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Analyse sociale et politique
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24.11.210 - Tiens donc…

Lorsqu’un commun des mortels déclare qu’il faut faire payer les plus riches, il se trouve toujours un “quelqu’un en quelque part“ qui le traite de socialiste, de marxiste ou de “déconnecté“ de la réalité. 

Lorsqu’un commun des mortels déclare que l’actuel système capitaliste est en panne et qu’il faut réinventer un nouveau mode de fonctionnement, il se trouve toujours un “quelqu’un en quelque part“ pour l’exporter vers Cuba ou en ex-URSS.

Il faudra ajouter à cette liste des socialistes, des marxistes, des “déconnectés“ de la réalité tout en lui préparant un billet d’aller simple vers Cuba ou l’ex-URSS le nom de Warren Buffet, un des hommes les plus riches de la planète.  Lors d’une récente entrevue à la chaîne de télévision ABC, le milliardaire américain déclarait que “les plus riches devraient payer beaucoup plus d’impôts“. 

Il continuait en affirmant que “Les impôts pour les classes défavorisées et moyennes, et peut-être même pour le haut de la classe moyenne, devraient être baissés, mais je pense que les gens dans le haut de la fourchette, les gens comme moi, devraient payer beaucoup plus d’impôts. Les choses vont pour nous mieux que jamais. … Les riches disent toujours ça, donnez-nous plus d’argent et nous dépenserons plus et cela se répercutera sur chacun de vous. Mais ça fait dix ans que ça ne marche pas et j’espère que le public  en prend conscience“.

À un milliardaire qui remet le système en question, il faut être conscient qu’il s’en trouve beaucoup d’autres qui continuent à exploiter un système passé date.  Ils engrangent des fortunes, en UNE JOURNÉE,  qu’un commun des mortels mettra plus de 1000 ans à gagner et ce scénario n’est pas une légende urbaine.  C’est la triste réalité de tous les communs des mortels de cette terre. 

Lorsque qu’un “quelqu’un en quelque part“  affirme que des gouvernements soi-disant socialisant ont mis des pays en faillite, c’est une fable surréaliste.  La Grèce, l’Irlande, l’Italie, pour ne citer que ceux-là ont été, et sont toujours, gouvernés par des partis de la droite bien-pensance valorisant un néolibéralisme de plus en plus exploiteur.

Lorsque qu’un “quelqu’un en quelque part“  affirme que le modèle en vigueur chez nos voisins du Sud est le modèle absolu de la bonne gouvernance, c’est tromper les communs des mortels que nous sommes.  La dernière crise financière n’a-t-elle pas pris naissance sur “Wall Street“ ?  C’est oublier que des dizaines de millions d’américains sont sans protection sociale et que des centaines de milliers de propriétaires ont perdu leurs maisons.  Le système économique américain survit grâce aux centaines de milliards injectés par le “méchant socialiste d’Obama“.

Lorsque qu’un “quelqu’un en quelque part“  affirme que les libertés individuelles sont mieux protégées chez nos voisins du Sud, c’est tromper la population et c’est entretenir le mythe d’un “way of life“ usé à la corde.

Une chose est réelle et quotidienne : les riches sont plus riches et les pauvres sont plus pauvres à la grandeur de la planète: toutes les recherches et statistiques le démontrent.  Et comme l’affirmait dernièrement Pascal Lamy, directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, “ce capitalisme de marché est intrinsèquement injuste“.  Mais il ne faut pas compter sur lui et sur son organisation pour changer les choses : il est l’apôtre en chef de la soi-disant bonne gouvernance de la droite qui s’amuse aux dépens des communs des mortels que nous sommes.

À tous ces “quelques-uns en quelque part“, bon voyage à Cuba et  en espérant que le soleil et les plages sablonneuses améliorent votre réflexion. (B.F. – Le 24 novembre 2010/La Voix de l’Est – Le 24 novembre 2010)