 1980, l'appui n'était que de 40 %. La marche est lente, mais irréversible.  Il n’y a que notre Canadian prime minister et ses semblables qui ne comprennent pas. 

Le Canada est un grand pays, c’est vrai. Il fait l’envie de beaucoup de personnes, c’est vrai.  Quoi que notre actuel Premier lui a fait perdre beaucoup de notoriété.  Le Canada est un pays qui s’est fait au détriment de droits, c’est vrai aussi.  En plus du Québec, les peuples autochtones, les Métis, les francophones hors Québec font les frais de ce que est le Canada.  Et ce que ne comprend pas notre Canadian prime minister, c’est que SON Canada est ce qu’il est à cause du Québec.  Sans le Québec, SON Canada, tout au plus, serait un gros Texas.  SON Canada ne formerait même pas l’État le plus populeux des USA, mais il serait possiblement un gouverneur de cet état : le Harperland  Il serait idéologiquement chez lui avec les Bush, le Tea Party et  les Born-again Christian.   Mais malheureusement pour lui, le Québec fait encore parti de la Confédération canadienne.  Pour combien de temps ? 

Honoré Mercier la souhaitait à la fin du 19e siècle.  René Lévesque en 1980 a été battu ; Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Mario Dumont en 1995 sont passés bien près.  Mais lentement et sûrement…. Rappelons-nous les paroles prononcées le 22 juin 1990 par Robert Bourassa “……le Canada anglais doit comprendre d’une façon très claire que, quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement…..“

Souvenons-nous aussi que Terre-Neuve a tenu trois référendums avant d’intégrer la Confédération canadienne en 1949 (52% contre 48%).  C’était la formule du 50% + 1, faut-il rappeler.  (B.F. – Le 24 décembre 2013)